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Actes des Apôtres 22
MES frères et mes pères, écoutez ce que j’ai à vous dire maintenant pour ma justification.
Quand ils entendirent qu’il leur parlait en langue hébraïque, ils écoutèrent avec encore plus de silence ;
et il leur dit : Je suis Juif, né à Tarse, en Cilicie. J’ai été élevé dans cette ville aux pieds de Gamaliel, et instruit dans la manière la plus exacte d’observer la loi de nos pères, étant zélé pour la loi, comme vous l’êtes encore tous aujourd’hui.
C’est moi qui ai persécuté ceux de cette secte, jusqu’à la mort, les chargeant de chaînes, hommes et femmes, et les mettant en prison,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Actes des Apôtres, 8, 3.
comme le grand prêtre et tout le sénat m’en sont témoins : jusque-là même qu’ayant pris d’eux des lettres pour les frères de Damas, j’y allai pour amener aussi prisonniers à Jérusalem ceux de cette même secte qui étaient là, afin qu’ils fussent punis.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Actes des Apôtres, 9, 2.
Mais il arriva que comme j’étais en chemin, et que j’approchais de Damas vers l’heure de midi, je fus environné tout d’un coup et frappé d’une grande lumière qui venait du ciel ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Comme j'étais en chemin : ce récit s'accorde, dans les choses essentielles, avec celui de saint Luc, (voir Actes des Apôtre, 9, verset 3 et suivants) ; comparer à Actes Apôtres, 26, verset 12 et suivants.
et étant tombé par terre, j’entendis une voix qui me disait : Saul ! Saul ! pourquoi me persécutez-vous ?
Je répondis : Qui êtes-vous, Seigneur ? Et celui qui me parlait, me dit : Je suis Jésus de Nazareth, que vous persécutez.
Ceux qui étaient avec moi, virent bien la lumière ; mais ils n’entendirent point ce que disait celui qui me parlait.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Mais ils n'entendirent, etc. Voir Actes des Apôtres, 9, 7.
Alors je dis : Seigneur ! que ferai-je ? Et le Seigneur me répondit : Levez-vous, et allez à Damas ; et on vous dira là tout ce que vous devez faire.
Et comme le grand éclat de cette lumière m’avait aveuglé, ceux qui étaient avec moi me prirent par la main, et me menèrent à Damas.
Or il y avait à Damas un homme pieux selon la loi, nommé Ananie, à la vertu duquel tous les Juifs qui y demeuraient, rendaient témoignage.
Il vint me trouver, et s’approchant de moi, il me dit : Mon frère Saul, recouvrez la vue. Et au même instant je vis et le regardai.
Il me dit ensuite : Le Dieu de nos pères vous a prédestiné pour connaître sa volonté, pour voir le Juste, et pour entendre les paroles de sa bouche :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Préordonné. Voir sur ce mot, Actes des Apôtres, 10, 41. ― Le Juste par excellence, expression consacrée dans l'Ancien Testament pour désigner le Messie.
car vous lui rendrez témoignage devant tous les hommes, de ce que vous avez vu et entendu.
Qu’attendez-vous donc ? Levez-vous, et recevez le baptême, et lavez vos péchés en invoquant le nom du Seigneur.
Or il arriva qu’étant revenu depuis à Jérusalem, lorsque j’étais en prière dans le temple, j’eus un ravissement d’esprit,
et je le vis qui me dit : Hâtez-vous, et sortez promptement de Jérusalem : car ils ne recevront point le témoignage que vous leur rendrez de moi.
Je lui répondis : Seigneur ! ils savent eux-mêmes que c’était moi qui mettais en prison, et qui faisais fouetter dans les synagogues ceux qui croyaient en vous ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Actes des Apôtres, 8, 3.
et que lorsqu’on répandait le sang de votre martyr Étienne, j’étais présent, et consentais à sa mort, et je gardais les vêtements de ceux qui le lapidaient.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Actes des Apôtres, 7, 57.
Mais il me dit : Allez-vous-en : car je vous enverrai bien loin, vers les gentils.
Les Juifs l’avaient écouté jusqu’à ce mot ; mais alors ils élevèrent leur voix, et crièrent : Ôtez du monde ce méchant : car ce serait un crime de le laisser vivre.
Et comme ils criaient, et jetaient leurs vêtements, et faisaient voler la poussière en l’air,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Jetant de la poussière en l'air : soit en signe d'indignation et de douleur, soit pour exprimer le désir qu'ils avaient de lapider Paul.
le tribun le fit mener dans la forteresse, et commanda qu’on lui donnât la question en le fouettant, pour tirer de sa bouche ce qui les faisait ainsi crier contre lui.
Mais quand on l’eut lié, Paul dit à un centenier qui était présent : Vous est-il permis de fouetter un citoyen romain, et qui n’a point été condamné ?
Le centenier ayant entendu ces paroles, alla trouver le tribun, et lui dit : Que pensez-vous faire ? Cet homme est citoyen romain.
Le tribun aussitôt vint à Paul, et lui dit : Êtes-vous citoyen romain ? Paul lui répondit : Oui, je le suis.
Le tribun lui repartit : Il m’a coûté bien de l’argent pour acquérir ce droit d’être citoyen romain. Et moi, lui répondit Paul, je le suis par ma naissance.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Saint Paul ne tenait pas sa qualité de citoyen romain du lieu de sa naissance, mais de ses parents. Sans être natifs d'une ville municipale, les Juifs pouvaient jouir du titre de citoyen et même de chevalier romain ; témoin l'historien Josèphe.
En même temps ceux qui devaient lui donner la question, se retirèrent ; et le tribun eut peur, voyant que Paul était citoyen romain, et qu’il l’avait fait lier.
Le lendemain, voulant savoir plus exactement de quoi il était accusé par les Juifs, il lui fit ôter ses chaînes, et ayant ordonné que les princes des prêtres et tout le conseil s’assemblassent, il amena Paul, et le présenta devant eux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Tout le Conseil, tout le Sanhédrin. Voir Matthieu, 26, 59.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Gamaliel. Voir Actes des Apôtres, 5, 34. ― Dans cette ville, Jérusalem, la métropole du judaïsme. ― Aux pieds : les disciples se tenaient assis sur d'humbles sièges, ou même par terre, tandis que le rabbi enseignait du haut de la chaire. ― De Gamaliel, le chef célèbre de l'école orthodoxe du pharisaïsme.