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1 Corinthiens 15

JE vais maintenant, mes frères, vous remettre devant les yeux l’Évangile que je vous ai prêché, que vous avez reçu, dans lequel vous demeurez fermes,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Galates, 1, 11.

et par lequel vous serez sauvés ; si toutefois vous l’avez retenu comme je vous l’ai annoncé, et si ce n’est pas en vain que vous avez embrassé la foi.

Car, premièrement, je vous ai enseigné, et comme donné en dépôt ce que j’avais moi-même reçu ; savoir : Que Jésus-Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Isaïe, 53, 5.

qu’il a été enseveli, et qu’il est ressuscité le troisième jour, selon les mêmes Écritures ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Jonas, 2, 1.

qu’il s’est fait voir à Céphas, puis aux onze apôtres ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Jean, 20, 19. ― De Céphas, etc. ; c’est-à-dire de Pierre et des onze apôtres. Saint Paul considère ici le nombre ancien et ordinaire des apôtres avant l’apostasie de Judas.

qu’après il a été vu en une seule fois de plus de cinq cents frères, dont il y en a plusieurs qui vivent encore aujourd’hui, et quelques-uns sont déjà morts ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Se sont endormis ; sont morts. Comparer à 1 Corinthiens, 7, 39. ― Cette apparition n’est pas racontée dans les Evangiles.

qu’ensuite il s’est fait voir à Jacques, puis à tous les apôtres,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

De Jacques le Mineur, cousin de Notre Seigneur, premier évêque de Jérusalem.

et qu’enfin après tous les autres, il s’est fait voir à moi-même, qui ne suis qu’un avorton.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Actes des Apôtres, 9, 3.

Car je suis le moindre des apôtres ; et je ne suis pas digne d’être appelé apôtre, parce que j’ai persécuté l’Église de Dieu.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Ephésiens, 3, 8.

Mais c’est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis, et sa grâce n’a point été stérile en moi : mais j’ai travaillé plus que tous les autres ; non pas moi toutefois, mais la grâce de Dieu qui est avec moi.

Ainsi, soit que ce soit moi, soit que ce soit eux qui vous prêchent, voilà ce que nous prêchons, et voilà ce que vous avez cru.

Puis donc qu’on vous a prêché que Jésus-Christ est ressuscité d’entre les morts, comment se trouve-t-il parmi vous des personnes qui osent dire que les morts ne ressuscitent point ?

Si les morts ne ressuscitent point, Jésus-Christ n’est donc point ressuscité :

et si Jésus-Christ n’est point ressuscité, notre prédication est vaine, et votre foi est vaine aussi.

Nous sommes même convaincus d’être de faux témoins à l’égard de Dieu ; comme ayant rendu ce témoignage contre Dieu même, qu’il a ressuscité Jésus-Christ, tandis que néanmoins il ne l’a pas ressuscité, si les morts ne ressuscitent point.

Car si les morts ne ressuscitent point, Jésus-Christ n’est point non plus ressuscité.

Si Jésus-Christ n’est point ressuscité, votre foi est donc vaine : vous êtes encore engagés dans vos péchés :

ceux qui sont morts en Jésus-Christ, sont donc péris sans ressource !

Si nous n’avions d’espérance en Jésus-Christ que pour cette vie, nous serions les plus misérables de tous les hommes.

Mais maintenant Jésus-Christ est ressuscité d’entre les morts, et il est devenu les prémices de ceux qui dorment.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Colossiens, 1, 18 ; Apocalypse, 1, 5.

Ainsi, parce que la mort est venue par un homme, la résurrection des morts doit venir aussi par un homme.

Car comme tous meurent en Adam, tous revivront aussi en Jésus-Christ ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

En Adam, par suite de la punition infligée à Adam, à cause de son péché.

et chacun en son rang : Jésus-Christ le premier, comme les prémices de tous ; puis ceux qui sont à lui, qui ont cru en son avènement.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 1 Thessaloniciens, 4, 15.

Ensuite viendra la consommation de toutes choses, lorsqu’il aura remis son royaume à Dieu, son Père, et qu’il aura détruit tout empire, toute domination et toute puissance.

Car Jésus-Christ doit régner jusqu’à ce que son Père lui ait mis tous ses ennemis sous les pieds.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Psaumes, 109, 1 ; Hébreux, 1, 13 ; 10, 13.

Or la mort sera le dernier ennemi qui sera détruit. Car l’Écriture dit que Dieu lui a mis tout sous les pieds, et lui a tout assujetti. Et quand elle dit

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Psaumes, 8, 8 ; Hébreux, 2, 8.

que tout lui est assujetti, il est indubitable qu’il faut en excepter celui qui lui a assujetti toutes choses.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Tout lui a été soumis. C’est la répétition, mais en d’autres termes, de la citation de Psaumes, 109, 1 faite au verset 25.

Lors donc que toutes choses auront été assujetties au Fils, alors le Fils sera lui-même assujetti à celui qui lui aura assujetti toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous.

Autrement que feront ceux qui se font baptiser pour les morts, s’il est vrai que les morts ne ressuscitent point ? Pourquoi se font-ils baptiser pour les morts ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Du temps de saint Paul, il y avait des hérétiques et peut-être même des fidèles peu instruits qui se faisaient baptiser pour les morts qui n’avaient pas reçu le baptême pendant leur vie. Sans approuver cette pratique, l’Apôtre en tire une preuve contre eux, en montrant qu’elle suppose nécessairement l’immortalité de l’âme, et par conséquent la résurrection des corps, parce que ces deux dogmes sont inséparables.

Et pourquoi nous-mêmes nous exposons-nous à toute heure à tant de périls ?

Il n’y a point de jour que je ne meure, je vous en assure, mes frères, par la gloire que je reçois de vous en Jésus-Christ notre Seigneur.

Si, pour parler à la manière des hommes, j’ai combattu à Éphèse contre des bêtes farouches, quel avantage en tirerai-je, si les morts ne ressuscitent point ? Ne pensons qu’à boire et à manger, puisque nous mourrons demain !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Sagesse, 2, 6 ; Isaïe, 22, 13 et 56, 12. ― A Ephèse. Voir Actes des Apôtres, 18, 19. Saint Paul écrivit d’Ephèse la présente Epître. ― Contre les bêtes, expression métaphorique pour désigner des hommes aussi cruels que des animaux féroces.

Ne vous laissez pas séduire : les mauvais entretiens gâtent les bonnes mœurs.

Justes, tenez-vous dans la vigilance, et gardez-vous du péché : car il y en a quelques-uns parmi vous qui ne connaissent point Dieu : je vous le dis pour vous faire honte.

Mais quelqu’un me dira : En quelle manière les morts ressusciteront-ils, et quel sera le corps dans lequel ils reviendront ?

Insensé que vous êtes ! ne voyez-vous pas que ce que vous semez ne reprend point vie s’il ne meurt auparavant ?

Et quand vous semez, vous ne semez pas le corps de la plante qui doit naître, mais la graine seulement, comme du blé, ou de quelque autre chose.

Après quoi Dieu lui donne un corps tel qu’il lui plaît ; et il donne à chaque semence le corps qui est propre à chaque plante.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Comme il veut, « ou comme il l’a voulu, au jour de la création, lorsque sa volonté toute puissante imposa à la nature ses lois. Paul montre ensuite, par la diversité des organismes qui existent dans la nature, qu’il peut y avoir une grande différence entre le corps dans son existence terrestre et le corps ressuscité. » (CRAMPON)

Toute chair n’est pas la même chair ; mais autre est la chair des hommes, autre la chair des bêtes, autre celle des oiseaux, autre celle des poissons.

Il y a aussi des corps célestes et des corps terrestres ; mais les corps célestes ont un autre éclat que les corps terrestres.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La gloire ; c’est-à-dire l’éclat.

Le soleil a son éclat, qui diffère de l’éclat de la lune, comme l’éclat de la lune diffère de l’éclat des étoiles ; et entre les étoiles, l’une est plus éclatante que l’autre.

Il en arrivera de même dans la résurrection des morts. Le corps comme une semence est maintenant mis en terre plein de corruption, et il ressuscitera incorruptible ;

il est mis en terre tout difforme, et il ressuscitera tout glorieux ; il est mis en terre privé de mouvement, et il ressuscitera plein de vigueur ;

il est mis en terre comme un corps animal, et il ressuscitera comme un corps spirituel. Comme il y a un corps animal, il y a aussi un corps spirituel ; selon qu’il est écrit :

Adam, le premier homme, a été créé avec une âme vivante ; et le second Adam a été rempli d’un esprit vivifiant.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Genèse, 2, 7. ― Fait âme vivante ; littéralement, en âme vivante ; hébraïsme. Comparer à 1 Corinthiens, 4, 22. ― Le dernier Adam, Jésus-Christ.

Mais ce n’est pas le corps spirituel qui a été formé le premier ; c’est le corps animal, et ensuite le spirituel.

Le premier homme est le terrestre, formé de la terre ; et le second homme est le céleste, qui est venu du ciel.

Comme le premier homme a été terrestre, ses enfants aussi sont terrestres ; et comme le second homme est céleste, ses enfants aussi sont célestes.

Comme donc nous avons porté l’image de l’homme terrestre, portons aussi l’image de l’homme céleste.

Je veux dire, mes frères, que la chair et le sang ne peuvent posséder le royaume de Dieu, et que la corruption ne possédera point cet héritage incorruptible.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La chair et le sang signifient l’homme animal, l’homme de péché.

Voici un mystère que je vais vous dire : Nous ressusciterons tous, mais nous ne serons pas tous changés.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Mais nous ne serons pas tous changés. En effet, les corps des réprouvés, loin de recevoir la transformation qui fera la gloire de ceux des saints, resteront, comme ils étaient, un objet d’horreur et de dégoût, en même temps qu’un sujet de toutes sortes de douleurs pour les âmes auxquelles ils seront attachés.

En un moment, en un clin d’œil, au son de la dernière trompette (car la trompette sonnera), les morts alors ressusciteront en un état incorruptible ; et nous serons changés.

Car il faut que ce corps corruptible soit revêtu de l’incorruptibilité, et que ce corps mortel soit revêtu de l’immortalité.

Et quand ce corps mortel aura été revêtu de l’immortalité, alors cette parole de l’Écriture sera accomplie : La mort est absorbée par la victoire.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Osée, 13, 14. ― Cette parole qui est écrite ; cette parole qui fait partie de l’Ecriture sainte, cette parole de l’Ecriture. Ce passage est d’Isaïe, 25, 8. Mais remarquons que la même expression hébraïque que saint Jérôme a traduite dans Isaïe par pour toujours, a été rendue dans la version grecque d’Aquila par pour victoire, en victoire, et que c’est le sens qu’elle a en chaldéen. En mourant pour nous Jésus-Christ a vaincu la mort et l’a détruite pour toujours.

Ô mort ! où est ta victoire ? Ô mort ! où est ton aiguillon ?

Or le péché est l’aiguillon de la mort ; et la loi est la force du péché.

C’est pourquoi rendons grâces à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Jean, 5, 5.

Ainsi, mes chers frères, demeurez fermes et inébranlables, et travaillez sans cesse de plus en plus à l’œuvre de Dieu, sachant que votre travail ne sera pas sans récompense en notre Seigneur.