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Jacques 4

D’OÙ viennent les guerres et les procès entre vous ? n’est-ce pas de vos passions qui combattent dans votre chair ?

Vous êtes pleins de désirs, et vous n’avez pas ce que vous désirez ; vous tuez, et vous êtes jaloux, et vous ne pouvez obtenir ce que vous voulez ; vous plaidez, et vous faites la guerre les uns contre les autres, et vous n’avez pas néanmoins ce que vous tâchez d’avoir ; parce que vous ne le demandez pas à Dieu.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

« Vive peinture de l’agitation d’une âme qui ne sait pas mettre un frein à ses désirs : elle convoite mille choses, et ne les obtenant pas, elle devient meurtrière (dans son cœur, voir 1 Jean, 3, 15), c’est-à-dire, elle hait à mort ceux qui lui sont un obstacle, et envie, etc. » (CRAMPON)

Vous demandez, et vous ne recevez point ; parce que vous demandez mal, pour avoir de quoi satisfaire à vos passions.

Âmes adultères ! ne savez-vous pas que l’amour de ce monde est une inimitié contre Dieu ? et que par conséquent, quiconque voudra être ami de ce monde, se rend ennemi de Dieu ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Adultères. L’Ecriture appelle souvent ainsi non seulement les idolâtres et les impies déclarés, mais encore tous les hommes qui sont attachés aux biens terrestres et aux plaisirs illicites, parce qu’ils brisent ainsi l’union qui doit toujours exister entre eux et Dieu leur créateur et bienfaiteur.

Pensez-vous que l’Écriture dise en vain : L’Esprit qui habite en vous, vous aime d’un amour de jalousie ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’Ecriture, etc. Ce passage ne se trouve pas en terme exprès dans la Bible ; mais l’Apôtre fait allusion aux divers endroits où elle parle du péché originel, ou de la concupiscence et du penchant qui nous porte constamment au mal. ― C’est après l’envie, etc. ; le chagrin qu’on ressent du bonheur, des succès d’autrui ; c’est en effet le sens du texte grec. ― L’esprit qui habite en vous ; c’est-à-dire l’esprit malin, le démon. Comparer au verset 7, où il est dit : Résistez au diable, et il s’enfuira de vous ; et cet autre passage de l’Ecriture : C’est par l’envie du diable que la mort est entrée dans le monde (voir Sagesse, 2, 24). D’autres traduisent : L’esprit (de Dieu) qui habite en vous, vous aime d’un amour de jalousie. Mais, outre que cette traduction est peu conforme à la vraie signification des mots employés par l’apôtre, elle ne s’accorde pas avec le verset suivant.

Mais aussi il donne une plus grande grâce. C’est pourquoi il dit : Dieu résiste aux superbes, et donne sa grâce aux humbles.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Proverbes, 3, 34 ; 1 Pierre, 5, 5. ― Mais il donne ; c’est-à-dire Dieu, ou comme porte la version syriaque, Notre-Seigneur.

Soyez donc assujettis à Dieu ; résistez au diable, et il s’enfuira de vous.

Approchez-vous de Dieu, et il s’approchera de vous. Lavez vos mains, pécheurs ; et purifiez vos cœurs, vous qui avez l’âme double et partagée.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Double d’esprit. Comparer à Jacques, 1, 8. « La main figure les œuvres extérieures ; le cœur, les passions. » (CRAMPON)

Affligez-vous vous-mêmes ; soyez dans le deuil et dans les larmes : que votre ris se change en pleurs, et votre joie en tristesse.

Humiliez-vous en présence du Seigneur, et il vous élèvera.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 1 Pierre, 5, 6.

Mes frères, ne parlez point mal les uns des autres. Celui qui parle contre son frère, et qui juge son frère, parle contre la loi, et juge la loi. Si vous jugez la loi, vous n’en êtes plus observateur, mais vous vous en rendez le juge.

Il n’y a qu’un Législateur et qu’un Juge, qui peut sauver et qui peut perdre. Mais vous, qui êtes-vous pour juger votre prochain ?

Je m’adresse maintenant à vous qui dites, Nous irons aujourd’hui, ou demain, à une telle ville, nous demeurerons là un an, nous y trafiquerons, nous y gagnerons beaucoup ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Romains, 14, 4.

quoique vous ne sachiez pas même ce qui arrivera demain.

Car qu’est-ce que votre vie, sinon une vapeur qui paraît pour un peu de temps, et qui disparaît ensuite ? Au lieu que vous devriez dire : S’il plaît au Seigneur, et si nous vivons, nous ferons telle ou telle chose.

Et vous, au contraire, vous vous élevez dans vos pensées présomptueuses. Toute cette présomption est mauvaise.

Celui-là donc est coupable de péché, qui sachant le bien qu’il doit faire, ne le fait pas.