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Apocalypse 5
JE vis ensuite dans la main droite de celui qui était assis sur le trône, un livre écrit dedans et dehors, scellé de sept sceaux.
Et je vis un ange fort et puissant qui disait à haute voix : Qui est digne d’ouvrir le livre et d’en lever les sceaux ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
D’en délier les sceaux. Anciennement on scellait les livres, les tablettes, en les enveloppant et les liant avec du lin ou toute autre matière semblable, et en y appliquant le sceau par-dessus. Voir Isaïe, 8, 16.
Mais il n’y avait personne, ni dans le ciel, ni sur la terre, ni sous la terre, qui pût ouvrir le livre, ni même le regarder.
Je pleurais beaucoup de ce qu’il ne s’était trouvé personne qui fût digne d’ouvrir le livre, ni de le regarder.
Alors un des vieillards me dit : Ne pleurez point ; voici le Lion de la tribu de Juda, le rejeton de David, qui a obtenu par sa victoire le pouvoir d’ouvrir le livre et de lever les sept sceaux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A obtenu, etc. ; littéralement : A vaincu, l’a emporté d’ouvrir le livre, pour ouvrir le livre ; c’est-à-dire a été assez puissant pour ouvrir, etc.
Je regardai, et je vis au milieu du trône et des quatre animaux, et au milieu des vieillards, un Agneau qui était debout et comme égorgé, et qui avait sept cornes et sept yeux, qui sont les sept esprits de Dieu envoyés par toute la terre.
Il s’avança, et il reçut le livre de la main droite de celui qui était assis sur le trône.
Et après qu’il l’eut ouvert, les quatre animaux et les vingt-quatre vieillards se prosternèrent devant l’Agneau, ayant chacun des harpes, et des coupes d’or pleines de parfums, qui sont les prières des saints.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qui sont les prières des saints. Ce texte prouve clairement que les saints dans le ciel offrent à Jésus-Christ les prières que les fidèles font sur la terre.
Et ils chantaient un cantique nouveau, en disant : Vous êtes digne, Seigneur ! de recevoir le livre et d’en ouvrir les sceaux : car vous avez été mis à mort, et par votre sang vous nous avez rachetés pour Dieu, de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation ;
et vous nous avez faits rois et prêtres pour notre Dieu, et nous régnerons sur la terre.
Je regardai encore, et j’entendis autour du trône, et des animaux et des vieillards, la voix d’une multitude d’anges, et il y en avait des milliers de milliers,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Daniel, 7, 10.
qui disaient à haute voix : L’Agneau qui a été égorgé, est digne de recevoir puissance, divinité, sagesse, force, honneur, gloire et bénédiction.
Et j’entendis toutes les créatures qui sont dans le ciel, sur la terre, sous la terre, et dans la mer, et tout ce qui est dans ces lieux, qui disaient : À celui qui est assis sur le trône, et à l’Agneau, bénédiction, honneur, gloire et puissance dans les siècles des siècles !
Et les quatre animaux disaient : Amen ! Et les vingt-quatre vieillards se prosternèrent, et adorèrent celui qui vit dans les siècles des siècles.
Commentaire (versets 13 à 14) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 13 à 14 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
« Le cantique en l’honneur de la rédemption est chanté d’abord par les rachetés eux-mêmes, les 24 vieillards (versets 8-10) ; ensuite par le chœur innombrable des anges ; puis, plus loin encore, dans les sphères qui embrassent l’univers entier, toutes les créatures le font entendre ; enfin l’harmonie céleste revient au centre par l’amen des quatre animaux, et l’adoration silencieuse des 24 vieillards termine le premier acte de la vision. » (CRAMPON)
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
« On voit apparaître successivement trois groupes de symboles : sept sceaux, sept trompettes et sept coupes. S’il est manifeste que tous ces symboles ont rapport au même objet, la destruction du monde idolâtre, il ne l’est pas moins que leur succession indique la durée et le progrès de l’œuvre. Ainsi chaque nouveau groupe ajoute à la signification du précédent. La levée des sceaux montre que l’arrêt vengeur est porté, sans être encore promulgué ; le son des trompettes est la promulgation de l’arrêt ; l’effusion des coupes sera comme l’application de la peine au coupable. A la dernière, on entendra éclater dans le ciel cette parole : « C’est fait », voir Apocalypse, 16, 17, auquel fait écho le cri de l’Apostat expirant : « Tu as vaincu Galiléen. » ― Il est clair qu’il s’agit de fléaux ou de châtiments divins. Ces fléaux tombent sur l’empire idolâtre comme les plaies d’Egypte sur le royaume de Pharaon. Reste la difficulté d’assigner à chaque signe un sens particulier, ou d’indiquer avec précision à quelle date il s’accomplit, à quel événement il se rapporte. Il nous semble qu’il y a une mesure à garder dans cette détermination, qu’il ne faut pas vouloir tout distinguer ni trop descendre dans le détail, que divers signes peuvent avoir pour objet des faits d’une même époque et parfois les mêmes faits considérés sous divers aspects. Evidemment, c’est moins pour s’accorder avec les faits de l’histoire que pour se conformer aux habitudes du langage symbolique, que les signes se succèdent d’une manière régulière, en nombre septénaire. « Le nombre sept, dit saint Augustin, est celui de la totalité. » Plusieurs interprètes n’ont pas assez tenu compte de cette considération. Non seulement ils ont assigné à chaque série de symboles une signification particulière, mais ils ont donné pour objet à chaque signe un fait déterminé. Ainsi ils se sont jetés dans la conjecture, et le désir de précision leur a fait perdre jusqu'à la vraisemblance. Les symboles sont, comme les paraboles, moins précis que frappants. “Prise dans son ensemble, dit P. Lacordaire, la prophétie de saint Jean est d’une extrême clarté ; mais elle échappe aux efforts de ceux qui veulent la suivre pas à pas et en appliquer toutes les scènes aux événements accomplis.” » (L. BACUEZ)