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Juges 1

APRÈS la mort de Josué, les enfants d’Israël consultèrent le Seigneur, et lui dirent : Qui marchera à notre tête pour combattre les Chananéens, et qui sera notre chef dans cette guerre ?

Le Seigneur répondit : Ce sera Juda qui marchera devant vous : je lui ai livré le pays.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Juda, etc. La tribu de Juda donnera l’exemple aux autres. Elle était la plus nombreuse et la plus vaillante (voir Genèse, 49, 8). ― La terre des Chananéens.

Alors Juda dit à Siméon, son frère : Venez m’aider à me rendre maître de la part qui m’est échue au sort, et à combattre les Chananéens ; et ensuite j’irai vous aider à conquérir ce qui vous est échu. Siméon s’en alla donc avec Juda.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les deux tribus de Juda et de Siméon étaient voisines ; leurs lots étaient en quelque sorte les mêmes.

Et Juda ayant marché contre les ennemis, le Seigneur livra entre leurs mains les Chananéens et les Phérézéens, et ils taillèrent en pièces dix mille hommes à Bézec.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Bézec, ville chananéenne, capitale d’Adonibézec, devint aussi ville de Juda.

Ils trouvèrent à Bézec, Adonibézec : ils le combattirent, et défirent les Chananéens et les Phérézéens.

Adonibézec ayant pris la fuite, ils le poursuivirent, le prirent et lui coupèrent les extrémités des mains et des pieds.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Et coupèrent, etc. Ce genre de supplice était usité chez les anciens ; il avait pour but de mettre les prisonniers hors d’état de porter les armes.

Alors Adonibézec dit : J’ai fait couper l’extrémité des mains et des pieds à soixante et dix rois qui mangeaient sous ma table les restes de ce qu’on me servait. Dieu m’a traité comme j’ai traite les autres. Ensuite ils l’amenèrent à Jérusalem, où il mourut.

Car les enfants de Juda ayant mis le siège devant Jérusalem, la prirent, taillèrent en pièces tout ce qu’ils y trouvèrent, et mirent le feu dans toute la ville.

Ils descendirent ensuite pour combattre les Chananéens dans le pays des montagnes, vers le midi et dans la plaine.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans les plaines des Philistins, la Séphéla.

Et Juda ayant marché contre les Chananéens qui habitaient à Hébron, dont le nom était autrefois Cariath-Arbé, défit Sésaï, Ahiman et Tholmaï.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Josué, 15, 14. ― Hébron. Voir Genèse, 13, 18.

Étant parti de là, il marcha contre les habitants de Dabir, qui s’appelait autrefois Cariath-Sépher, c’est-à-dire, la ville des lettres.

Alors Caleb dit : Je donnerai ma fille Axa pour femme à celui qui prendra et ruinera Cariath-Sépher.

Commentaire (versets 11 à 12) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 11 à 12 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Cariath-Sépher ou Dabir, dans le Négeb, au sud d’Hébron, probablement la Dhâherîyéh d’aujourd’hui, sur une éminence au nord de laquelle est une vallée où l’on remarque plusieurs sources jaillissant les unes sur le flanc de la colline, les autres dans le fond du ravin.

Et Othoniel, fils de Cénez et jeune frère de Caleb, l’ayant prise, il lui donna pour femme sa fille Axa.

Et lorsque Axa était en chemin, son mari l’avertit de demander un champ à son père. Axa donc étant montée sur un âne, commença à soupirer. Et Caleb lui dit : Qu’avez-vous ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le champ. L’article déterminatif qu’on lit dans le texte hébreu suppose un champ particulier, bien connu, ou un champ dont on a déjà parlé. Dans la première supposition, ce serait probablement le champ attenant à la terre aride qu’Axa avait reçu de son beau-père ; et dans la seconde, l’auteur sacré ne ferait que rappeler le champ déjà mentionné au livre de Josué (15, 18) ; et par conséquent ce fait ne se trouverait rapporté ici que par récapitulation.

Elle lui répondit : Donnez-moi votre bénédiction, et m’accordez une grâce. Vous m’avez donné une terre sèche, donnez m’en une aussi où il y ait des eaux en abondance. Caleb donc lui donna une terre dont le haut et le bas étaient arrosés d’eau.

Or les enfants de Jéthro, Cinéen, allié de Moïse, montèrent de la ville des palmes avec les enfants de Juda, au désert qui était échu en partage à cette tribu, et qui est vers le midi d’Arad ; et ils habitèrent avec eux.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Au désert de leur lot ; au désert qui était échu en partage aux, enfants, à la tribu de Juda. ― Avec eux, littéralement avec lui ; c’est-à-dire Juda, considéré comme tribu, ou selon que porte l’hébreu, comme peuple. ― La ville des Palmes, Jéricho. ― Arad. Voir Nombres, note 21.1. ― Cinéen. Voir Genèse, 15, 19.

Juda s’en étant allé aussi avec son frère Siméon, ils défirent ensemble les Chananéens qui habitaient à Séphaath, et les passèrent au fil de l’épée. Et cette ville fut appelée Horma, c’est-à-dire, anathème.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A Séphaath, aujourd’hui Sebaita. On y voit des ruines assez considérables, entre autres celles de trois églises et d’une tour. Il y avait deux réservoirs d’eau.

Juda prit aussi Gaza avec ses confins, Ascalon et Accaron avec leurs confins.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Gaza, Ascalon, Accaron, trois des cinq grandes villes des Philistins, dans la plaine de la Séphéla. La conquête de Juda ne fut pas durable.

Le Seigneur fut avec Juda, et il se rendit maître de toutes les côtes des montagnes ; mais il ne put défaire ceux qui habitaient dans la vallée, parce qu’ils avaient une grande quantité de chariots armés de faux.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Chars armés de faux. Voir Josué, 11, 4.

Et ils donnèrent, selon que Moïse l’avait ordonné, Hébron à Caleb, qui en extermina les trois fils d’Enac.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Nombres, 14, 24 ; Josué, 15, 14.

Mais les enfants de Benjamin ne tuèrent point les Jébuséens qui demeuraient à Jérusalem : et les Jébuséens demeurèrent à Jérusalem avec les enfants de Benjamin, comme ils y sont encore aujourd’hui.

La maison de Joseph marcha aussi contre Béthel, et le Seigneur était avec eux.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Béthel. Voir Genèse, 12, 8.

Car lorsqu’ils assiégeaient la ville, qui s’appelait auparavant Luza,

ayant vu un homme qui en sortait, ils lui dirent : Montrez-nous par où l’on peut entrer dans la ville, et nous vous ferons miséricorde.

Cet homme le leur ayant montré, ils passèrent au fil de l’épée tout ce qui se trouva dans la ville, et conservèrent cet homme avec toute sa maison.

Cet homme étant libre, s’en alla au pays d’Hetthim, où il bâtit une ville qu’il appela Luza, qui est le nom qu’elle porte encore aujourd’hui.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Hetthim, les Héthéens, alors maîtres de la Syrie.

Manassé aussi ne détruisit pas Bethsan et Thanac avec les villages qui en dépendent, ni les habitants de Dor, de Jéblaam et de Mageddo, avec les villages voisins ; et les Chananéens commencèrent à demeurer avec eux.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Bethsan, non loin du Jourdain, à l’est du mont Gelboé. ― Thanac, au sud de Mageddo. ― Jéblaam, dans le voisinage d’Engannim, au sud de cette ville. ― Mageddo, dans la plaine d’Esdrelon.

Lorsque Israël fut devenu plus fort, il les rendit tributaires ; mais il ne voulut point les exterminer.

Ephraïm ne tua point aussi les Chananéens qui habitaient à Gazer ; mais les Chananéens demeurèrent avec eux.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le Chananéen. Ce mot est répété dans l’hébreu ; il détruit ainsi l’amphibologie qui se trouve dans la Vulgate. ― Avec lui ; c’est-à-dire avec Ephraïm. Voir note précédente. ― Gazer, à l’ouest de Béthoron, au nord-est d’Accaron.

Zabulon n’extermina point les habitants de Cétron et de Naalol ; mais les Chananéens demeurèrent au milieu d’eux, et ils devinrent leurs tributaires.

Aser n’extermina point non plus les habitants d’Accho, de Sidon, d’Ahalab, d’Achazib, d’Helba, d’Aphec et de Rohob ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Accho, appelée aussi Acre, saint Jean d’Acre et Ptolémaïde, ville phénicienne et port de mer sur la Méditerranée, près du mont Carmel, à l’embouchure du Bélus, au sud de Tyr. ― Sidon, première capitale de la Phénicie, sur la Méditerranée, au nord de Tyr. ― Ahalab, ville inconnue, mentionnée seulement ici. ― Achazib, Ecdippe, au nord d’Accho, sur la Méditerranée. ― Helba, non retrouvée. ― Aphec, Rohob, site inconnus.

et ils demeurèrent au milieu des Chananéens qui habitaient dans ce pays-là, et ils ne les tuèrent point.

Nephthali n’extermina point non plus les habitants de Beth-samès et de Beth-anath ; mais il demeura au milieu des Chananéens qui habitaient en ce pays-là ; et ceux de Beth-samès et de Beth-anath lui devinrent tributaires.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Bethsamès. Voir Josué, 21, 16. ― Béthanath, inconnue.

Les Amorrhéens tinrent les enfants de Dan fort resserrés dans la montagne, sans leur donner lieu de s’étendre en descendant dans la plaine :

et les Amorrhéens habitèrent sur la montagne d’Harès, c’est-à-dire, de l’argile, dans Aïalon et dans Salébim ; mais lamaisonde Joseph étant devenue plus puissante, elle se les rendit tributaires.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La puissance ; littéralement la main. Le mot hébreu réunit ces deux significations. ― Aïalon. Voir Josué, 10, 11.

Et le pays des Amorrhéens eut pour limites la montée du Scorpion, Pétra, et les lieux plus élevés.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le rocher, ou la pierre, désigne probablement Pétra, la capitale de l’Arabie Pétrée.