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Galates 6
MES frères, si quelqu’un est tombé par surprise en quelque péché, vous autres qui êtes spirituels, ayez soin de le relever dans un esprit de douceur ; chacun de vous faisant réflexion sur soi-même, et craignant d’être tenté aussi bien que lui.
Portez les fardeaux les uns des autres ; et vous accomplirez ainsi la loi de Jésus-Christ.
Car si quelqu’un s’estime être quelque chose, il se trompe lui-même, parce qu’il n’est rien.
Or que chacun examine bien ses propres actions ; et alors il trouvera sa gloire en ce qu’il verra de bon dans lui-même, et non point en se comparant avec les autres.
Car chacun portera son propre fardeau.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Corinthiens, 3, 8. ― Chacun portera son fardeau. Cette maxime n’est nullement en opposition avec celle du verset 1, qui a rapport au monde présent dans lequel les hommes doivent, en bons frères, s’aider mutuellement de leurs conseils, supporter leurs faiblesses et leurs imperfections mutuelles ; elle se rapporte évidemment au jugement de Dieu, où chacun recevra le prix de ses propres œuvres, bonnes ou mauvaises, et rendra compte non de ce que son frère aurait fait, mais de ce qu’il aura fait lui-même, sans que les fautes d’autrui puissent justifier les siennes.
Que celui que l’on instruit dans les choses de la foi, assiste de ses biens en toutes manières celui qui l’instruit.
Ne vous trompez pas, on ne se moque point de Dieu.
L’homme ne recueillera que ce qu’il aura semé : car celui qui sème dans sa chair, recueillera de la chair la corruption et la mort ; et celui qui sème dans l’esprit, recueillera de l’esprit la vie éternelle.
Ne nous lassons donc point de faire le bien, puisque si nous ne perdons point courage, nous en recueillerons le fruit en son temps.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 2 Thessaloniciens, 3, 13.
C’est pourquoi, pendant que nous en avons le temps, faisons du bien à tous, mais principalement à ceux qu’une même foi a rendus comme nous domestiques du Seigneur.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Faisons du bien, etc. L’Apôtre n’exempte personne de faire du bien au prochain. Ainsi la différence de religion ne saurait être un titre qui nous exempte de faire du bien à ceux qui n’appartiennent pas à notre communion, quoique dans la distribution de nos charités et de nos aumônes nous devions, comme le dit saint Ambroise, commencer par ceux qui nous sont unis par les liens d’une même loi.
Voyez quelle lettre je vous ai écrite de ma propre main.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voyez quelle lettre, etc. ; c’est-à-dire, selon le Grec, quelle longue lettre. Saint Paul dictait et souscrivait ordinairement ses lettres. C’est pourquoi il fait remarquer aux Galates que celle qu’il leur adresse, est écrite de sa propre main ; par où ils peuvent voir l’amour tout particulier qu’il leur porte.
Tous ceux qui mettent leur gloire en des cérémonies charnelles, ne vous obligent à vous faire circoncire, qu’afin de n’être point eux-mêmes persécutés pour la croix de Jésus-Christ.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Plaire selon la chair, c’est-à-dire gagner, par des moyens flatteurs, des paroles hypocrites, l’approbation des hommes. ― Persécutés pour la croix du Christ, comme ils le seraient certainement s’ils prêchaient que la croix est l’unique source de notre salut.
Car eux-mêmes qui sont circoncis, ne gardent point la loi ; mais ils veulent que vous receviez la circoncision, afin qu’ils se glorifient en votre chair.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Pensée : ce n’est pas l’amour de la Loi, mais l’hypocrisie et l’orgueil qui les inspirent. ― Se glorifier auprès des Juifs de vous avoir fait circoncire.
Pour moi, à Dieu ne plaise que je me glorifie en autre chose qu’en la croix de notre Seigneur Jésus-Christ, par qui le monde est mort et crucifié pour moi, comme je suis mort et crucifié pour le monde !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans la croix, comme unique fondement du salut. ― Par qui tout lien entre le monde et moi est brisé ; le monde étant mort pour moi, je n’ai plus ni à le craindre ni à rechercher sa faveur.
Car en Jésus-Christ la circoncision ne sert de rien, ni l’incirconcision, mais l’être nouveau que Dieu crée en nous.
Je souhaite la paix et la miséricorde à tous ceux qui se conduiront selon cette règle, et à l’Israël de Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’Israël de Dieu ; le véritable Israël, c’est-à-dire tous ceux qui sont les vrais Israélites par l’esprit de foi.
Au reste, que personne ne me cause de nouvelles peines : car je porte imprimées sur mon corps les marques du Seigneur Jésus.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Je porte, etc. Anciennement on imprimait sur le corps des soldats et des serviteurs certains caractères pour les distinguer. ― Les stigmates, les marques que porte saint Paul, serviteur de Jésus-Christ, ce sont les cicatrices des plaies, des blessures, des souffrances qu’il a endurées pour son maître. Voir 2 Corinthiens, 11, 23-27.
Que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, mes frères, demeure avec votre esprit ! Amen !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Spirituels. Voir 1 Corinthiens, 2, 14-15. ― Regardant à toi-même. Ce passage brusque d’un nombre à un autre se rencontre assez fréquemment dans les écrivains sacrés.