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2 Corinthiens 10

MAIS moi, Paul, moi-même qui vous parle, je vous conjure par la douceur et la modestie de Jésus-Christ : moi qui, selon quelques-uns, étant présent parais bas et méprisable parmi vous ; au lieu qu’étant absent j’agis envers vous avec hardiesse :

je vous prie, que quand je serai présent je ne sois point obligé d’user avec confiance de cette hardiesse qu’on m’attribue ; d’en user, dis-je, envers quelques-uns qui s’imaginent que nous nous conduisons selon la chair.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Que nous marchons ; c’est-à-dire que nous conduisons, nous vivons.

Car encore que nous vivions dans la chair, nous ne combattons pas selon la chair.

Les armes de notre milice ne sont point charnelles, mais puissantes en Dieu, pour renverser les remparts qu’on leur oppose ; et c’est par ces armes que nous détruisons les raisonnements humains,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les armes de la milice des Apôtres étaient la connaissance que Dieu leur donnait des vérités de l’Evangile, l’autorité spirituelle dont il les avait revêtus, et le don des miracles.

et tout ce qui s’élève avec hauteur contre la science de Dieu ; et que nous réduisons en servitude tous les esprits, pour les soumettre à l’obéissance de Jésus-Christ ;

ayant en notre main le pouvoir de punir tous les désobéissants, lorsque vous aurez satisfait à tout ce que l’obéissance demande de vous.

Jugez au moins des choses selon l’apparence. Si quelqu’un se persuade en lui-même qu’il est à Jésus-Christ, il doit aussi considérer en lui-même que comme il est à Jésus-Christ, nous sommes aussi à Jésus-Christ.

Car quand je me glorifierais un peu davantage de la puissance que le Seigneur m’a donnée pour votre édification, et non pour votre destruction, je n’aurais pas sujet d’en rougir.

Mais afin qu’il ne semble pas que nous voulions vous étonner par des lettres :

(parce que les lettres de Paul, disent-ils, sont graves et fortes ; mais lorsqu’il est présent il paraît bas en sa personne, et méprisable en son discours : )

que celui qui est dans ce sentiment, considère qu’étant présents, nous nous conduisons dans nos actions de la même manière que nous parlons dans nos lettres étant absents.

Car nous n’osons pas nous mettre au rang de quelques-uns qui se relèvent eux-mêmes, ni nous comparer à eux ; mais nous nous mesurons sur ce que nous sommes véritablement en nous, et nous ne nous comparons qu’avec nous-mêmes.

Et ainsi quant à nous, nous ne nous glorifierons point démesurément ; mais nous renfermant dans les bornes du partage que Dieu nous a donné, nous nous glorifierons d’être parvenus jusqu’à vous.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Ephésiens, 4, 7. ― Le mot grec rendu dans la Vulgate par règle, signifie aussi espace, lieu mesuré ; de là, portion, partage. Saint Paul veut dire qu’il ne se vantera pas d’avoir parcouru le monde entier pour y prêcher l’Evangile, d’avoir converti des millions d’hommes, etc., mais qu’il se glorifie de sa mission, qui s’est étendue seulement jusqu’à Corinthe.

Car nous ne nous étendons pas au delà de ce que nous devons, comme si nous n’étions pas parvenus jusqu’à vous, puisque nous sommes arrivés jusqu’à vous en prêchant l’Évangile de Jésus-Christ.

Nous ne nous relevons donc point démesurément, en nous attribuant les travaux des autres ; mais nous espérons que votre foi croissant toujours de plus en plus, nous étendrons beaucoup en vous notre partage,

et que nous prêcherons l’Évangile aux nations mêmes qui sont au delà de vous, sans entreprendre sur le partage d’un autre, en nous glorifiant d’avoir bâti sur ce qu’il aurait déjà préparé.

Que celui donc qui se glorifie, ne se glorifie que dans le Seigneur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Jérémie, 9, 23 ; 1 Corinthiens, 1, 31.

Car ce n’est pas celui qui se rend témoignage à soi-même qui est vraiment estimable ; mais c’est celui à qui Dieu rend témoignage.