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Jacques 3
MES frères, qu’il n’y ait point parmi vous tant de gens qui se mêlent d’enseigner : car vous devez savoir que par là on s’expose à un jugement plus sévère.
En effet nous faisons tous beaucoup de fautes ; et si quelqu’un ne fait point de faute en parlant, c’est un homme parfait ; il peut tenir tout le corps en bride.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
D’autres : « Son corps tout entier, avec les convoitises et les passions dont le corps est comme le foyer. Suivent deux comparaisons, qui expliquent cette dernière pensée. » (CRAMPON)
Ne voyez-vous pas que nous mettons des mors dans la bouche des chevaux, afin qu’ils nous obéissent, et qu’ainsi nous faisons tourner tout leur corps où nous voulons ?
Ne voyez-vous pas aussi, qu’encore que les vaisseaux soient si grands, et qu’ils soient poussés par des vents impétueux, ils sont tournés néanmoins de tous côtés avec un très-petit gouvernail, selon la volonté du pilote qui les conduit ?
Ainsi la langue n’est qu’une petite partie du corps ; et cependant combien peut-elle se vanter de faire de grandes choses ! Ne voyez-vous pas combien un petit feu est capable d’allumer de bois ?
La langue aussi est un feu : c’est un monde d’iniquité ; et n’étant qu’un de nos membres, elle infecte tout notre corps ; elle enflamme tout le cercle et tout le cours de notre vie, et est elle-même enflammée du feu de l’enfer.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Par la géhenne. Voir Matthieu, 5, 22. ― Enflamme tout le cours de notre vie : « elle nous fait pêcher durant tout le cours de notre vie, elle-même étant excitée par l’esprit de mensonge, le démon. » (CRAMPON)
Car la nature de l’homme est capable de dompter, et a dompté en effet toutes sortes d’animaux, les bêtes de la terre, les oiseaux, les reptiles, et les poissons de la mer.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Et d’autres animaux. Le grec porte : Et d’animaux marins. Beaucoup d’interprètes pensent qu’on lisait autrefois dans la Vulgate cetorum au lieu de cæterorum.
Mais nul homme ne peut dompter la langue : c’est un mal inquiet et intraitable ; elle est pleine d’un venin mortel.
Par elle nous bénissons Dieu, notre Père ; et par elle nous maudissons les hommes qui sont créés à l’image de Dieu.
La bénédiction et la malédiction partent de la même bouche. Ce n’est pas ainsi, mes frères, qu’il faut agir.
Une fontaine jette-t-elle par une même ouverture de l’eau douce et de l’eau amère ?
Mes frères, un figuier peut-il porter des raisins, ou une vigne des figues ? Ainsi nulle fontaine d’eau salée ne peut jeter de l’eau douce.
Y a-t-il quelqu’un qui passe pour sage et pour savant entre vous, qu’il fasse paraître ses œuvres dans la suite d’une bonne vie, avec une sagesse pleine de douceur.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans une sagesse pleine de douceur ; littéralement et par hébraïsme : Dans une douceur de sagesse.
Mais si vous avez dans le cœur une amertume de jalousie et un esprit de contention, ne vous glorifiez point faussement d’être sages, et ne mentez point contre la vérité.
Ce n’est point là la sagesse qui vient d’en haut ; mais c’est une sagesse terrestre, animale et diabolique.
Car où il y a de la jalousie et un esprit de contention, il y a aussi du trouble et toute sorte de mal.
Mais la sagesse qui vient d’en haut, est premièrement chaste, puis amie de la paix, modérée et équitable, docile, susceptible de tout bien, pleine de miséricorde et des fruits de bonnes œuvres ; elle ne juge point ; elle n’est point dissimulée.
Or les fruits de la justice se sèment dans la paix, par ceux qui font des œuvres de paix.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 23, 8.