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Philippiens 2

SI donc il y a quelque consolation en Jésus-Christ ; s’il y a quelque douceur et quelque soulagement dans la charité ; s’il y a quelque union dans la participation d'un même esprit ; s’il y a quelque tendresse et quelque compassion parmi nous,

rendez ma joie parfaite, vous tenant tous unis ensemble, n’ayant tous qu’un même amour, une même âme, et les mêmes sentiments ;

en sorte que vous ne fassiez rien par un esprit de contention ou de vaine gloire ; mais que chacun par humilité croie les autres au-dessus de soi.

Que chacun ait égard, non à ses propres intérêts, mais à ceux des autres.

Soyez dans la même disposition et dans le même sentiment où a été Jésus-Christ ;

qui, ayant la forme et la nature de Dieu, n’a point cru que ce fût pour lui une usurpation d’être égal à Dieu ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La forme de Dieu, c’est l’être, la nature de Dieu.

mais il s’est anéanti lui-même en prenant la forme et la nature de serviteur, en se rendant semblable aux hommes, et étant reconnu pour homme par tout ce qui a paru de lui au dehors.

Il s’est rabaissé lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, et jusqu’à la mort de la croix.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Hébreux, 2, 9.

C’est pourquoi Dieu l’a élevé par-dessus toutes choses, et lui a donné un nom qui est au-dessus de tout nom :

afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans le ciel, sur la terre, et dans les enfers ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Isaïe, 45, 24 ; Romains, 14, 11.

et que toute langue confesse que le Seigneur Jésus-Christ est dans la gloire de Dieu, son Père.

Ainsi, mes chers frères, comme vous avez toujours été obéissants, ayez soin, non-seulement lorsque je suis présent parmi vous, mais encore plus maintenant que je suis absent, d’opérer votre salut avec crainte et tremblement.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Opérez votre salut, etc. ; c’est-à-dire défiez-vous de vous-mêmes, et attendez tout secours du ciel, de la protection divine.

Car c’est Dieu qui opère en vous et le vouloir et le faire, selon qu’il lui plaît.

Faites donc toutes choses sans murmures et sans disputes ;

afin que vous soyez irrépréhensibles et sincères, et qu’étant enfants de Dieu, vous soyez sans tache au milieu d’une nation dépravée et corrompue, parmi laquelle vous brillez comme des astres dans le monde ;

Commentaire (versets 14 à 15) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 14 à 15 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Murmures contre Dieu, à cause de la sévérité de ses commandements, des épreuves auxquelles il laissait en butte les premiers chrétiens, etc.

portant en vous la parole de vie, pour m’être un sujet de gloire au jour de Jésus-Christ, comme n’ayant pas couru en vain, ni travaillé en vain.

Mais quand même je devrais répandre mon sang sur la victime et le sacrifice de votre foi, je m’en réjouirais en moi-même, et je m’en conjouirais avec vous tous ;

et vous devriez aussi vous en réjouir, et vous en conjouir avec moi.

J’espère qu’avec la grâce du Seigneur Jésus, je vous enverrai bientôt Timothée, afin que je sois aussi consolé apprenant de vos nouvelles ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Actes des Apôtres, 16, 1.

n’ayant personne qui soit autant que lui uni avec moi d’esprit et de cœur, ni qui se porte plus sincèrement à prendre soin de ce qui vous touche :

car tous cherchent leurs propres intérêts, et non ceux de Jésus-Christ.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 1 Corinthiens, 13, 5.

Or vous savez déjà l’épreuve que j’ai faite de lui, puisqu’il a servi avec moi dans la prédication de l’Évangile, comme un fils sert à son père.

J’espère donc vous l’envoyer aussitôt que j’aurai mis ordre à ce qui me regarde ;

et je me promets aussi de la bonté du Seigneur, que j’irai moi-même vous voir bientôt.

Cependant j’ai cru qu’il était nécessaire de vous renvoyer mon frère Épaphrodite, qui est mon aide dans mon ministère, et mon compagnon dans mes combats, qui est votre apôtre, et qui m’a servi dans mes besoins :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Epaphrodite était un Philippien que ses compatriotes avaient envoyé à Rome pour y porter des aumônes à saint Paul prisonnier. Là il avait été très malade. Après sa guérison, il fut chargé par l’Apôtre de porter à Philippes la présente Epître.

parce qu’il désirait de vous voir tous ; et il était fort en peine de ce que vous aviez su sa maladie.

Car il a été en effet malade jusqu’à la mort : mais Dieu a eu pitié de lui ; et non-seulement de lui, mais aussi de moi, afin que je n’eusse pas affliction sur affliction.

C’est pourquoi je me suis hâté de vous le renvoyer, pour vous donner la joie de le revoir, et pour me tirer moi-même de peine.

Recevez-le donc avec toute sorte de joie en notre Seigneur, et honorez de telles personnes.

Car il s’est vu tout proche de la mort pour avoir voulu servir à l’œuvre de Jésus-Christ, exposant sa vie afin de suppléer par son assistance à celle que vous ne pouviez me rendre vous-mêmes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Livrant son âme. On a pu remarquer déjà plusieurs fois que dans l’Ecriture l’âme se prend souvent aussi pour la vie, la personne. Comparer à Matthieu, 10, 39.