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1 Jean 4
MES bien-aimés, ne croyez point à tout esprit, mais éprouvez si les esprits sont de Dieu. Car plusieurs faux prophètes se sont élevés dans le monde.
Voici à quoi vous reconnaîtrez qu’un esprit est de Dieu : Tout esprit qui confesse que Jésus-Christ est venu dans une chair véritable, est de Dieu :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Tout esprit, etc. Ce n’est pas dire que la confession de ce point de foi seul soit dans tous les temps et dans tous les cas suffisante ; mais cela se rapporte à ce temps-là et à cette partie de la doctrine chrétienne qu’on devait particulièrement alors confesser, enseigner et maintenir contre les hérétiques qui avaient paru ; c’était la meilleure marque à laquelle on pût distinguer les vrais des faux docteurs.
et tout esprit qui divise Jésus-Christ, n’est point de Dieu ; et c’est là l’Antechrist, dont vous avez entendu dire qu’il doit venir ; et il est déjà maintenant dans le monde.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qui détruit ou qui divise Jésus-Christ, soit en niant sa nature humaine, ou sa divinité, soit en niant qu’il soit le Messie promis et envoyé de Dieu.
Mes petits enfants, vous l’avez vaincu, vous qui êtes de Dieu ; parce que celui qui est en vous, est plus grand que celui qui est dans le monde.
Ils sont du monde ; c’est pourquoi ils parlent selon l’esprit du monde, et le monde les écoute.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jean, 8, 47.
Mais pour nous, nous sommes de Dieu : celui qui connaît Dieu, nous écoute ; celui qui n’est point de Dieu, ne nous écoute point. C’est par là que nous connaissons l’Esprit de vérité et l’esprit d’erreur.
Mes bien-aimés, aimons-nous les uns les autres : car l’amour et la charité est de Dieu ; et tout homme qui aime, est né de Dieu, et il connaît Dieu.
Celui qui n’aime point, ne connaît point Dieu : car Dieu est amour.
C’est en cela que Dieu a fait paraître son amour envers nous, en ce qu’il a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jean, 3, 16.
Et cet amour consiste en ce que ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais que c’est lui qui nous a aimés le premier, et qui à envoyé son Fils afin qu’il fût la victime de propitiation pour nos péchés.
Mes bien-aimés, si Dieu nous a aimés de cette sorte, nous devons aussi nous aimer les uns les autres.
Nul homme n’a jamais vu Dieu. Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour est parfait en nous.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jean, 1, 18 ; 1 Timothée, 6, 16.
Ce qui nous fait connaître que nous demeurons en lui, et lui en nous, est qu’il nous a rendus participants de son Esprit.
Nous avons vu de nos yeux, et nous en rendons témoignage, que le Père a envoyé son Fils pour être le Sauveur du monde.
Quiconque donc aura confessé que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu.
Et nous avons connu et cru par la foi l’amour que Dieu a pour nous. Dieu est amour ; et ainsi quiconque demeure dans l’amour, demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui.
La perfection de notre amour envers Dieu consiste à nous remplir de confiance pour le jour du jugement, parce que nous sommes tels en ce monde, que Dieu est lui-même.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Tels qu’il est. Jésus-Christ étant saint et sans tache, nous devons, nous aussi, nous maintenir dans ce monde purs de toute tache du péché.
La crainte ne se trouve point avec la charité ; mais la charité parfaite chasse la crainte : car la crainte est accompagnée de peine ; et celui qui craint, n’est point parfait dans la charité.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La charité parfaite, ou l’amour, chasse la crainte des hommes, comme aussi toute inquiétude qui nous porte à douter de la miséricorde de Dieu, et cette crainte servile qui nous fait appréhender la punition du péché plutôt que de l’offense de Dieu. Mais elle n’exclut pas la crainte salutaire des jugements de Dieu, si souvent recommandée dans les Livres saints, pas plus que cette crainte et ce tremblement avec lesquels saint Paul (voir Philippiens, 2, 12) nous recommande d’opérer notre salut. « La crainte servile, qui se résoud dans l’égoïsme ou l’amour de soi, n’a rien de commun avec la charité ; à mesure que l’une s’accroît, dit saint Augustin, l’autre diminue, et quand l’amour est arrivé à sa perfection, il n’y a plus, dans l’âme où il règne, de place pour la crainte servile. Cette crainte, loin d’échapper au châtiment qu’elle redoute, l’a déjà, elle le porte en quelque sorte en elle-même. Ajoutons que saint Jean décrit ici un état idéal, que les âmes les plus saintes peuvent bien entrevoir, auquel elles peuvent même toucher un moment, mais où elles ne sauraient, dans ce monde de péché, s’établir d’une manière définitive. En plaçant sous nos yeux ce but magnifique, il ne veut qu’une chose, nous animer à servir Dieu par le motif le plus élevé et le plus doux. » (CRAMPON, 1885)
Aimons donc Dieu, puisque c’est lui qui nous a aimés le premier.
Si quelqu’un dit, J’aime Dieu, et ne laisse pas de haïr son frère, c’est un menteur. Car comment celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas ?
Et c’est de Dieu même que nous avons reçu ce commandement : Que celui qui aime Dieu, doit aussi aimer son frère.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jean, 13, 34 ; 15, 12 ; Ephésiens, 5, 2.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Eprouver les esprits, c’est, par exemple, examiner si leur doctrine est conforme à la foi catholique, à l’enseignement de l’Eglise.