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Romains 2

C’EST pourquoi, vous, ô homme ! qui que vous soyez, qui condamnez les autres, vous êtes inexcusable ; parce qu’en les condamnant, vous vous condamnez vous-même, puisque vous faites les mêmes choses que vous condamnez.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Matthieu, 7, 2.

Car nous savons que Dieu condamne, selon sa vérité, ceux qui commettent ces actions.

Vous donc, qui condamnez ceux qui les commettent, et qui les commettez vous-même, pensez-vous pouvoir éviter la condamnation de Dieu ?

Est-ce que vous méprisez les richesses de sa bonté, de sa patience, et de sa longue tolérance ? Ignorez-vous que la bonté de Dieu vous invite à la pénitence ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Sagesse, 11, 24 ; 12, 2 ; 2 Pierre, 3, 9.

Et cependant, par votre dureté et par l’impénitence de votre cœur, vous vous amassez un trésor de colère pour le jour de la colère et de la manifestation du juste jugement de Dieu ;

qui rendra à chacun selon ses œuvres,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Matthieu, 16, 27.

en donnant la vie éternelle à ceux qui par leur persévérance dans les bonnes œuvres, cherchent la gloire, l’honneur et l’immortalité ;

et répandant sa fureur et sa colère sur ceux qui ont l’esprit contentieux, et qui ne se rendent point à la vérité, mais qui embrassent l’iniquité.

L’affliction et le désespoir accablera l’âme de tout homme qui fait le mal, du Juif premièrement, et puis du gentil ;

mais la gloire, l’honneur et la paix seront le partage de tout homme qui fait le bien, du Juif premièrement, et puis du gentil.

Car Dieu ne fait point acception de personnes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Deutéronome, 10, 17 ; 2 Paralipomènes, 19, 7 ; Job, 34, 19 ; Sagesse, 6, 8 ; Ecclésiastique, 35, 15 ; Actes des Apôtres, 10, 34 ; Galates, 2, 6 ; Colossiens, 3, 25.

Et ainsi tous ceux qui ont péché sans avoir reçu la loi, périront aussi sans être jugés par la loi ; et tous ceux qui ont péché étant sous la loi, seront jugés par la loi.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sans la loi sainte, sans la loi de Moïse.

(Car ce ne sont point ceux qui écoutent la loi, qui sont justes devant Dieu ; mais ce sont ceux qui gardent la loi, qui seront justifiés.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Matthieu, 7, 21 ; Jacques, 1, 22.

Lors donc que les gentils qui n’ont point la loi, font naturellement les choses que la loi commande, n’ayant point la loi, ils se tiennent à eux-mêmes lieu de loi ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Font naturellement ; c’est-à-dire sans la connaissance de la loi mosaïque, et par la seule direction de la loi naturelle. ― Les auteurs païens ont parlé expressément de la loi naturelle. Dans l’Antigone de Sophocle, cette héroïne qui a rendu à son frère les devoirs de la sépulture malgré les ordres du roi, répond à celui-ci qui lui demande si elle connaissait sa défense : « Je la connaissais. Mais une telle loi, ce n’est ni Jupiter ni la justice qui l’ont promulguée. Les décrets d’un homme ne peuvent prévaloir contre les lois non écrites, œuvre immuable des dieux. Celles-là ne sont ni d’aujourd’hui ni d’hier ; elles existent de tous les temps. » Le même poète parle aussi dans l’Œdipe roi, « de ces lois émanées des cieux, dont l’Olympe est le père et que jamais on ne saura abolir. »

faisant voir que ce qui est prescrit par la loi, est écrit dans leur cœur, comme leur conscience en rend témoignage par la diversité des réflexions et des pensées qui les accusent, ou qui les défendent.)

Tous ceux, dis-je, qui ont péché, périront et seront condamnés au jour où Dieu jugera par Jésus-Christ, selon l’Évangile que je prêche, tout ce qui est caché dans le cœur des hommes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Au jour, etc. Ce verset paraît faire suite au douzième, et les trois précédents semblent n’être qu’une parenthèse. C’est pour cela que nous les avons enfermés dans des crochets. ― Mon Evangile, c’est-à-dire l’Evangile que je prêche. ― D’après d’autres, l’Evangile selon saint Luc, le compagnon de saint Paul, que saint Paul considérait comme son Evangile.

Mais vous qui portez le nom de Juif, qui vous reposez sur la loi, qui vous glorifiez des faveurs de Dieu ;

qui connaissez sa volonté, et qui étant instruit par la loi, savez discerner ce qui est de plus utile ;

vous vous flattez d’être le conducteur des aveugles, la lumière de ceux qui sont dans les ténèbres,

le docteur des ignorants, le maître des simples et des enfants, comme ayant dans la loi la règle de la science et de la vérité.

Et cependant, vous qui instruisez les autres, vous ne vous instruisez pas vous-même ; vous qui publiez qu’on ne doit point voler, vous volez ;

vous qui dites qu’on ne doit point commettre d’adultère, vous commettez des adultères ; vous qui avez en horreur les idoles, vous faites des sacrilèges ;

vous qui vous glorifiez dans la loi, vous déshonorez Dieu par le violement de la loi.

Car vous êtes cause, comme dit l’Écriture, que le nom de Dieu est blasphémé parmi les nations.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Isaïe, 52, 5 ; Ezéchiel, 36, 20.

Ce n’est pas que la circoncision ne soit utile, si vous accomplissez la loi ; mais si vous la violez, tout circoncis que vous êtes, vous devenez comme un homme incirconcis.

Si donc un homme incirconcis garde les ordonnances de la loi, n’est-il pas vrai que tout incirconcis qu’il est, il sera considéré comme circoncis ?

Et ainsi celui qui étant naturellement incirconcis accomplit la loi, vous condamnera, vous qui ayant reçu la lettre de la loi, et étant circoncis, êtes un violateur de la loi.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Avec la lettre de la loi mosaïque.

Car le vrai Juif n’est pas celui qui l’est au dehors ; et la véritable circoncision n’est pas celle qui se fait dans la chair, et qui n’est qu’extérieure.

Mais le vrai Juif est celui qui l’est intérieurement ; et la circoncision véritable est celle du cœur, qui se fait par l’esprit, et non selon la lettre ; et ce vrai Juif tire sa louange, non des hommes, mais de Dieu.