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Jude 1
JUDE, serviteur de Jésus-Christ, et frère de Jacques : à ceux que Dieu le Père a aimés, et que Jésus-Christ a conservés en les appelant.
Que la miséricorde, la paix et la charité s’augmentent en vous de plus en plus !
Mes bien-aimés, ayant toujours souhaité avec grande ardeur de vous écrire touchant le salut qui nous est commun, je m’y trouve maintenant obligé par nécessité, pour vous exhorter à combattre pour la foi qui a été une fois laissée par tradition aux saints.
Car il s’est glissé parmi vous certaines gens dont il avait été prédit il y a longtemps, qu’ils s’attireraient ce jugement ; gens impies, qui changent la grâce de notre Dieu en une licence de dissolution, et qui renoncent Jésus-Christ, notre unique Maître et notre Seigneur.
Or je veux vous faire souvenir de ce que vous aurez appris autrefois : qu’après que le Seigneur eut sauvé le peuple en le tirant de l’Égypte, il fit périr ensuite ceux qui furent incrédules ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Nombres, 14, 37.
qu’il retient liés de chaînes éternelles dans de profondes ténèbres, et réserve pour le jugement du grand jour, les anges qui n’ont pas conservé leur première dignité, mais qui ont quitté leur propre demeure ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 2 Pierre, 2, 4. ― Les démons ne peuvent sortir de l’enfer que par la permission de Dieu, et pour tenter les hommes que Dieu veut bien qu’ils tentent. Leur supplice dure depuis le moment de leur révolte ; ils sont déjà jugés, mais leur sentence sera alors prononcé et confirmée pour toute l’éternité.
et que de même Sodome et Gomorrhe, et les villes voisines qui s’étaient débordées comme elles dans les excès d’impureté, et s’étaient portées à abuser d’une chair étrangère, ont été proposées pour un exemple du feu éternel par la peine qu’elles ont soufferte.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 19, 24.
Après cela ces personnes souillent la chair par de semblables corruptions, et de plus ils méprisent la domination, et maudissent ceux qui sont élevés en dignité.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ceux-ci ; c’est-à-dire les faux docteurs contre lesquels l’apôtre cherche à prémunir les fidèles auxquels il écrit.
Cependant l’archange Michel dans la contestation qu’il eut avec le diable touchant le corps de Moïse, n’osa le condamner avec exécration ; mais il se contenta de dire : Que le Seigneur te réprime.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Zacharie, 3, 2. ― Que le Seigneur te commande fortement, qu’il te réprimande avec menaces. C’est le vrai sens du texte. Comparer à Matthieu, 8, 26 ; Marc, 4, 39 ; Luc, 8, 24. Ceci n’est pas rapporté dans l’Ecriture ; saint Jude le savait par la tradition.
Au lieu que ceux-ci condamnent avec exécration tout ce qu’ils ignorent, et ils se corrompent en tout ce qu’ils connaissent naturellement, comme les bêtes irraisonnables.
Malheur sur eux ! parce qu’ils suivent la voie de Caïn ; qu’étant trompés comme Balaam, et emportés par le désir du gain, ils s’abandonnent au dérèglement ; et qu’imitant la rébellion de Coré, ils périront comme lui.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 4, 8 ; Nombres, 22, 23 ; 16, 32.
Ces personnes sont la honte et le déshonneur de vos festins de charité, lorsqu’ils y mangent avec vous sans aucune retenue ; ils n’ont soin que de se nourrir eux-mêmes. Ce sont des nuées sans eau, que le vent emporte çà et là ; ce sont des arbres d’automne, des arbres stériles, doublement morts et déracinés.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 2 Pierre, 2, 17.
Ce sont des vagues furieuses de la mer, d’où sortent, comme une écume sale, leurs ordures et leurs infamies ; ce sont des étoiles errantes, auxquelles une tempête noire et ténébreuse est réservée pour l’éternité.
C’est d’eux qu’Énoch, qui a été le septième depuis Adam, a prophétisé en ces termes : Voilà le Seigneur qui va venir avec une multitude innombrable de ses saints,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Apocalypse, 1, 7. ― Le septième après Adam ; c’est-à-dire le septième patriarche. ― A prophétisé. La prophétie qui est rapportée ici ne se trouve pas dans l’Ecriture ; l’apôtre l’a connue par la tradition ou par une révélation particulière de Dieu.
pour exercer son jugement sur tous les hommes, et pour convaincre tous les impies de toutes les actions d’impiété qu’ils ont commises, et de toutes les paroles injurieuses que ces pécheurs impies ont proférées contre lui.
Ce sont des murmurateurs qui se plaignent sans cesse, qui suivent leurs passions, dont les discours sont pleins de faste et de vanité, et qui se rendent admirateurs des personnes, selon qu’il est utile pour leurs intérêts.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 16, 10.
Mais pour vous, mes bien-aimés, souvenez-vous de ce qui a été prédit par les apôtres de notre Seigneur Jésus-Christ ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Timothée, 4, 1 ; 2 Timothée, 3, 1 ; 2 Pierre, 3, 3.
qui vous disaient, qu’aux derniers temps il s’élèverait des imposteurs qui suivraient leurs passions déréglées et pleines d’impiété.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans l’impiété ; littéralement, dans les impiétés. D’autres, se conformant au grec, qui porte des impiétés, au génitif, comme régime de désirs, traduisent : Selon leurs désirs impies.
Ce sont des gens qui se séparent eux-mêmes, des hommes sensuels, qui n’ont point l’Esprit de Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’Esprit ; c’est-à-dire l’Esprit de Dieu.
Mais vous, mes bien-aimés, vous élevant vous-mêmes comme un édifice spirituel sur le fondement de votre très-sainte foi, et priant par le Saint-Esprit,
conservez-vous en l’amour de Dieu, attendant la miséricorde de notre Seigneur Jésus-Christ pour obtenir la vie éternelle.
Reprenez ceux qui paraissent endurcis et condamnés.
Sauvez les uns, en les retirant comme du feu ; ayez compassion des autres, en craignant pour vous-mêmes ; et haïssez comme un vêtement souillé tout ce qui tient de la corruption de la chair.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Prenant même en haine, etc. ; c’est-à-dire ayant même horreur. L’apôtre semble faire allusion à ce qui est dit dans la loi mosaïque des vêtements souillées par la lèpre ou d’autres impuretés légales, dont on ne pouvait se purifier qu’en lavant non seulement le corps, mais encore le vêtement. Voir Lévitique, 13, verset 47 et suivants. Il veut donc dire par cette comparaison : Fuyez avec le plus grand soin même les apparences de tout ce qui pourrait souiller vos âmes.
À celui qui est puissant pour vous conserver sans péché, et pour vous faire comparaître devant le trône de sa gloire purs et sans tache, et dans un ravissement de joie, à l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ ;
à Dieu seul notre Sauveur, par notre Seigneur Jésus-Christ, gloire et magnificence, empire et force, avant tous les siècles, et maintenant, et dans tous les siècles des siècles ! Amen !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Aux saints. Voir Actes des Apôtres, 9, 13.