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Hébreux 12

PUIS donc que nous sommes environnés d’une si grande nuée de témoins, dégageons-nous de tout le poids de la douleur qui nous abat, et des pièges du péché qui nous assiège, et courons par la patience dans cette carrière qui nous est ouverte ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Romains, 6, 4 ; Ephésiens, 4, 22 ; Colossiens, 3, 8 ; 1 Pierre, 2, 1 ; 4, 2.

jetant les yeux sur Jésus, comme sur l’auteur et le consommateur de la foi, qui au lieu de la vie tranquille et heureuse dont il pouvait jouir, a souffert la croix en méprisant la honte et l’ignominie, et maintenant est assis à la droite du trône de Dieu.

Pensez donc en vous-mêmes à celui qui a souffert une si grande contradiction de la part des pécheurs qui se sont élevés contre lui, afin que vous ne vous découragiez point, et que vous ne tombiez pas dans l’abattement.

Car vous n’avez pas encore résisté jusqu’à répandre votre sang, en combattant contre le péché.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le péché, personnifié et présenté sous la figure d’un adversaire, d’un lutteur, dont il faut repousser les coups.

Et avez-vous oublié cette exhortation, qui s’adresse à vous comme aux enfants de Dieu : Mon fils, ne négligez pas le châtiment dont le Seigneur vous corrige, et ne vous laissez pas abattre lorsqu’il vous reprend :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Proverbes, 3, 11 ; Apocalypse, 3, 19. ― La consolation qui vous parle ; c’est-à-dire ces paroles consolantes, qui vous sont adressées dans l’Ecriture.

car le Seigneur châtie celui qu’il aime, et il frappe de verges tous ceux qu’il reçoit au nombre de ses enfants.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Tout fils qu’il reçoit au nombre de ses fils.

Ne vous lassez donc point de souffrir ; Dieu vous traite en cela comme ses enfants. Car qui est l’enfant qui ne soit point châtié par son père ?

Et si vous n’êtes point châtiés, tous les autres l’ayant été, vous n’êtes donc pas du nombre des enfants, mais des bâtards.

Si nous avons eu du respect pour les pères de notre corps, lorsqu’ils nous ont châtiés, combien plus devons-nous être soumis à celui qui est le Père des esprits, afin de jouir de la vie ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les pères de notre chair ; de notre corps.

Car quant à nos pères, ils nous châtiaient comme il leur plaisait, par rapport à une vie qui dure peu ; mais Dieu nous châtie autant qu’il est utile, pour nous rendre participants de sa sainteté.

Or tout châtiment, lorsqu’on le reçoit, semble être un sujet de tristesse, et non de joie ; mais ensuite il fait recueillir en paix les fruits de la justice à ceux qui auront été ainsi exercés.

Relevez donc vos mains languissantes, et fortifiez vos genoux affaiblis.

Conduisez vos pas par des voies droites, afin que, s’il y en a quelqu’un qui soit chancelant, il ne s’égare pas du chemin, mais plutôt qu’il se redresse.

Tâchez d’avoir la paix avec tout le monde, et de vivre dans la sainteté, sans laquelle nul ne verra Dieu ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Romains, 12, 18.

en prenant garde que quelqu’un ne manque à la grâce de Dieu ; que quelque racine amère poussant en haut ses rejetons, n’empêche la bonne semence, et ne souille l’âme de plusieurs ;

qu’il ne se trouve quelque fornicateur, ou quelque profane, comme Esaü, qui vendit son droit d’aînesse pour un seul repas.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Genèse, 25, 35. ― Pour un seul mets, un plat de lentilles.

Car vous savez qu’ayant depuis désiré d’avoir comme premier héritier la bénédiction de son père, il fut rejeté, et ne put lui faire changer de résolution, quoiqu’il l’en eût conjuré avec larmes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Genèse, 27, 38. ― Il ne trouva pas lieu au repentir de son père ; ou plus littéralement : Il ne trouva pas lieu à pénitence auprès de Dieu ; sa pénitence, quoique accompagnée de larmes, ne fut pas reçue de Dieu, parce qu’elle manquait d’autres conditions nécessaires. C’est le sens donné à ce passage par saint Jean Chrysostome, par plusieurs auteurs anciens, et par des interprètes modernes.

Considérez donc que vous ne vous êtes pas maintenant approchés d’une montagne sensible et terrestre, et d’un feu brûlant, d’un nuage obscur et ténébreux, des tempêtes et des éclairs ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 19, 12 ; 20, 21.

du son d’une trompette, et du bruit d’une voix, qui était telle que ceux qui l’entendirent, supplièrent qu’on ne leur parlât plus.

Car ils ne pouvaient porter la rigueur de cette menace : Que si une bête même touchait la montagne, elle serait lapidée.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 19, 13. ― Ce verset et le suivant forment une parenthèse.

Et Moïse dit lui-même : Je suis tout tremblant et tout effrayé ; tant ce qui paraissait était terrible.

Mais vous vous êtes approchés de la montagne de Sion, de la ville du Dieu vivant, de la Jérusalem céleste, d’une troupe innombrable d’anges,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La montagne de Sion, la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, l’Eglise.

de l’assemblée et de l’Église des premiers-nés, qui sont écrits dans le ciel ; de Dieu, qui est le juge de tous ; des esprits des justes, qui sont dans la gloire ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Parfaits ; à qui rien ne manque plus, puisqu’ils sont arrivés au ciel où est la perfection de la sainteté et de la gloire.

de Jésus, qui est le médiateur de la nouvelle alliance, et de ce sang dont on a fait l’aspersion, et qui parle plus avantageusement que celui d’Abel.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

D’une aspersion de sang, etc. ; ou selon d’autres, d’après la leçon du Grec, qui paraît la plus autorisée : D’un sang d’aspersion, lequel parle mieux que celui d’Abel.

Prenez garde de ne pas mépriser celui qui vous parle. Car si ceux qui ont méprisé celui qui leur parlait sur la terre, n’ont pu échapper la punition, nous pourrons bien moins l’éviter, si nous rejetons celui qui nous parle du ciel ;

lui dont la voix alors ébranla la terre, et qui a fait pour le temps où nous sommes une nouvelle promesse, en disant : J’ébranlerai encore une fois, non-seulement la terre, mais aussi le ciel.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Aggée, 2, 7.

Or en disant, Encore une fois, il déclare qu’il fera cesser les choses muables, comme étant faites pour un temps, afin qu’il ne demeure que celles qui sont pour toujours.

C’est pourquoi, commençant déjà à posséder ce royaume qui n’est sujet à aucun changement, conservons la grâce par laquelle nous puissions rendre à Dieu un culte qui lui soit agréable, étant accompagné de respect et d’une sainte frayeur :

car notre Dieu est un feu dévorant.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Deutéronome, 4, 24.