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2 Pierre 2
OR comme il y a eu de faux prophètes parmi le peuple, il y aura aussi parmi vous de faux docteurs qui introduiront de pernicieuses hérésies, et renonçant au Seigneur qui les a rachetés, attireront sur eux-mêmes une soudaine ruine.
Leurs débauches seront suivies de plusieurs, qui exposeront la voie de la vérité à la médisance ;
et vous séduisant par des paroles artificieuses, ils trafiqueront de vos âmes pour satisfaire leur avarice : mais leur condamnation, qui est résolue il y a longtemps, s’avance à grands pas, et la main qui doit les perdre n’est pas endormie.
Car si Dieu n’a point épargné les anges qui ont péché, mais les a précipités dans l’abîme où les ténèbres leur servent de chaînes, pour être tourmentés, et tenus comme en réserve jusqu’au jugement ;
s’il n’a point épargné l’ancien monde, mais n’a sauvé que sept personnes avec Noé, prédicateur de la justice, en faisant fondre les eaux du déluge sur le monde des méchants ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 7, 1.
s’il a puni les villes de Sodome et de Gomorrhe en les ruinant de fond en comble, et les réduisant en cendres, et en a fait un exemple pour ceux qui vivraient dans l’impiété ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 19, 25.
et s’il a délivré le juste Lot, que ces abominables affligeaient et persécutaient par leur vie infâme,
ce juste qui demeurait parmi eux, étant tous les jours tourmenté dans son âme juste par leurs actions détestables qui offensaient ses yeux et ses oreilles :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ce verset forme évidemment une parenthèse ; c’est pour cela que nous l’avons enfermé entre des crochets.
il paraît par là que le Seigneur sait délivrer ceux qui le craignent, des maux par lesquels ils sont éprouvés, et réserver les pécheurs au jour du jugement pour être punis ;
principalement ceux qui pour satisfaire leurs désirs impurs, suivent les mouvements de la chair ; qui méprisent les puissances, qui sont fiers et audacieux, qui sont amoureux d’eux-mêmes, et qui blasphémant la saine doctrine, ne craignent point d’introduire de nouvelles sectes ;
au lieu que les anges, quoiqu’ils soient plus grands en force et en puissance, ne se condamnent point les uns les autres avec des paroles d’exécration et de malédiction.
Mais ceux-ci, semblables à des animaux sans raison qui ne suivent que le mouvement de la nature, et sont nés pour être la proie des hommes qui les font périr, attaquant par leurs blasphèmes ce qu’ils ignorent, ils périront dans les infamies où ils se plongent,
et recevront la récompense que mérite leur iniquité. Ils mettent la félicité à passer chaque jour dans les délices ; ils sont la honte et l’opprobre de la religion ; ils s’abandonnent a des excès de bouche dans les festins de charité qu’ils font avec vous.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Souillures et saletés, pour pleins de souillures et de saletés ; ce qui est bien moins énergique. ― Le salaire : la damnation éternelle. ― Avec vous : reproche indirect à l’adresse de quelques chrétiens.
Ils ont les yeux pleins d’adultère et d’un péché qui ne cesse jamais ; ils attirent à eux, par des amorces trompeuses, les âmes légères et inconstantes ; ils ont dans le cœur toutes les adresses que l’avarice peut suggérer : ce sont des enfants de malédiction.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Fils de malédiction ; hébraïsme, pour : Voués à la malédiction.
Ils ont quitté le droit chemin, et se sont égarés en suivant la voie de Balaam, fils de Bosor, qui aima la récompense de son iniquité ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jude, 1, 11. ― Balaam, fils de Bosor ou Béor. (Gagné par les présents du roi de Moab, Balaam s’avançait pour maudire Israël, lorsque l’ânesse qu’il montait lui adressa la parole et l’arrêta.)
mais qui fut repris de son injuste dessein, une ânesse muette, qui parla d’une voix humaine, ayant réprimé la folie de ce prophète.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Nombres, 22, 28. ― Une bête de somme muette, l’ânesse de Balaam.
Ce sont des fontaines sans eau, des nuées qui sont agitées par des tourbillons ; et de noires et profondes ténèbres leur sont réservées.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jude, 1, 12.
Car tenant des discours pleins d’insolence et de folie, ils amorcent, par les passions de la chair et les voluptés sensuelles, ceux qui peu de temps auparavant s’étaient retirés des personnes infectées d’erreur ;
leur promettant la liberté, quoique eux-mêmes soient esclaves de la corruption ; parce que quiconque est vaincu, est esclave de celui qui l’a vaincu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jean, 8, 34 ; Romains, 6, vv. 16, 20.
Si après s’être retirés des corruptions du monde par la connaissance de Jésus-Christ, notre Seigneur et notre Sauveur, ils se laissent vaincre en s’y engageant de nouveau, leur dernier état est pire que le premier.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Hébreux, 6, 4 ; Matthieu, 12, 45.
Car il leur eût été meilleur de n’avoir point connu la voie de la justice, que de retourner en arrière après l’avoir connue, et d’abandonner la loi sainte qui leur avait été donnée.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le saint commandement ; c’est-à-dire la loi évangélique. Le sens du verset est : Ils auraient été moins criminels s’ils n’avaient jamais connu la vérité ; car ils n’auraient pas eu au moins à se reprocher l’infidélité, l’ingratitude et l’apostasie.
Mais ce qu’on dit d’ordinaire, par un proverbe véritable, leur est arrivé : Le chien est retourné à ce qu’il avait vomi ; et le pourceau, après avoir été lavé, s’est vautré de nouveau dans la boue.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Proverbes 26, 11.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Job, 4, 18 ; Jude, 1, 6. ― Dans l’abîme ; littéralement, dans le tartare, mot que saint Pierre a pu employer pour exprimer l’enfer, puisqu’il rend parfaitement l’idée que la religion nous donne de l’enfer. Il l’a pris sans doute des Juifs hellénistes devenus chrétiens.