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1 Samuel 5
LES Philistins ayant donc pris l’arche de Dieu, l’emmenèrent de la Pierre du secours à Azot.
Ils mirent l’arche de Dieu qu’ils avaient prise dans le temple de Dagon, et la placèrent auprès de Dagon.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dagon, est un diminutif du mot hébreu dâg, poisson. On ne sait ni quel dieu les Philistins adoraient sous ce nom, ni quelle était sa forme, l’Ecriture n’étant pas explicite à cet égard. Seulement, Diodore de Sicile, (l. II, c. IV) dit qu’à Ascalon, ville célèbre des Philistins, on adorait la déesse Derketo sous la figure d’une femme qui avait tout le bas d’un poisson. ― Nous connaissons maintenant par divers monuments figurés de l’antiquité la forme sous laquelle était représenté Dagon : il était homme par la partie supérieure et poisson par la partie inférieure.
Le lendemain ceux d’Azot s’étant levés dès le point du jour, trouvèrent Dagon tombé le visage contre terre devant l’arche du Seigneur : ils le relevèrent et le remirent à sa place.
Le jour suivant s’étant encore levés dès le matin, ils trouvèrent Dagon tombé par terre sur le visage devant l’arche du Seigneur : mais la tête et les deux mains en ayant été coupées, étaient sur le seuil de la porte ;
et le tronc seul de Dagon était demeuré en sa place, C’est pour cette raison que jusqu’aujourd’hui les prêtres de Dagon, et tous ceux qui entrent en son temple dans Azot, ne marchent point sur le seuil de la porte.
Or la main du Seigneur s’appesantit sur ceux d’Azot, et les réduisit a une extrême désolation. Il frappa ceux de la ville et de la campagne de maladie dans les parties secrètes du corps. Il sortit tout d’un coup des champs et des villages une multitude de rats, et l’on vit dans toute la ville une confusion de mourants et de morts.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 77, 66. ― Il frappa, etc. On croit communément que le mal dont Dieu frappa les Philistins, ce furent les hémorroïdes. ― Fourmillèrent de rats. Le rat des champs à courte queue, comme il est appelé par les naturalistes, est très commun dans toute l’Asie occidentale. Il se propage très abondamment, malgré tous les ennemis acharnés à le détruire. Cependant le nombre n’en diminue pas. On le voit dans toutes les terres cultivées, courant à travers champs, et emportant le grain afin de l’emmagasiner pour l’hiver. Cet animal est susceptible de se multiplier en si grande quantité qu’il peut nuire quelquefois sensiblement aux récoltes ; aussi ses ravages sont-ils généralement redoutés.
Ceux d’Azot voyant une telle plaie, s’entre-dirent : Que l’arche du Dieu d’Israël ne demeure point parmi nous, parce que sa main nous frappe, nous et Dagon, notre Dieu, d’une manière insupportable.
Et avant envoyé quérir tous les princes des Philistins, ils leur dirent : Que ferons-nous de l’arche du Dieu d’Israël ? Ceux de Geth répondirent : Qu’on mène l’arche du Dieu d’Israël de ville en ville, lis commencèrent donc à mener l’arche du Dieu d’Israël d’un lieu en un autre.
Et pendant qu’ils la menaient de cette sorte, le Seigneur étendait sa main sur chaque ville, et y tuait un grand nombre d’hommes. Il en frappait de maladie tous les habitants depuis le plus petit jusqu’au plus grand ; et les intestins sortant hors du conduit naturel, se pourrissaient. C’est pourquoi ceux de Geth ayant consulté ensemble, se firent des sièges de peaux.
Ils envoyèrent ensuite l’arche de Dieu à Accaron. Et lorsque l’arche de Dieu fut venue à Accaron, ceux de la ville commencèrent à crier et à dire : Ils nous ont amené l’arche du Dieu d’Israël, afin qu’elle nous tue, nous et notre peuple.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Accaron, l’une des cinq grandes villes des Philistins.
Ils envoyèrent donc à tous les princes des Philistins, qui s’étant assemblés leur dirent : Renvoyez l’arche du Dieu d’Israël, et qu’elle retourne au lieu où elle était, afin qu’elle ne nous tue plus, nous et notre peuple.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les satrapes des Philistins, leurs chefs, dont le vrai titre était seranim.
Car chaque ville où elle allait était remplie de la frayeur de la mort, et la main de Dieu s’y faisait sentir effroyablement, (eux qui n’en mouraient pas étaient frappés de maladie dans les secrètes parties du corps : et les cris de chaque ville montaient jusqu’au ciel.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De la pierre du Secours, Aben-Ezer. Voir 1 Rois, 4, 1. ― Azot, une des cinq grandes villes des Philistins, dans la plaine de la Séphéla, au nord d’Ascalon.