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Actes des Apôtres 3
VERS le même temps Pierre et Jean montaient au temple, pour assister à la prière de la neuvième heure.
Et il y avait un homme boiteux dès le ventre de sa mère, que l’on portait et qu’on mettait tous les jours à la porte du temple, qu’on appelle la Belle porte, afin qu’il demandât l’aumône à ceux qui entraient dans le temple.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La porte du temple appelée la Belle, parce qu'elle était plus belle que les autres. Josèphe nous apprend qu'elle était en airain de Corinthe, couvert d'or et d'argent. Elle était dans l'enceinte orientale du temple et conduisait au parvis des Gentils dans la vallée du Cédron.
Cet homme voyant Pierre et Jean, qui allaient entrer dans le temple, les priait de lui donner quelque aumône.
Et Pierre avec Jean, arrêtant sa vue sur ce pauvre, lui dit : Regardez-nous.
Il les regardait donc attentivement, espérant qu’il allait recevoir quelque chose d’eux.
Alors Pierre lui dit ; Je n’ai ni or, ni argent ; mais ce que j’ai, je vous le donne : Levez-vous au nom de Jésus-Christ de Nazareth, et marchez.
Et l’ayant pris par la main droite, il le souleva ; et aussitôt les plantes et les os de ses pieds s’affermirent.
Il se leva à l’heure même, se tint ferme sur ses pieds, et commença à marcher ; et il entra avec eux dans le temple, marchant, sautant, et louant Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
S'élançant, sautant…; comparer à Isaïe, 35, 6 : « Le boiteux bondira comme le cerf, et la langue des muets sera déliée. »
Tout le peuple le vit marcher, et louer Dieu.
Et reconnaissant que c’était celui-là même qui avait accoutumé d’être assis à la Belle porte pour demander l’aumône, ils furent remplis d’admiration et d’étonnement de ce qui lui était arrivé.
Et comme il tenait par la main Pierre et Jean, tout le peuple étonné de cette merveille, courut à eux à la galerie qu’on nomme de Salomon.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Au portique appelé de Salomon. Ainsi appelé parce qu'il était resté debout après la ruine du temple salomonien sous Nabuchodonosor ; il était situé à l'est du temple. Voir Jean, 10, 23.
Ce que Pierre voyant, il dit au peuple : Ô Israélites ! pourquoi vous étonnez-vous de ceci ? ou pourquoi nous regardez-vous, comme si c’était par notre vertu, ou par notre puissance, que nous eussions fait marcher ce boiteux ?
Le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob, le Dieu de nos pères, a glorifié son Fils Jésus que vous avez livré, et renoncé devant Pilate, qui avait jugé qu’il devait être renvoyé absous.
Vous avez renoncé le Saint et le Juste ; vous avez demandé qu’on vous accordât la grâce d’un homme qui était un meurtrier ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 27, 20 ; Marc, 15, 11 ; Luc, 23, 18 ; Jean, 18, 40. ― Un meurtrier, Barabbas. Voir Matthieu, 27, 16.
et vous avez fait mourir l’auteur de la vie : mais Dieu l’a ressuscité d’entre les morts ; et nous sommes témoins de sa résurrection.
C’est par la foi en son nom, que sa puissance a raffermi les pieds de cet homme, que vous avez vu boiteux, et que vous connaissez ; et la foi qui vient de lui, a fait devant vous tous le miracle d’une si parfaite guérison.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Que son nom ; locution biblique : le nom du Christ, pour le Christ lui-même ; comme dans l'Ancien Testament le nom de Jéhovah pour Jéhovah lui-même.
Cependant, mes frères, je sais que vous avez agi en cela par ignorance, aussi bien que vos sénateurs.
Mais Dieu a accompli de cette sorte ce qu’il avait prédit par la bouche de tous ses prophètes, que son Christ souffrirait la mort.
Faites donc pénitence, et convertissez-vous, afin que vos péchés soient effacés,
quand les temps du rafraîchissement que le Seigneur doit donner par sa présence, seront venus, et qu’il aura envoyé Jésus-Christ, qui vous a été annoncé.
Il faut cependant que le ciel le reçoive, jusqu’au temps du rétablissement de toutes choses, que Dieu a prédit par la bouche de ses saints prophètes, depuis le commencement du monde.
Commentaire (versets 20 à 21) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 20 à 21 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
« Les temps de rafraîchissement sont identiques avec les jours du rétablissement de toutes choses (verset 21), qui viendront après le second avènement du Messie. Au jugement [des Nations], le Messie expulsera de son royaume tout péché et toute souillure ; il y aura alors un ciel nouveau et une terre nouvelle (voir Apocalypse, 21, 1-5), et toutes choses seront ramenées à l'état primitif, antérieur à la chute (comparer à Romains, 13, verset 19 et suivants) ; alors se lèvera pour les justes et le fidèles le jour du grand sabbat, le temps du repos et du rafraîchissement, après les jours du combat et de la tribulation. Mais la venue de ces temps heureux dépend de la conversion des hommes : elle est d'autant plus prochaine que les hommes seront plus tôt convertis (comparer à 2 Pierre, 3, 9). ― De la part du Seigneur ; littéralement devant la face du Seigneur. » (CRAMPON, 1 885) Voir Luc, 17, 21.
Moïse a dit à nos pères : Le Seigneur, votre Dieu, vous suscitera d’entre vos frères un prophète comme moi ; écoutez-le en tout ce qu’il vous dira :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Deutéronome, 18, 15.
quiconque n’écoutera pas ce prophète, sera exterminé du milieu du peuple.
Tous les prophètes qui ont prophétisé de temps en temps depuis Samuel, ont prédit ce qui est arrivé en ces jours.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Samuel, le dernier juge d'Israël, fut le fondateur des écoles de prophètes et prophète lui-même.
Vous êtes les enfants des prophètes, et de l’alliance que Dieu a établie avec nos pères, en disant à Abraham : Toutes les nations de la terre seront bénies en votre race.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 12, 3.
C’est pour vous premièrement que Dieu a suscité son Fils ; et il vous l’a envoyé pour vous bénir, afin que chacun se convertisse de sa mauvaise vie.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La neuvième heure commençait à trois heures de l'après-midi, et finissait au coucher du soleil. Les Juifs priaient trois fois par jour, le matin, à midi et le soir.