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Judith 9
Après qu’ils se furent retirés, Judith entra dans son oratoire ; et se revêtant d’un cilice, elle se mit de la cendre sur la tête ; et se prosternant devant le Seigneur, elle criait vers lui, disant :
Seigneur Dieu de mon père Siméon, qui lui avez mis l’épée entre les mains pour se venger des étrangers qui, transportés d’une passion impure, avaient violé une vierge, et l’avaient couverte de confusion, en lui faisant outrage ;
Vous qui avez livré leurs femmes en proie, qui avez rendu leurs filles captives, et qui avez donné toutes leurs dépouilles en partage à vos serviteurs qui ont brûlé de zèle pour vous ; assistez une veuve, je vous prie, Seigneur mon Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qui ont brûlé, etc., littéralement et par hébraïsme, qui ont zélé le zèle, ou ont été zélé de zèle.
Car c’est vous qui avez fait les anciennes merveilles, et vous avez résolu les unes après les autres, et ce que vous avez voulu s’est fait.
Car toutes vos voies sont préparées, et vous avez établi vos jugements dans l’ordre de votre providence.
Regardez maintenant le camp des Assyriens, comme vous daignâtes un jour regarder le camp des Égyptiens, lorsque armés ils poursuivaient vos serviteurs, se fiant en leurs chariots, leur cavalerie, et la multitude de leurs soldats.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 14, 9.
Mais vous ne fîtes que jeter un regard sur leur camp, et les ténèbres les fatiguèrent.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les fatiguèrent. Au passage de la mer Rouge, les Egyptiens furent dans l’inquiétude ; ils ne pouvaient pas avancer à cause des ténèbres qui les enveloppaient. Voir Exode, 14, vv. 19, 24.
L’abîme retint leurs pieds, et les eaux les couvrirent.
Seigneur, que ceux-ci périssent de même, eux qui s’appuient sur leur grande multitude, et qui se glorifient dans leurs chariots, dans leurs dards, dans leurs boucliers, dans leurs flèches, et dans leurs lances,
Et qui ne savent pas que vous êtes notre Dieu, qui arrêtez les combats dès le commencement, et que votre nom est Jéhova.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Vous rompez ; vous faites cesser, vous arrêtez.
Élevez votre bras, comme vous avez fait autrefois ; écrasez leur force par votre force ; que leur courage tombe devant votre colère, eux qui se promettent de violer votre sanctuaire, de déshonorer le tabernacle de votre nom, et de renverser avec leur épée la majesté de votre autel.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Vos choses saintes. Voir Judith, 4, 10. ― La corne de votre autel. Il y avait aux quatre coins de l’autel des holocaustes quatre éminences en formes de cornes.
Faites, Seigneur, que son orgueil soit abattu de sa propre épée.
Qu’il soit pris par ses propres yeux, comme par un piège, en me regardant ; et frappez-le par l’agrément des paroles qui sortiront de ma bouche.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Par mes paroles gracieuses ; littéralement par les lèvres de ma grâce. Comparer (Psaumes, 44, 3) à l’expression la grâce est répandue sur vos lèvres. Ici, comme souvent ailleurs, saint Jérôme a donné à un mot latin, dérivé du grec, le sens qu’il a dans cette dernière langue. ― Judith se proposait d’user de sa beauté pour perdre Holoferne, mais son but unique était de sauver son peuple en faisant périr le chef de l’armée ennemie. C’est son intention qui fait le mérite de son action. Elle exposait sa propre vie pour le salut d’Israël. Elle avait d’ailleurs le droit de faire périr Holoferne, soit par ruse, soit par violence, puisque le général assyrien faisait la guerre aux habitants de Béthulie.
Donnez-moi assez de constance dans le cœur pour le mépriser, et assez de force pour le perdre.
Car ce sera un monument glorieux pour votre nom, qu’il périsse par la main d’une femme.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Juges, 4, 21 ; 5, 26.
Car votre puissance, Seigneur, n’est point dans la multitude ; vous ne vous plaisez point dans la force des chevaux, et dès le commencement les superbes ne vous ont point plu ; mais vous avez toujours agréé les prières de ceux qui sont humbles et doux.
Dieu des cieux, créateur des eaux, maître de toute créature, exaucez-moi, malheureuse suppliante, qui présume de votre miséricorde.
Souvenez-vous, Seigneur, de votre alliance, mettez les paroles dans ma bouche, et fortifiez la résolution de mon cœur, afin que votre maison demeure toujours dans sa sainteté,
Et que toutes les nations connaissent que vous êtes Dieu, et qu’il n’y en a point d’autre que vous.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 34, 26. ― Judith loue ici le zèle que Siméon avait mis à venger la gloire de Dieu et l’outrage fait par les Sichémites à sa sœur ; mais nullement la manière inhumaine dont il avait exercé cette vengeance. Voir Genèse, 34, 30 ; 49, 5-7.