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Actes des Apôtres 14
OR il arriva qu’étant à Icone, ils entrèrent ensemble dans la synagogue des Juifs ; et ils y parlèrent de telle sorte, qu’une grande multitude de Juifs et de Grecs embrassa la foi.
Mais ceux des Juifs qui demeurèrent dans l’incrédulité, excitèrent et irritèrent l’esprit des gentils contre les frères.
Ils demeurèrent donc longtemps en cette ville, se conduisant avec grande liberté pour la gloire du Seigneur, qui rendait témoignage à la parole de sa grâce, en leur faisant faire des prodiges et des miracles.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Par leurs mains. Voir Actes des Apôtres, 5, 12.
Ainsi toute la ville fut partagée, les uns étant pour les Juifs, et les autres pour les apôtres.
Mais comme les gentils et les Juifs, avec leurs principaux chefs, allaient se jeter sur eux pour les outrager et les lapider,
les apôtres l’ayant su, se réfugièrent à Lystre et à Derbe, villes de Lycaonie, et au pays d’alentour, où ils prêchaient l’Évangile.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Lystre, au sud d'Iconium, au nord du mont Taurus. Le disciple de saint Paul, Timothée, était probablement originaire de Lystre. ― Derbe, au sud-est d'Iconium, à l'est de Lystre, située probablement près du passage appelé les portes de Cilicie. Ces deux villes, comme Iconium, faisaient partie de la province de Lycaonie, en Asie Mineure, bornée à l'est par la Cappadoce, au nord par la Galatie, à l'ouest par la Phrygie, et séparée au sud de la Cilicie par la chaîne du Taurus.
Or il y avait à Lystre un homme perclus de ses jambes, qui était boiteux dès le ventre de sa mère, et qui n’avait jamais marché.
Cet homme entendit la prédication de Paul ; et Paul arrêtant les yeux sur lui, et voyant qu’il avait la foi qu’il serait guéri,
il lui dit à haute voix : Levez-vous, et tenez-vous droit sur vos pieds. Aussitôt il se leva en sautant, et commença à marcher.
Le peuple ayant vu ce que Paul avait fait, ils élevèrent leur voix, et dirent en langue lycaonienne : Ce sont des dieux qui sont descendus vers nous, sous la forme d’hommes.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
En lycaonien, dialecte qu'on a supposé être le cappadocien, mais dont le vrai caractère est inconnu.
Et ils appelèrent Barnabé, Jupiter ; et Paul, Mercure, parce que c’était lui qui portait la parole.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Jupiter, le maître des dieux de l'Olympe, était souvent accompagné d'après les fables grecques, de Mercure, le dieu de l'éloquence, qui parlait pour le roi des dieux. Saint Paul étant l'orateur est pris pour Mercure.
Et même le sacrificateur du temple de Jupiter, qui était près de la ville, amena des taureaux, et apporta des couronnes devant la porte, voulant, aussi bien que le peuple, leur sacrifier.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le prêtre qui était près de la ville, qui desservait le temple de Jupiter situé dans le voisinage de la ville. ― Avec des taureaux et des couronnes. Les païens avaient coutume d'orner de couronnes les victimes qu'ils offraient aux dieux.
Mais les apôtres Barnabé et Paul, ayant entendu ceci, déchirèrent leurs vêtements ; et s’avançant au milieu de la multitude, ils crièrent :
Mes amis, que voulez-vous faire ? Nous ne sommes que des hommes non plus que vous, et sujets aux mêmes infirmités ; et nous vous avertissons de quitter ces vaines superstitions, pour vous convertir au Dieu vivant, qui a fait le ciel et la terre, la mer, et tout ce qu’ils contiennent :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 1, 1 ; Psaumes, 145, 6 ; Apocalypse, 14, 7.
qui dans les siècles passés a laissé marcher toutes les nations dans leurs voies,
sans néanmoins qu’il ait cessé de rendre toujours témoignage de ce qu’il est, en faisant du bien aux hommes, en dispensant les pluies du ciel, et les saisons favorables pour les fruits, en nous donnant la nourriture avec abondance, et remplissant nos cœurs de joie.
Mais quoi qu’ils pussent dire, ils eurent bien de la peine à empêcher que le peuple ne leur sacrifiât.
En ce même temps quelques Juifs d’Antioche et d’Icone étant survenus, gagnèrent le peuple ; et ayant lapidé Paul, ils le traînèrent hors de la ville, croyant qu’il fût mort.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
D'Antioche de Pisidie. Voir Actes des Apôtres, 13, 14.
Mais les disciples s’étant amassés autour de lui, il se leva et rentra dans la ville ; et le lendemain il partit avec Barnabé, pour aller à Derbe.
Et après avoir annoncé l’Évangile dans cette ville-là, et instruit plusieurs personnes, ils retournèrent à Lystre, à Icone, et à Antioche ;
fortifiant le courage des disciples, les exhortant à persévérer dans la foi, et leur remontrant que c’est par beaucoup de peines et d’afflictions que nous devons entrer dans le royaume de Dieu.
Ayant donc ordonné des prêtres en chaque Église, avec des prières et des jeunes, ils les recommandèrent au Seigneur, auquel ils avaient cru.
Ils traversèrent ensuite la Pisidie, et vinrent en Pamphylie ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La Pisidie, province de l'Asie Mineure, bornée à l'est par la Lycaonie et la Cilicie, au sud par la Pamphylie, à l'ouest et au nord par la Phrygie. Les Apôtres se dirigeant vers le sud, arrivent en Pamphylie, sur laquelle on peut voir Actes des Apôtres, 2, 10.
et ayant annoncé la parole du Seigneur à Perge, ils descendirent à Attalie :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A Perge, capitale de la Pamphylie. Voir Actes des Apôtres, 13, 13. ― Attalie, aujourd'hui Antali, ville et port de mer du sud-ouest de la Pamphylie, à l'embouchure du Catarrachtès. Elle portait le nom d'Attalie, parque qu'elle avait été fondée par Attale II Philadelphe, roi de Pergame (159-138 avant Jésus-Christ).
de là ils firent voile à Antioche, d’où on les avait envoyés, en les abandonnant à la grâce de Dieu, pour l’œuvre qu’ils avaient accomplie.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Actes des Apôtres, 13, 1. ― D'où on les avait commis, etc., pour : D'où on les avait envoyés, en les commettant. C'est un genre de construction elliptique très commun en hébreu. ― Pour Antioche de Syrie. Ici se termine par le retour au point de départ le premier grand voyage apostolique de saint Paul. Il avait duré cinq ans, de l'an 45 à l'an 50.
Y étant arrivés, et ayant assemblé l’Église, ils leur racontèrent combien Dieu avait fait de grandes choses avec eux, et comme il avait ouvert aux gentils la porte de la foi.
Et ils demeurèrent là assez longtemps avec les disciples.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Contre les frères ; c'est-à-dire contre les nouveaux convertis, tant du paganisme que du judaïsme.