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Hébreux 9

CETTE première alliance a eu aussi des lois et des règlements touchant le culte de Dieu, et un sanctuaire terrestre.

Car dans le tabernacle qui fut dressé, il y avait une première partie où était le chandelier, la table, et les pains de proposition, et cette partie s’appelait, le Saint.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 26, 1 ; 36, 8. ― Le premier tabernacle ; c’est-à-dire le tabernacle antérieur, la première partie du tabernacle. ― Les chandeliers ; le pluriel est mis pour le singulier, parce que l’auteur fait allusion aux sept branches du chandelier. ― L’exposition des pains ; c’est-à-dire les pains exposés, les rangées de pains ; hypallage dont on trouve assez d’exemple dans les auteurs grecs aussi bien que dans les écrivains hébreux. Partout ailleurs le texte sacré porte pains de proposition. ― Ce qui s’appelle ; littéralement, laquelle s’appelle. Ce pronom relatif féminin ne peut se rapporter grammaticalement qu’au mot exposition, qui précède immédiatement ; mais, pour le sens logique, il se rapporte à tout l’antécédent. Or ce genre de construction n’est pas rare dans l’Ecriture.

Après le second voile était le tabernacle, appelé, le Saint des saints ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le second voile. Voir Matthieu, 27, 51.

où il y avait un encensoir d’or, et l’arche de l’alliance toute couverte d’or, dans laquelle était une urne d’or pleine de manne, la verge d’Aaron, qui avait fleuri, et les deux tables de l’alliance.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 1 Rois, 8, 9 ; 2 Chroniques, 5, 10.

Au-dessus de l’arche il y avait des chérubins pleins de gloire, qui couvraient le propitiatoire de leurs ailes. Mais ce n’est pas ici le lieu de parler de tout ceci en détail.

Or ces choses étant ainsi disposées, les prêtres entraient en tout temps dans le premier tabernacle, lorsqu’ils étaient dans l’exercice des fonctions sacerdotales ;

mais il n’y avait que le seul pontife qui entrât dans le second, et seulement une fois l’année, non sans y porter du sang qu’il offrait pour ses propres ignorances, et pour celles du peuple :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 30, 10 ; Lévitique, 16, 2. ― Son ignorance. L’Ecriture comprend assez ordinairement sous ce mot toutes sortes de péchés ; parce que le péché est toujours un égarement, une erreur, mais volontaire, et par conséquent coupable.

le Saint-Esprit nous montrant par là, que la voie du vrai sanctuaire n’était point encore découverte, pendant que le premier tabernacle subsistait.

Et cela même était l’image de ce qui se passait en ce temps-là, pendant lequel on offrait des dons et des victimes, qui ne pouvaient rendre juste et parfaite la conscience de ceux qui rendaient à Dieu ce culte ;

puisqu’ils ne consistaient qu’en des viandes, en des breuvages, en diverses ablutions et en des cérémonies charnelles, et qu’ils n’avaient été imposés que jusqu’au temps où cette loi serait corrigée.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Des cérémonies ; littéralement, des justices ; c’est-à-dire des moyens de justification.

Mais Jésus-Christ, le pontife des biens futurs, étant venu dans le monde, est entré une seule fois dans le sanctuaire, par un tabernacle plus grand et plus excellent, qui n’a point été fait de main d’homme, c’est-à-dire, qui n’a point été formé par la voie commune et ordinaire ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Qui n’est pas de cette création ; de la création de ce monde, qui ne fait point partie des œuvres de ce monde.

et il y est entré, non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang, nous ayant acquis une rédemption éternelle.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Par le seul sacrifice de son sang offert une fois sur la croix, Jésus-Christ nous a acquis une rédemption dont l’effet est permanent et éternel ; au lieu que l’effet des sacrifices de la loi n’était que passager, ce qui obligeait de les réitérer. Aussi, lorsque l’Eglise offre à Dieu Jésus-Christ présent sur l’autel, elle ne croit pas pour cela qu’il manque quelque chose au sacrifice de la croix ; elle le croit au contraire si parfait et si suffisant, qu’elle n’offre celui de la messe que pour en célébrer la mémoire, et pour nous en appliquer la vertu.

Car si le sang des boucs et des taureaux, et l’aspersion de l’eau mêlée avec la cendre d’une génisse, sanctifie ceux qui ont été souillés, en leur donnant une pureté extérieure et charnelle ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Lévitique, 16, 15.

combien plus le sang de Jésus-Christ, qui par le Saint-Esprit s’est offert lui-même à Dieu comme une victime sans tache, purifiera-t-il notre conscience des œuvres mortes, pour nous faire rendre un vrai culte au Dieu vivant !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 1 Pierre, 1, 19 ; 1 Jean, 1, 7 ; Apocalypse, 1, 5. ― Par l’Esprit-Saint (variante fausse quant à l’expression, mais exacte pour le sens) : par l’Esprit éternel. Jésus-Christ s’offre par l’Esprit éternel, c’est-à-dire, animé, porté, consacré, pour cet acte par l’Esprit de Dieu qui est en lui sans mesure, dans une harmonie ineffable avec Dieu qui s’associe à son œuvre par son Esprit. Ici, comme dans Romains, 1, 4 et 1 Timothée, 3, 16, ces mots expriment la nature divine du Christ, d’où son sacrifice tira une valeur infinie. Eternel rappelle et explique la rédemption éternelle du verset 12 : c’est l’œuvre de Dieu accomplie pour l’éternité. ― Œuvres mortes, péchés (voir Hébreux, 6, 1). (CRAMPON)

C’est pourquoi il est le médiateur du testament nouveau, afin que par la mort qu’il a soufferte pour expier les iniquités qui se commettaient sous le premier testament, ceux qui sont appelés de Dieu, reçoivent l’héritage éternel qu’il leur a promis.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Galates, 3, 15.

Car où il y a un testament, il est nécessaire que la mort du testateur intervienne ;

parce que le testament n’a lieu que par la mort, n’ayant point de force tant que le testateur est encore en vie.

C’est pourquoi le premier même ne fut confirmé qu’avec le sang.

Car Moïse ayant récité devant tout le peuple toutes les ordonnances de la loi, prit du sang des veaux et des boucs, avec de l’eau, de la laine teinte en écarlate, et de l’hysope, et en jeta sur le livre même et sur tout le peuple,

en disant : C’est le sang du testament et de l’alliance que Dieu a faite en votre faveur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 24, 8.

Il jeta encore du sang sur le tabernacle et sur tous les vases qui servaient au culte de Dieu.

Et selon la loi, presque tout se purifie avec le sang, et les péchés ne sont point remis sans effusion de sang.

Il était donc nécessaire que ce qui n’était que la figure des choses célestes, fût purifié par le sang des animaux ; mais que les célestes mêmes le fussent par des victimes plus excellentes que n’ont été les premières.

Car Jésus-Christ n’est point entré dans ce sanctuaire fait de main d’homme, qui n’était que la figure du véritable ; mais il est entré dans le ciel même, afin de se présenter maintenant pour nous devant la face de Dieu.

Et il n’y est pas aussi entré pour s’offrir soi-même plusieurs fois, comme le grand prêtre entre tous les ans dans le sanctuaire, en portant un sang étranger, et non le sien propre.

Car autrement il aurait fallu qu’il eût souffert plusieurs fois depuis la création du monde : au lieu qu’il n’a paru qu’une fois, vers la fin des siècles, pour abolir le péché, en s’offrant lui-même pour victime.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La consommation des siècles ; c’est-à-dire lorsque la plénitude du temps marquée pour la venue du Sauveur a été accomplie. Comparer à 1 Corinthiens, 10, 11 ; Galates, 4, 4.

Et comme il est arrêté que les hommes meurent une fois, et qu’ensuite ils soient jugés :

ainsi Jésus-Christ a été offert une fois pour effacer les péchés de plusieurs ; et la seconde fois il apparaîtra sans avoir plus rien du péché, pour le salut de ceux qui l’attendent.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Romains, 5, 9 ; 1 Pierre, 3, 18. ― D’un grand nombre. Voir, pour le vrai sens de cette expression, Matthieu, 20, 28. ― Sans le péché ; c’est-à-dire sans avoir encore à expier le péché.