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Néhémie 2
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Au mois de Nisan, la vingtième année du roi Artaxerxès, comme le vin était devant lui, je pris le vin et je l’offris au roi, et je tâchai de n’être pas triste en sa présence.
Le roi me dit : « Pourquoi ton visage est-il triste, puisque tu n’es pas malade ? Ce ne peut être qu’une tristesse de cœur. »
Je fus très effrayé et je répondis au roi : « Que le roi vive éternellement ! Comment mon visage ne serait-il pas triste, lorsque la ville où sont les sépulcres de mes pères est dévastée et que ses portes sont consumées par le feu ? »
Et le roi me dit : « Que veux-tu demander ? »
Je priai le Dieu du ciel, et je répondis au roi : « Si le roi le trouve bon, et si ton serviteur t’est agréable, je demande que tu m’envoies en Juda, vers la ville des sépulcres de mes pères, pour que je la rebâtisse. »
Et le roi me dit, la reine étant assise près de lui : « Jusqu’à quand durera ton voyage, et quand reviendras-tu ? » il plut au roi de m’envoyer et je lui fixai un temps.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La reine ne mangeait pas publiquement avec le roi, mais elle mangeait avec lui en particulier, comme nous le voyons dans le livre d’Esther et comme nous l’attestent les monuments anciens. ― Je lui marquai le temps, douze ans, ainsi qu’il résulte de ce qui est dit plus loin, voir 2 Esdras, 5, 14 ; 13, 6.
Puis je dis au roi : « Si le roi le trouve bon, qu’on me donne des lettres pour les gouverneurs d’au delà du fleuve, afin qu’ils me laissent passer jusqu’à ce que j’arrive en Juda,
et une lettre pour Asaph, garde de la forêt qui appartient au roi, afin qu’il me fournisse du bois pour mettre des poutres aux portes de la forteresse qui est proche du temple, pour la muraille de la ville et pour la maison où je me retirerai. » Et le roi me donna ces lettres, car la main favorable de mon Dieu était sur moi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De la forêt du roi, dans le texte original ; du paradis, c’est-à-dire du parc royal. Divers commentateurs ont soupçonné que ce parc royal était les jardins d’Etham, arrosés par les étangs appelés Etangs de Salomon, au sud de Jérusalem. ― Les portes de la tour de la maison. Ces mots sont obscurs. Il s’agit ou des portes du parvis du Temple, ou des portes de la forteresse qui était au nord du Temple et fut connue du temps des Machabées, qui la reconstruisirent, sous le nom de Bâris ; ce nom rappelle celui de Birâh qu’on lit ici dans l’original et qui est traduit Bâris, dans le grec.
Je me rendis donc auprès des gouverneurs d’au delà du fleuve, et je leur remis les lettres du roi ; or le roi avait envoyé avec moi des chefs militaires et des cavaliers.
Quand Sanaballat, le Horonite, et Tobie, le serviteur ammonite, furent au courant, il leur parut très mauvais qu’un homme vint pour procurer le bien des enfants d’Israël.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sanaballat était sans doute le chef de la Samarie. Il est appelé l’Horonite, parce qu’il était originaire d’Horonaïm, ville moabite, ou plutôt de l’une des deux Bethoron, la haute ou la basse, qui faisaient partie de la tribu d’Ephraïm. ― Tobie est désigné comme le serviteur Ammanite, soit parce qu’il était d’origine ammonite, soit parce qu’il avait été esclave chez les Ammonites.
J’arrivai à Jérusalem et, après y avoir passé trois jours,
je me levai pendant la nuit, avec un petit nombre d’hommes. Je ne communiquai à personne ce que mon Dieu m’avait mis au cœur de faire pour Jérusalem. Je n’avais avec moi d’autre bête de somme que ma propre monture.
Je sortis de nuit par la porte de la Vallée, me dirigeant vers la source du Dragon et la porte du Fumier ; et je considérai les murailles démolies de Jérusalem et ses portes consumées par le feu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La porte de la vallée, qui conduisait à la vallée de Benhinnom, devait être à l’ouest de la ville de Jérusalem, à peu près à l’endroit où est aujourd’hui la porte de Jaffa. ― Devant la fontaine du dragon. Cette fontaine n’est mentionnée sous ce nom que dans ce passage. C’est probablement la fontaine appelée aujourd’hui le Bir-Eyub, à qui l’on avait donné le nom de fontaine du Dragon, au temps d’Esdras, à cause de quelque grand serpent qu’on avait trouvé sans doute dans son voisinage. ― La porte du fumier ou Porte Sterquiline était au sud de Jérusalem. Elle existe encore sous ce nom, mais à une autre place, et conduit à la vallée d’Hinnom. On y voit aussi beaucoup de fumier dans les environs, Voir, pour la description de la topographie de Jérusalem à cette époque la note 17 à la fin du volume (appendices).
Je continuai vers la porte de la Source et l’étang du Roi, et il n’y avait pas de place pour que la monture pût passer sous moi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A la porte de la fontaine. C’était probablement une porte située au sud du mont Sion qui menait à la Fontaine et à l’étang de Siloé. ― L’aqueduc du roi est sans doute l’aqueduc souterrain creusé dans le roc vif, qui conduit l’eau de la Fontaine de la Vierge à la Fontaine et à l’étang de Siloé ou l’aqueduc dit inférieur. ― Il n’y avait pas d’endroit… Le chemin était obstrué par les ruines et les décombres accumulés.
Je montai de nuit dans le ravin, et je considérai la muraille ; puis je revins par la porte de la Vallée, et je rentrai.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Par le torrent du Cédron.
Les magistrats ignoraient où j’étais allé et ce que je voulais faire. Jusqu’à ce moment, je n’avais fait part de rien aux Juifs, ni aux prêtres, ni aux grands, ni aux magistrats, ni au reste du peuple qui devait s’occuper des travaux.
Je leur dis Je leur dis alors : « Vous voyez la misère dans laquelle nous sommes, Jérusalem est dévastée, et ses portes sont consumées par le feu. Venez, rebâtissons la muraille de Jérusalem, et nous ne serons plus un sujet d’opprobre. »
Et je leur racontai comment la main favorable de mon Dieu avait été sur moi, et aussi quelles paroles le roi m’avaient adressées. Ils répondirent : « Levons-nous, et bâtissons ! » Et ils mirent avec courage la main à cette bonne œuvre.
Quand Sanaballat, le Horonite, Tobie, le serviteur ammonite, et Gosem, l’Arabe, l’eurent appris, ils se moquèrent de nous et nous méprisèrent. Ils disaient : « Que faites-vous là ? Vous révoltez-vous contre le roi ? »
Je leur fis réponse et leur dis : « Le Dieu du ciel nous donnera le succès. Nous, ses serviteurs, nous allons nous mettre à rebâtir ; quant à vous, vous n’avez ni part, ni droit, ni souvenir dans Jérusalem. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Au mois de Nisan, mars-avril, en la vingtième année, en 450 avant Jésus-Christ. Comme ce qui est raconté au chapitre Ier s’était passé au mois de Casleu (novembre-décembre) de la même vingtième année, il en résulte que Néhémie ne fait pas commencer l’année au mois de Nisan, selon l’ancienne coutume hébraïque, mais en automne, selon un usage répandu en Orient.