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2 Corinthiens 5
AUSSI nous savons que si cette maison de terre où nous habitons vient à se dissoudre, Dieu nous donnera dans le ciel une autre maison, une maison qui ne sera point faite de main d’homme, et qui durera éternellement.
C’est ce qui nous fait soupirer dans le désir que nous avons d’être revêtus de la gloire de cette maison céleste qui nous est destinée, comme d’un second vêtement ;
si toutefois nous sommes trouvés vêtus, et non pas nus.
Car pendant que nous sommes dans ce corps comme dans une tente, nous soupirons sous sa pesanteur ; parce que nous ne désirons pas d’en être dépouillés, mais d’être revêtus par-dessus, en sorte que ce qu’il y a de mortel en nous, soit absorbé par la vie.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Parce que nous ne désirons pas précisément nous voir dépouillés de notre corps par la mort, mais parce que nous souhaitons de revêtir par-dessus ce corps une gloire telle, que tout ce qu’il y a de mortel en nous soit absorbé par l’immortalité.
Or c’est Dieu qui nous a formés pour cet état d’immortalité, et qui nous a donné pour arrhes son Esprit.
Nous sommes donc toujours pleins de confiance ; et comme nous savons que pendant que nous habitons dans ce corps, nous sommes éloignés du Seigneur et hors de notre patrie ;
(parce que nous marchons vers lui par la foi, et que nous n’en jouissons pas encore par la claire vue ; )
dans cette confiance que nous avons, nous aimons mieux sortir de la maison de ce corps, pour aller habiter avec le Seigneur.
C’est pourquoi toute notre ambition est d’être agréables à Dieu, soit que nous habitions dans le corps, ou que nous en sortions pour aller à lui.
Car nous devons tous comparaître devant le tribunal de Jésus-Christ, afin que chacun reçoive ce qui est dû aux bonnes ou aux mauvaises actions qu’il aura faites pendant qu’il était revêtu de son corps.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Romains, 14, 10. ― Ce qui est dû à son corps ; c’est-à-dire ce qui lui est dû pour le bien ou le mal qu’il a fait pendant qu’il était dans son corps.
Sachant donc combien le Seigneur est redoutable, nous tâchons de persuader les hommes de notre innocence : mais Dieu connaît qui nous sommes ; et je veux croire que nous sommes aussi connus de vous dans le secret de votre conscience.
Nous ne prétendons point nous relever encore ici nous-mêmes à votre égard, mais seulement vous donner occasion de vous glorifier à notre sujet ; afin que vous puissiez répondre à ceux qui mettent leur gloire dans ce qui paraît, et non dans ce qui est au fond du cœur.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qui se glorifient, etc. ; c’est-a-dire au dehors, vis-à-vis des autres, mais non point dans leur intérieur, en eux-mêmes. Ou bien, en supposant un genre d’ellipse commun aux écrivains sacrés : Ils mettent leur gloire dans ce qui paraît à l’extérieur, et non dans ce qui est dans le cœur.
Car soit que nous soyons emportés comme hors de nous-mêmes, c’est pour Dieu ; soit que nous nous tempérions, c’est pour vous :
parce que l’amour de Jésus-Christ nous presse ; considérant que si un seul est mort pour tous, donc tous sont morts ;
et en effet Jésus-Christ est mort pour tous, afin que ceux qui vivent, ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et qui est ressuscité pour eux.
Commentaire (versets 14 à 15) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 14 à 15 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
L’amour que Jésus-Christ nous a témoigné en mourant à notre place, nous presse de n’avoir en vue de toutes choses que Dieu et vous. ― Tous doivent se regarder comme morts en lui, et réaliser en eux-mêmes cette mort du Christ, en s’unissant à lui par la foi et l’amour. ― Qui vivent de la vie de la grâce. Pour la pensée, comparer à Romains, 14, verset 7 et suivants.
C’est pourquoi nous ne connaissons plus désormais personne selon la chair ; et si nous avons connu Jésus-Christ selon la chair, maintenant nous ne le connaissons plus de cette sorte.
Si donc quelqu’un est en Jésus-Christ, il est devenu une nouvelle créature ; ce qui était devenu vieux est passé, et tout est devenu nouveau :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Isaïe, 43, 19 ; Apocalypse, 21, 5.
et le tout vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui-même par Jésus-Christ, et qui nous a confié le ministère de la réconciliation.
Car c’est Dieu qui a réconcilié le monde avec soi en Jésus-Christ, ne leur imputant point leurs péchés ; et c’est lui qui a mis en nous la parole de réconciliation.
Nous faisons donc la fonction d’ambassadeurs pour Jésus-Christ, et c’est Dieu même qui vous exhorte par notre bouche. Ainsi nous vous conjurons, au nom de Jésus-Christ, de vous réconcilier avec Dieu ;
puisque pour l’amour de nous il a rendu victime pour le péché celui qui ne connaissait point le péché, afin qu’en lui nous devinssions justes de la justice de Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il l’a rendu péché ; c’est-à-dire il l’a traité comme s’il eût été le péché même. La bonté même de Dieu doit nous porter à nous réconcilier avec lui. Jésus-Christ qui était sans péché, Dieu l’a fait le péché personnifié, l’a traité comme l’unique pécheur, afin de détruire le péché par sa mort. ― Justice de Dieu ; c’est-à-dire justes de Dieu, reconnus justes par Dieu. Comparer, pour l’expression grammaticale, à 2 Corinthiens, 3, 9 ; et, pour le sens de la pensée de l’Apôtre, à Romains, 3, verset 21 et suivants ; 4, verset 6 et suivants.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Apocalypse, 16, 15.