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Philippiens 3
AU reste, mes frères, réjouissez-vous en notre Seigneur. Il ne m’est pas pénible, et il vous est avantageux que je vous écrive les mêmes choses.
Gardez-vous des chiens, gardez-vous des mauvais ouvriers, gardez-vous des faux circoncis.
Car c’est nous qui sommes les vrais circoncis, puisque nous servons Dieu en esprit, et que nous nous glorifions en Jésus-Christ, sans nous flatter d’aucun avantage charnel.
Ce n’est pas que je ne puisse prendre moi-même avantage de ce qui n’est que charnel ; et si quelqu’un croit pouvoir le faire, je le puis encore plus que lui :
ayant été circoncis au huitième jour, étant de la race d’Israël, de la tribu de Benjamin, né Hébreu, de pères hébreux ; pour ce qui est de la manière d’observer la loi, ayant été pharisien ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Actes des Apôtres, 23, 6. ― Hébreu de pères hébreux ; c’est-à-dire de pères non hellénistes, ou qui ne s’étaient pas mêlés avec les Grecs, avaient conservé la langue même de leurs pères. Comparer à Actes des Apôtres, 6, 1.
pour ce qui est du zèle du judaïsme, en ayant eu jusqu’à persécuter l’Église ; et pour ce qui est de la justice de la loi, ayant mené une vie irréprochable.
Mais ce que je considérais alors comme un gain et un avantage, m’a paru depuis, en regardant Jésus-Christ, un désavantage et une perte.
Je dis plus : Tout me semble une perte au prix de cette haute connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur, pour l’amour duquel je me suis privé de toutes choses, les regardant comme des ordures, afin que je gagne Jésus-Christ ;
que je sois trouvé en lui, n’ayant point une justice qui me soit propre, et qui me soit venue de la loi ; mais ayant celle qui naît de la foi en Jésus-Christ, cette justice qui vient de Dieu par la foi ;
et que je connaisse Jésus-Christ, avec la vertu de sa résurrection, et la participation de ses souffrances, étant rendu conforme à sa mort,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La vertu, la puissance de sa Résurrection par rapport aux fidèles : elle leur donne la certitude de leur réconciliation avec Dieu, et le gage de leur propre résurrection. ― La communion, etc. Souffrir pour Jésus-Christ, c’est boire à son calice, participer à ses souffrances, et mériter d’avoir part à sa résurrection glorieuse.
pour tâcher enfin de parvenir à la bienheureuse résurrection des morts.
Ce n’est pas que j’aie déjà reçu ce que j’espère, ou que je sois déjà parfait ; mais je poursuis ma course, pour tâcher d’atteindre où Jésus-Christ m’a destiné en me prenant.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le but, etc., littéralement : Ce en quoi, pour quoi j’ai été pris, saisi. L’Apôtre fait allusion à ce qui lui est arrivé sur le chemin de Damas. Voir Actes des Apôtres, 9, verset 2 et suivants.
Mes frères, je ne pense point avoir encore atteint ou je tends ; mais tout ce que je fais maintenant, c’est qu’oubliant ce qui est derrière moi, et m’avançant vers ce qui est devant moi,
je cours incessamment vers le bout de la carrière, pour remporter le prix de la félicité du ciel, à laquelle Dieu nous a appelés par Jésus-Christ.
Tout ce que nous sommes donc de parfaits, soyons dans ce sentiment ; et si en quelque point vous pensez autrement, Dieu vous découvrira aussi ce que vous devez en croire.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ce sentiment, ceux que je viens d’exprimer en parlant de moi-même, savoir que nous n’avons pas encore atteint la perfection et que nous devons toujours y tendre. ― Dieu vous éclairera : quel ménagement pour ses lecteurs !
Cependant pour ce qui regarde les points à l’égard desquels nous sommes parvenus à être dans les mêmes sentiments, demeurons tous dans la même règle.
Mes frères, rendez-vous mes imitateurs, et proposez-vous l’exemple de ceux qui se conduisent selon le modèle que vous avez vu en nous.
Car il y en a plusieurs dont je vous ai souvent parlé, et dont je vous parle encore avec larmes, qui se conduisent en ennemis de la croix de Jésus-Christ ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Romains, 16, 17. ― Il y en a beaucoup…, non plus les docteurs judaïsants du verset 2, mais des chrétiens qui menaient une vie molle et efféminée.
qui auront pour fin la damnation, qui font leur Dieu de leur ventre, qui mettent leur gloire dans leur propre honte, et qui n’ont de pensées et d’affections que pour la terre.
Mais pour nous, nous vivons déjà dans le ciel, comme en étant citoyens ; et c’est de là aussi que nous attendons le Sauveur, notre Seigneur Jésus-Christ ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Notre vie est dans les cieux ; nous vivons déjà dans les cieux en esprit, par nos sentiments et notre espérance.
qui transformera notre corps tout vil et abject qu’il est, afin de le rendre conforme à son corps glorieux, par cette vertu efficace par laquelle il peut s’assujettir toutes choses.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Comparer avec Romains, 8, 19-23.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Des chiens. Jésus-Christ traitait les gentils de chiens, à cause de la corruption de leurs mœurs (voir Matthieu, 15, 26) ; saint Paul appelle ainsi les faux apôtres, soit à cause de l’impudence et de l’acharnement avec lequel ils déchiraient par leurs médisances les vrais apôtres de Jésus-Christ, soit parce qu’après avoir quitté le judaïsme pour devenir chrétiens, ils y revenaient, en quelque sorte, en voulant conserver la circoncision et les autres pratiques de la loi, imitant en cela les chiens, qui reviennent à ce qu’ils ont vomi, comme il est dit à Proverbes, 26, 11. ― De la mutilation, ou du retranchement ; terme de mépris par lequel l’Apôtre désigne les mêmes Juifs qui soutenaient la nécessité de la circoncision.