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Hébreux 6

QUITTANT donc les instructions que l’on donne à ceux qui ne font que commencer à croire en Jésus-Christ, passons à ce qu’il y a de plus parfait, sans nous arrêter à établir de nouveau ce qui n’est que le fondement de la religion, comme est la pénitence des œuvres mortes, la foi en Dieu,

et ce qu’on enseigne touchant les baptêmes, l’imposition des mains, la résurrection des morts, et le jugement éternel.

Et c’est aussi ce que nous ferons, si Dieu le permet.

Car il est impossible que ceux qui ont été une fois éclairés, qui ont goûté le don du ciel, qui ont été rendus participants du Saint-Esprit,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Matthieu, 12, 45 ; Hébreux, 10, 26 ; 2 Pierre, 2, 20. ― Illuminés ; c’est-à-dire baptisés. Le baptême s’appelait autrefois l’illumination.

qui se sont nourris de la sainte parole de Dieu et de l’espérance des grandeurs du siècle à venir,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La bonne parole, l’Evangile avec ses promesses et ses consolations (comparer à Zacharie, 1, 13). ― Les vertus, qu’ils ont vues ou opérées eux-mêmes par les dons extraordinaires du Saint-Esprit, du siècle à venir, du temps du Messie, qui embrasse le présent et l’avenir (voir Hébreux, 2, 5).

et qui après cela sont tombés ; il est impossible, dis-je, qu’ils se renouvellent par la pénitence, parce qu’autant qu’il est en eux, ils crucifient de nouveau le Fils de Dieu, et l’exposent à l’ignominie.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

D’être renouvelés par la pénitence ; de recevoir la rémission de leurs péchés par voie de rénovation ou de régénération, telle qu’ils l’ont reçue par le baptême.

Car lorsqu’une terre étant souvent abreuvée des eaux de la pluie qui y tombe, produit des herbages propres à ceux qui la cultivent, elle reçoit la bénédiction de Dieu.

Mais quand une terre ne produit que des ronces et des épines, elle est en aversion à son maître, elle est menacée de sa malédiction, et à la fin il y met le feu.

Or nous avons une meilleure opinion de vous et de votre salut, mes chers frères, quoique nous parlions de cette sorte.

Car Dieu n’est pas injuste, pour oublier vos bonnes œuvres, et la charité que vous avez témoignée par les assistances que vous avez rendues en son nom, et que vous rendez encore aux saints.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Aux saints. Voir Actes des Apôtres, 9, 13.

Or nous souhaitons que chacun de vous fasse paraître jusqu’à la fin le même zèle, afin que votre espérance soit accomplie ;

et que vous ne soyez pas lents et paresseux, mais que vous vous rendiez les imitateurs de ceux qui par leur foi et par leur patience sont devenus les héritiers des promesses.

Car Dieu, dans la promesse qu’il fit à Abraham, n’ayant point de plus grand que lui par qui il pût jurer, jura par lui-même,

et lui dit ensuite : Assurez-vous que je vous comblerai de bénédictions, et que je multiplierai votre race à l’infini.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Genèse, 22, 17. ― Je te ; littéralement, si je ne te. Voir Hébreux, 3, 11. ― Je te comblerai, etc. ; littéralement : Te bénissant, je te bénirai ; te multipliant, je te multiplierai. Nous avons déjà fait observer que dans la Bible, comme dans les auteurs profanes, ce genre de répétition a pour but de donner de la force et de l’énergie à l’expression.

Et ainsi ayant attendu avec patience, il a obtenu l’effet de cette promesse.

Car comme les hommes jurent par celui qui est plus grand qu’eux, et que le serment est la plus grande assurance qu’ils puissent donner pour terminer tous leurs différends ;

Dieu, voulant aussi faire voir avec plus de certitude aux héritiers de la promesse la fermeté immuable de sa résolution, a ajouté le serment à sa parole :

afin qu’étant appuyés sur ces deux choses inébranlables, par lesquelles il est impossible que Dieu nous trompe, nous ayons une puissante consolation, nous qui avons mis notre refuge dans la recherche et l’acquisition des biens qui nous sont proposés par l’espérance ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ces deux choses ; la promesse et le serment.

laquelle sert à notre âme comme d’une ancre ferme et assurée, et qui pénètre jusqu’au sanctuaire qui est au dedans du voile,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Et qui pénètre, etc. Notre espérance dans les promesses de Dieu pénètre au-delà du voile tendu dans le temple devant le Saint des Saints, c’est-à-dire jusqu’au ciel, représenté par le Saint des Saints.

où Jésus comme précurseur est entré pour nous, ayant été établi pontife éternel selon l’ordre de Melchisédech.