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2 Thessaloniciens 2

OR nous vous conjurons, mes frères, par l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ, et par notre réunion avec lui,

que vous ne vous laissiez pas légèrement ébranler dans votre premier sentiment, et que vous ne vous troubliez pas en croyant sur la foi de quelque prophétie, sur quelque discours, ou sur quelque lettre qu’on supposerait venir de nous, que le jour du Seigneur soit près d’arriver.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Par quelque esprit prétendu divin ou prophétique, par révélation qu’on prétendrait faussement avoir reçue de l’Esprit-Saint. ― « Le jour du Seigneur signifie souvent dans l’Ecriture la fin du monde, le jugement universel, où le Seigneur se montrera avec sa grandeur, sa puissance et sa justice souveraines ; mais les auteurs sacrés désignent aussi quelquefois par ce terme les grands événements dans lesquels la majesté divine se manifeste d’une manière frappante, et qui sont comme des images de la catastrophe finale. Saint Paul avertit les fidèles de Thessalonique de ne pas se laisser troubler par ceux qui annoncent que ce jour est proche, en alléguant à cet égard certaines révélations qu’ils prétendent tenir directement du ciel ou qu’ils attribuent à l’Apôtre, sinon au Sauveur lui-même. Loin de confirmer ces prédictions, saint Paul enseigne qu’on ne doit pas s’attendre à voir sitôt l’accomplissement des divins oracles. Il assure qu’il doit se produire auparavant de grands événements, « la séparation », c’est-à-dire suivant l’explication la plus commune, l’apostasie des peuples chrétiens qui se sépareront de l’Eglise, et l’apparition du « fils de perdition », de l’homme de péché, de cet ennemi du vrai Dieu, qui se fera rendre à lui-même les honneurs divins. Ce qui portait l’Apôtre à donner cet avis à ses disciples, ce n’était pas seulement le désir de leur épargner une inquiétude sans fondement, c’était surtout la prévision du péril auquel leur foi serait exposée par les déceptions qui résulteraient de semblables illusions. C’est la même raison qui a porté l’Eglise à défendre sous peine d’excommunication d’annoncer pour une époque déterminée la venue de l’Antechrist ou le jour du jugement. » (L. BACUEZ.)

Que personne ne vous séduise en quelque manière que ce soit : car ce jour ne viendra point que l’apostasie ne soit arrivée auparavant, et qu’on n’ait vu paraître l’homme de péché, cet enfant de perdition,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Ephésiens, 5, 6. ― Cette apostasie est la révolte de toutes les nations contre l’Eglise catholique, révolte qui a commencé, et qui deviendra plus générale dans les jours de l’Antechrist, à la fin des temps.

cet ennemi de Dieu, qui s’élèvera au-dessus de tout ce qui est appelé Dieu, ou qui est adoré, jusqu’à s’asseoir dans le temple de Dieu, voulant lui-même passer pour Dieu.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans le temple de Jérusalem que quelques-uns croient qu’il rebâtira, ou dans les Eglises chrétiennes qu’il consacrera à son culte, comme Mahomet a fait des églises d’Orient.

Ne vous souvient-il pas que je vous ai dit ces choses, lorsque j’étais encore avec vous ?

Et vous savez bien ce qui empêche qu’il ne vienne, afin qu’il paraisse en son temps.

Car le mystère d’iniquité se forme dès à présent ; et il reste seulement, que celui qui tient maintenant, tienne encore, jusqu’à ce qu’il soit ôté du monde.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le mystère d’iniquité, etc. Seulement, que celui qui tient la foi, qui possède la foi, la tienne, s’y tienne fortement attaché, la conserve jusqu’à la mort de l’Antechrist ; ou bien : Seulement, que celui qui retient l’Antechrist (voir verset 6), le retienne jusqu’à ce qu’il meure (ou jusqu’à ce que l’apostasie ait disparu du milieu de l’Eglise) ; car le texte grec est comme la Vulgate, susceptible de ces deux interprétations. D’autres proposent ce sens : « La puissance du mal est déjà en activité, mais avec moins d’éclat ; il faut que celui qui le retient, qui l’empêche de se développer en toute liberté, ait disparu, pour que l’Antechrist vienne (…) L’enseignement oral de Paul avait rendu ce passage aussi clair pour les Thessaloniciens qu’il est resté obscur pour nous. Des centaines d’interprétations ont été proposées. » (CRAMPON, 1885)

Et alors se découvrira l’impie, que le Seigneur Jésus détruira par le souffle de sa bouche, et qu’il perdra par l’éclat de sa présence :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Isaïe, 11, 4.

cet impie qui doit venir, accompagné de la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges trompeurs,

et avec toutes les illusions qui peuvent porter à l’iniquité ceux qui périssent, parce qu’ils n’ont pas reçu et aimé la vérité pour être sauvés.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Une opération d’erreur. Dieu permettra qu’ils soient réduits et trompés par des prodiges mensongers, en punition de ce qu’ils n’ont pas entretenu l’amour de vérité.

C’est pourquoi Dieu leur enverra des illusions si efficaces, qu’ils croiront au mensonge ;

afin que tous ceux qui n’ont point cru la vérité, mais qui ont consenti à l’iniquité, soient condamnés.

Quant à nous, mes frères chéris du Seigneur, nous nous sentons obligés de rendre pour vous à Dieu de continuelles actions de grâces, de ce qu’il vous a choisis comme des prémices, pour vous sauver par la sanctification de l’Esprit, et par la foi de la vérité ;

vous appelant à cet état par notre Évangile, pour vous faire acquérir la gloire de notre Seigneur Jésus-Christ.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’Apôtre donne ici la même autorité à ce qu’il a enseigné, soit de vive voix, soit par écrit. C’est pour cela que l’Eglise reçoit avec le même respect les vérités renfermées dans les Ecritures, et celles qui sont venue des Apôtres jusqu’à nous par le canal de la tradition.

C’est pourquoi, mes frères, demeurez fermes, et conservez les traditions que vous avez apprises, soit par nos paroles, soit par notre lettre.

Que notre Seigneur Jésus-Christ, et Dieu, notre Père, qui nous a aimés, et qui nous a donné par sa grâce une consolation éternelle et une si heureuse espérance,

console lui-même vos cœurs, et vous affermisse dans toutes sortes de bonnes œuvres, et dans la bonne doctrine !