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Luc 4
JÉSUS étant plein du Saint-Esprit, revint des bords du Jourdain, et fut poussé par l’Esprit dans le désert.
Il y demeura quarante jours, et y fut tenté par le diable. Car il ne mangea rien pendant tout ce temps-là ; et lorsque ces jours furent passés il eut faim.
Alors le diable lui dit : Si vous êtes Fils de Dieu, commandez à cette pierre qu’elle devienne du pain.
Jésus lui répondit : Il est écrit, que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole de Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Deutéronome, 8, 3 ; Matthieu, 4, 4.
Et le diable le transporta sur une haute montagne, d’où lui ayant fait voir en un moment tous les royaumes du monde,
il lui dit : Je vous donnerai toute cette puissance, et la gloire de ces royaumes : car elle m’a été donnée, et je la donne à qui il me plaît.
Si donc vous voulez m’adorer, toutes ces choses seront à vous.
Jésus lui répondit : Il est écrit : C’est le Seigneur, votre Dieu, que vous adorerez, et c’est lui seul que vous servirez.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Deutéronome, 6, 13 ; 10, 20.
Le diable le transporta encore à Jérusalem ; et l’ayant mis sur le haut du temple, il lui dit : Si vous êtes le Fils de Dieu, jetez-vous d’ici en bas :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sur le haut du temple. Voir Matthieu, 4, 5.
car il est écrit, qu’il a ordonné à ses anges d’avoir soin de vous, et de vous garder ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 90, 11.
et qu’ils vous soutiendront de leurs mains, de peur que vous ne vous heurtiez le pied contre quelque pierre.
Jésus lui répondit : Il est écrit : Vous ne tenterez point le Seigneur, votre Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Deutéronome, 6, 16.
Le diable ayant achevé toutes ces tentations, se retira de lui pour un temps.
Alors Jésus s’en retourna en Galilée par la vertu de l’Esprit de Dieu ; et sa réputation se répandit dans tout le pays d’alentour.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 4, 12 ; Marc, 1, 14 ; Jean, 4, 45.
Il enseignait dans leurs synagogues, et il était estimé et honoré de tout le monde.
Étant venu à Nazareth, où il avait été élevé, il entra, selon sa coutume, le jour du sabbat, dans la synagogue, et il se leva pour lire.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 13, 54 ; Marc, 6, 1. ― La synagogue de Nazareth dans laquelle enseigna Notre-Seigneur se trouvait, d’après la tradition, sur l’emplacement de l’église actuelle des Grecs unis, à peu près au centre de la ville moderne, non loin du marché. ― Sur Nazareth, voir la note 30 à la fin du volume. ― Sur les Synagogues, voir Matthieu, 4, 23. ― Tous les Juifs pouvaient lire et parler dans les synagogues. Il y avait des lecteurs chargés de lire le texte sacré, mais ils ne faisaient pas partie du personnel officiel et le chef pouvait désigner à son gré la personne de l’assistance par qui il voulait faire remplir cet office. C’est ainsi que Jésus-Christ peut lire dans la synagogue de Nazareth. La lecture finie, le président invitait le lecteur ou un autre assistant à expliquer ce que l’on venait de lire ou à adresser une exhortation au peuple. En vertu de cet usage, Notre-Seigneur, verset 21, s’adresse à l’auditoire.
On lui présenta le livre du prophète Isaïe ; et l’ayant ouvert, il trouva l’endroit où ces paroles étaient écrites :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Et l’ayant déroulé ; c’est-à-dire ouvert. La forme des livres chez les anciens consistait en un rouleau. ― L’endroit où, etc. Voir Isaïe, 61, verset 1 et suivants.
L’Esprit du Seigneur s’est reposé sur moi ; c’est pourquoi il m’a consacré par son onction : il m’a envoyé pour prêcher l’Évangile aux pauvres, pour guérir ceux qui ont le cœur brisé ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Isaïe, 61, 1.
pour annoncer aux captifs leur délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue ; pour mettre en liberté ceux qui sont brisés sous leurs fers ; pour publier l’année favorable du Seigneur, et le jour où il se vengera de ses ennemis.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le jour de la rétribution, le jour où Dieu rendra à chacun selon ses œuvres. On lit dans Isaïe (voir Isaïe, 61, 2) : Jour de vengeance, jour où le Seigneur se vengera de ses ennemis ; ce qui exprime la même idée, mais d’une manière plus restreinte.
Ayant fermé le livre, il le rendit au ministre, et s’assit. Tout le monde dans la synagogue avait les yeux arrêtés sur lui.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Au ministre, celui que les Rabbins appellent le Khazan, sorte de sacristain chargé d’ouvrir les portes de la synagogue, de préparer les manuscrits de l’Ecriture qu’on doit lire et de rendre tous les services nécessaires pendant les offices.
Et il commença à leur dire : C’est aujourd’hui que cette Écriture que vous venez d’entendre est accomplie.
Et tous lui rendaient témoignage ; et dans l’étonnement où ils étaient des paroles pleines de grâce qui sortaient de sa bouche, ils disaient : N’est-ce pas là le fils de Joseph ?
Alors il leur dit : Sans doute que vous m’appliquerez ce proverbe, Médecin, guérissez-vous vous-même ; et que vous me direz : Faites ici, en votre pays, d’aussi grandes choses que nous avons entendu dire que vous en avez fait à Capharnaüm.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A Capharnaüm. Voir Matthieu, 4, 13.
Mais je vous assure, ajouta-t-il, qu’aucun prophète n’est bien reçu en son pays.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Aux gens de Nazareth, scandalisés de voir qu’on faisait le Messie d’un menuisier, Jésus fait observer qu’Elie et Elisée, méprisés par leurs compatriotes, firent des prodiges chez les étrangers (voir 3 Rois, 17, 9 ; 4 Rois, 5, 1).
Je vous le dis en vérité, il y avait beaucoup de veuves dans Israël au temps d’Élie, lorsque le ciel fut fermé durant trois ans et six mois, et qu’il y eut une grande famine dans toute la terre ;
et néanmoins Élie ne fut envoyé chez aucune d’elles, mais chez une femme veuve de Sarepta, dans le pays des Sidoniens.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Elie, le prophète originaire de Thesbé, vécut sous les rois Achab et Ochozias d’Israël et fut enlevé miraculeusement au ciel. Il récompensa la charité d’une veuve de Sarepta par un prodige : la farine et l’huile de cette pauvre femme ne s’épuisèrent pas tant que dura la famine. ― Sarepta est une ville de Phénicie, sur la Méditerranée, entre Tyr et Sidon, mais plus proche de cette dernière ville que de la première. Voir 3 Rois, 17, 9.
Il y avait de même beaucoup de lépreux dans Israël au temps du prophète Élisée ; et néanmoins aucun d’eux ne fut guéri, mais seulement Naaman qui était de Syrie.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Elisée, disciple d’Elie et héritier de son esprit, guérit Naaman, grand personnage de la cour de Syrie, de la maladie de la lèpre, en le faisant laver sept fois dans le Jourdain. Voir 4 Rois, 5, 1-15.
Tous ceux de la synagogue l’entendant parler de la sorte, furent remplis de colère ;
et se levant ils le chassèrent hors de leur ville, et le menèrent jusque sur la pointe de la montagne sur laquelle elle était bâtie, pour le précipiter.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le mont de la Précipitation ; c’est-à-dire la montagne sur laquelle les habitants de Nazareth conduisirent Notre-Seigneur, dans l’intention de l’en précipiter n’est pas identifiée d’une manière certaine. Le site traditionnel est au sud de la ville, à une heure de chemin. Il y a là un rocher qui aurait très bien pu servir aux mauvais desseins des compatriotes du Sauveur. Les Franciscains ont élevé une église en cet endroit. De là, on découvre la plaine d’Esdrelon.
Mais il passa au milieu d’eux, et se retira.
Il descendit à Capharnaüm, qui est une ville de Galilée, et il les y enseignait les jours de sabbat ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 4, 13 ; Marc, 1, 21.
et sa manière d’enseigner les remplissait d’étonnement, parce que sa parole était accompagnée de puissance et d’autorité.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 7, 28.
Il y avait dans la synagogue un homme possédé d’un démon impur, qui jeta un grand cri,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 1, 23.
en disant : Laissez-nous : qu’y a-t-il de commun entre nous et vous, Jésus de Nazareth ? Êtes-vous venu pour nous perdre ? Je sais qui vous êtes : vous êtes le Saint de Dieu.
Mais Jésus lui parlant avec menaces, lui dit : Tais-toi, et sors de cet homme. Et le démon l’ayant jeté à terre au milieu de tout le peuple, sortit de lui, sans lui avoir fait aucun mal.
Tous ceux qui étaient là, en furent épouvantés ; et ils se parlaient l’un à l’autre, en disant : Qu’est-ce donc que ceci ? Il commande avec autorité et avec puissance aux esprits impurs, et ils sortent aussitôt.
Et sa réputation se répandit de tous côtés dans le pays d’alentour.
Jésus étant sorti de la synagogue, entra dans la maison de Simon, dont la belle-mère avait une grosse fièvre ; et ils le prièrent pour elle.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 8, 14 ; Marc, 1, 30.
Aussitôt s’étant approché de la malade, il commanda à la fièvre de la quitter, et la fièvre la quitta ; et s’étant levée aussitôt, elle les servait.
Le soleil étant couché, tous ceux qui avaient des malades affligés de diverses maladies, les lui amenaient ; et imposant les mains sur chacun d’eux, il les guérissait.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le repos du sabbat se terminant au coucher du soleil, ils amenèrent les malades.
Les démons sortaient aussi du corps de plusieurs, en criant et disant : Vous êtes le Christ, le Fils de Dieu. Mais il les menaçait, et les empêchait de dire qu’ils sussent qu’il était le Christ.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 1, 34.
Lorsqu’il fut jour, il sortit dehors, et s’en alla en un lieu désert ; et tout le peuple vint le chercher jusqu’où il était ; et comme ils s’efforçaient de le retenir, ne voulant point qu’il les quittât,
il leur dit : Il faut que je prêche aussi aux autres villes l’Évangile du royaume de Dieu : car c’est pour cela que j’ai été envoyé.
Et il prêchait dans les synagogues de Galilée.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 4, 1 ; Marc, 1, 12. ― Dans le désert de la Quarantaine. Voir Matthieu, note 4.1.