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Luc 1
PLUSIEURS ayant entrepris d’écrire l’histoire des choses qui ont été accomplies parmi nous,
suivant le rapport que nous en ont fait ceux qui dès le commencement les ont vues de leurs propres yeux, et qui ont été les ministres de la parole :
j’ai cru, très-excellent Théophile, qu’après avoir été exactement informé de toutes ces choses, depuis leur premier commencement, je devais aussi vous en représenter par écrit toute la suite ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Théophile, chrétien de distinction, d’ailleurs inconnu (peut-être d’Antioche), probablement d’origine païenne, à qui saint Luc a aussi dédié les Actes des Apôtres.
afin que vous reconnaissiez la vérité de ce qui vous a été annoncé.
IL y avait, sous le règne d’Hérode, roi de Judée, un prêtre, nommé Zacharie, de la famille sacerdotale d’Abia, l’une de celles qui servaient dans le temple, chacune en leur rang ; et sa femme était aussi de la race d’Aaron, et s’appelait Élisabeth.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Paralipomènes, 24, 10. ― Zacharie, de la classe d’Abia. David avait partagé les prêtres en vingt-quatre classes ou familles qui remplissaient les fonctions sacrées à tour de rôle dans le temple une semaine chacune, d’un sabbat à un autre sabbat, voir 1 Paralipomènes, 24, 4 ; 2 Paralipomènes, 8, 14 (?) ; 2 Esdras, 12 (?), 40. Entre les membres de la famille, les divers offices à remplir étaient tirés au sort. Zacharie appartenait à la huitième classe qui était celle d’Abia. Lui échut la charge d’entrer dans le Saint, pour offrir l’encens, matin et soir, sur l’autel d’or, devant le Saint des Saints pendant que le peuple se tenait dans les cours et sous les portiques. Nous ne savons du reste sur lui que ce que nous apprend l’Evangile. ― Elisabeth. Nous ne connaissons non plus d’elle que ce que nous raconte saint Luc. ― Sur Hérode le Grand, voir Matthieu, 2, 1.
Ils étaient tous deux justes devant Dieu, et ils marchaient dans tous les commandements et les ordonnances du Seigneur d’une manière irrépréhensible.
Ils n’avaient point de fils, parce qu’Élisabeth était stérile, et qu’ils étaient déjà tous deux avancés en âge.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Chez les Hébreux, être stérile était un malheur et un opprobre (saint Chrysostome).
Or, Zacharie faisant sa fonction de prêtre devant Dieu, dans le rang de sa famille,
il arriva par le sort, selon ce qui s’observait entre les prêtres, que ce fut à lui à entrer dans le temple du Seigneur, pour y offrir les parfums :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans le temple, le naos, la maison de Dieu, dans la partie appelée le Saint où était l’autel des parfums. Voir Matthieu, 21, 12.
cependant toute la multitude du peuple était dehors, faisant sa prière à l’heure où l’on offrait les parfums ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 30, 7 ; Lévitique, 16, 17. ― A l’heure de l’encens. On offrait l’encens tous les jours, matin et soir, Voir Exode, 36, 6-8. (?)
et un ange du Seigneur lui apparut, se tenant debout à la droite de l’autel des parfums.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’autel de l’encens est le même que l’autel des parfums. Voir Exode, 37, verset 25 et suivants.
Zacharie le voyant, en fut tout troublé, et la frayeur le saisit.
Mais l’ange lui dit : Ne craignez point, Zacharie : parce que votre prière a été exaucée ; et Élisabeth, votre femme, vous enfantera un fils, auquel vous donnerez le nom de Jean.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Jean. Sur saint Jean-Baptiste, voir Matthieu, 3, 1.
Vous en serez dans la joie et dans le ravissement, et beaucoup de personnes se réjouiront de sa naissance :
car il sera grand devant le Seigneur ; il ne boira point de vin, ni rien de ce qui peut enivrer ; et il sera rempli du Saint-Esprit dès le sein de sa mère.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il ne boira ni vin ni cervoise, comme les Nazaréens, voir Nombres, 6, 3. La cervoise indique une liqueur enivrante faite avec des fruits doux autres que le raisin.
Il convertira plusieurs des enfants d’Israël au Seigneur, leur Dieu ;
et il marchera devant lui dans l’esprit et dans la vertu d’Élie, pour réunir les cœurs des pères avec leurs enfants, et rappeler les désobéissants à la prudence des justes, pour préparer au Seigneur un peuple parfait.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Malachie, 4, 6 ; Matthieu, 11, 14. ― Elie le prophète. Voir Matthieu, note 11.14. Voir aussi Jean, 1, 21.
Zacharie répondit à l’ange : À quoi connaîtrai-je la vérité de ce que vous me dites ? car je suis vieux, et ma femme est déjà avancée en âge.
L’ange lui répondit : Je suis Gabriel, qui suis toujours présent devant Dieu : j’ai été envoyé pour vous parler, et pour vous annoncer cette heureuse nouvelle :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Gabriel, l’homme de Dieu, l’un des principaux anges qui se tiennent devant le trône de Dieu, celui qui avait annoncé à Daniel l’époque de la venue du Messie. Voir Daniel, 8, 16 ; 9, 21.
et dans ce moment vous allez devenir muet, et vous ne pourrez plus parler jusqu’au jour où ceci arrivera ; parce que vous n’avez point cru à mes paroles, qui s’accompliront en leur temps.
Cependant le peuple attendait Zacharie, et s’étonnait de ce qu’il demeurait si longtemps dans le temple.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le peuple était dans les parvis extérieurs de l’hiéron et il ne voyait pas Zacharie qui était dans le Saint du naos.
Mais étant sorti il ne pouvait leur parler ; et comme il leur faisait des signes pour se faire entendre, ils reconnurent qu’il avait eu une vision dans le temple ; et il demeura muet.
Quand les jours de son ministère furent accomplis, il s’en alla en sa maison.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il s’en alla en sa maison. A Hébron, suivant les uns, à Jutta, selon les autres. Voir plus bas, verset 39.
Quelque temps après, Élisabeth, sa femme, conçut, et elle se tenait cachée durant cinq mois, en disant :
C’est là la grâce que le Seigneur m’a faite en ce temps où il m’a regardée, pour me tirer de l’opprobre où j’étais devant les hommes.
Or, comme Élisabeth était dans son sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé de Dieu en une ville de Galilée, appelée Nazareth,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ville de Galilée appelée Nazareth. Sur la Galilée et Nazareth, voir aux notes 29 et 30 à la fin du volume.
à une vierge qu’un homme de la maison de David, nommé Joseph, avait épousée ; et cette vierge s’appelait Marie.
L’ange étant entré où elle était, lui dit : Je vous salue, ô pleine de grâce ! le Seigneur est avec vous : vous êtes bénie entre toutes les femmes.
Mais elle l’ayant entendu, fut troublée de ses paroles, et elle pensait en elle-même quelle pouvait être cette salutation.
L’ange lui dit : Ne craignez point, Marie : car vous avez trouvé grâce devant Dieu.
Vous concevrez dans votre sein, et vous enfanterez un fils, à qui vous donnerez le nom de Jésus.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Isaïe, 7, 14 ; Luc, 2, 21. ― Jésus ; c’est-à-dire Sauveur. Voir Matthieu, 1, 21.
Il sera grand, et sera appelé le Fils du Très-Haut : le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père : il régnera éternellement sur la maison de Jacob ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Daniel, 7, vv. 14, 27 ; Michée, 4, 7. ― Sera appelé, etc. ; hébraïsme, pour sera le Fils, etc.
et son règne n’aura point de fin.
Alors Marie dit à l’ange : Comment cela se fera-t-il ? car je ne connais point d’homme.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Marie avait fait vœu de garder sa virginité, ou elle en avait au moins formé le propos, la résolution.
L’ange lui répondit : Le Saint-Esprit surviendra en vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre ; c’est pourquoi le fruit saint qui naîtra de vous, sera appelé le Fils de Dieu.
Et sachez qu’Élisabeth, votre cousine, a conçu aussi elle-même un fils dans sa vieillesse, et que c’est ici le sixième mois de la grossesse de celle qui est appelée stérile ;
parce qu’il n’y a rien d’impossible à Dieu.
Alors Marie lui dit : Voici la servante du Seigneur ; qu’il me soit fait selon votre parole ! Ainsi l’ange se sépara d’elle.
Marie partit en ce même temps, et s’en alla en diligence vers les montagnes de Judée, en une ville de la tribu de Juda ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
En une ville de Juda. Cette ville est, suivant les uns, Hébron, ville sacerdotale, la plus importante des montagnes de Juda ; suivant les autres, qui pensent qu’Hébron aurait été nommée par son nom, si cette ville avait été réellement la résidence de Zacharie, la ville de Juda est une autre ville sacerdotale dont le nom est légèrement défiguré, Jutta, située également dans la partie montagneuse de la Judée.
et étant entrée dans la maison de Zacharie, elle salua Élisabeth.
Aussitôt qu’Élisabeth eut entendu la voix de Marie qui la saluait, son enfant tressaillit dans son sein, et Élisabeth fut remplie du Saint-Esprit.
Alors élevant sa voix, elle s’écria : Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et le fruit de votre sein est béni ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’ange Gabriel et Elisabeth, révérant Marie avec les mêmes paroles, l’indiquent à la vénération des Anges et des hommes (saint Bède).
et d’où me vient ce bonheur, que la mère de mon Seigneur vienne vers moi ?
Car votre voix n’a pas plutôt frappé mon oreille, lorsque vous m’avez saluée, que mon enfant a tressailli de joie dans mon sein.
Et vous êtes bienheureuse d’avoir cru ; parce que ce qui vous a été dit de la part du Seigneur, sera accompli.
Alors Marie dit ces paroles : Mon âme glorifie le Seigneur,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
« Le Magnificat est le premier cantique du Nouveau Testament : il pourrait servir de conclusion à l’Ancien. Il a du rapport avec plusieurs autres, surtout avec ceux de Marie, sœur de Moïse, et d’Anne, mère de Samuel ; mais combien l’âme de la sainte Vierge paraît plus unie à Dieu et plus sainte ! Combien son langage a plus de majesté, d’élévation et de calme ! C’est bien le prélude de la voix du Sauveur. ― La conduite de Dieu dans l’établissement du christianisme y est admirablement dépeinte. Marie a devant les yeux tous les évènements qui vont s’accomplir : la synagogue réprouvée, l’Eglise fondée, les Apôtres glorifiés, les Gentils comblés de grâce, enfin toutes les promesses magnifiquement accomplies. ― A la salutation de sa parente : « Vous êtes bénie entre les femmes, » la sainte Vierge répond par une prédiction aussi précise que merveilleuse : « Toutes les générations me diront bienheureuse. » Or, elle a vu pendant sa vie et nous voyons encore tous les jours l’accomplissement de cet oracle. ― Les sentiments exprimés dans ce cantique sont bien ceux qui devaient pénétrer la mère de Jésus, après la faveur incompréhensible qu’elle avait reçue. Telles devaient être sa foi, son humilité, sa reconnaissance ; tel son ravissement sur la sagesse, la puissance, la bonté de Dieu dans la rédemption du monde. Quel admirable modèle pour les âmes intérieures que le Ciel favorise de ses grâces ! ― Enfin remarquez combien Marie était accoutumée au langage des écrivains sacrés. Elle n’emploie pas une expression qu’on ne lise dans le Psalmiste et dans les Prophètes. Toute la différence est dans la profondeur de ses pensées et dans la sublimité de ses sentiments. » (L. BACUEZ.)
et mon esprit est ravi de joie en Dieu, mon Sauveur ;
parce qu’il a regardé la bassesse de sa servante : car désormais je serai appelée bienheureuse dans la suite de tous les siècles ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ces paroles sont une prédiction de l’honneur insigne que l’Eglise, dans tous les siècles devait rendre à la très sainte Vierge.
parce qu’il a fait en moi de grandes choses, lui qui est tout-puissant, et de qui le nom est saint.
Sa miséricorde se répand d’âge en âge sur ceux qui le craignent.
Il a déployé la force de son bras : il a dissipé ceux qui s’élevaient d’orgueil dans les pensées de leur cœur.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Isaïe, 51, 9 ; Psaumes, 32, 10.
Il a renversé les grands de leurs trônes, et il a élevé les petits.
Il a rempli de biens ceux qui étaient affamés, et il a renvoyé vides ceux qui étaient riches.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Rois, 2, 5 ; Psaumes, 33, 11.
Il s’est souvenu de sa miséricorde, et il a pris en sa protection Israël, son serviteur,
selon la promesse qu’il a faite à nos pères, à Abraham et à sa race pour toujours.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 17, 9 ; 22, 16 ; Psaumes, 131, 11 ; Isaïe, 41, 8.
Marie demeura avec Élisabeth environ trois mois ; et elle s’en retourna ensuite en sa maison.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
En sa maison à Nazareth.
Cependant le temps auquel Élisabeth devait accoucher arriva, et elle enfanta un fils.
Ses voisins et ses parents ayant appris que le Seigneur avait signalé sa miséricorde à son égard, s’en réjouissaient avec elle ;
et étant venus le huitième jour pour circoncire l’enfant, ils le nommaient Zacharie, du nom de son père.
Mais sa mère prenant la parole, leur dit : Non ; mais il sera nommé Jean.
Ils lui répondirent : Il n’y a personne dans votre famille qui porte ce nom.
Et en même temps ils demandaient par signe au père de l’enfant, comment il voulait qu’on le nommât.
Ayant demandé des tablettes, il écrivit dessus : Jean est son nom. Ce qui remplit tout le monde d’étonnement.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Luc, 1, 13. ― Des tablettes, en grec pinakidion, planchette en bois de pin si l’on peut s’en rapporter à l’étymologie, probablement enduite de cire et sur laquelle on pouvait tracer des caractères avec un stylet.
Au même instant sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia, et il parlait en bénissant Dieu.
Tous ceux qui demeuraient dans les lieux voisins, furent saisis de crainte. Le bruit de ces merveilles se répandit dans tout le pays des montagnes de Judée ;
et tous ceux qui les entendirent, les conservèrent dans leur cœur, et ils disaient entre eux : Quel pensez-vous que sera un jour cet enfant ? Car la main du Seigneur était avec lui.
Et Zacharie, son père, ayant été rempli du Saint-Esprit, prophétisa, en disant :
Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, de ce qu’il a visité et racheté son peuple ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 73, 12.
de ce qu’il nous a suscité un puissant Sauveur dans la maison de son serviteur David,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 131, 17. ― Une corne de salut ; c’est-à-dire un puissant sauveur. Chez les Hébreux, la corne était un symbole de la force. ― Dans la maison de David, dans sa postérité, en Jésus.
selon qu’il avait promis par la bouche de ses saints prophètes, qui ont été dans les siècles passés,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jérémie, 23, 6 ; 30, 10.
de nous délivrer de nos ennemis, et des mains de tous ceux qui nous haïssent :
pour exercer sa miséricorde envers nos pères, et se souvenir de son alliance sainte ;
selon qu’il a juré à Abraham, notre père, qu’il nous ferait cette grâce,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 22, 16 ; Jérémie, 31, 33 ; Hébreux, 6, vv. 13, 17.
qu’étant délivrés des mains de nos ennemis, nous le servirions sans crainte,
dans la sainteté et dans la justice, marchant en sa présence tous les jours de notre vie.
Et vous, petit enfant, vous serez appelé le prophète du Très-Haut : car vous marcherez devant la face du Seigneur, pour lui préparer ses voies ;
pour donner à son peuple la connaissance du salut, afin qu’il obtienne la rémission de ses péchés,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Malachie, 4, 5 ; Luc, 1, 17.
par les entrailles de la miséricorde de notre Dieu, qui a fait que ce Soleil levant est venu nous visiter d’en haut,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Zacharie, 3, 8 ; 6, 12 ; Malachie, 4, 2.
pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort, et pour conduire nos pieds dans le chemin de la paix.
Or l’enfant croissait, et se fortifiait en esprit ; et il demeurait dans le désert jusqu’au jour où il devait paraître devant le peuple d’Israël.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans les déserts. Dans le désert de Judée. Voir Matthieu, 3, 1.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Beaucoup : Saint Matthieu et saint Marc sont-ils compris dans cette expression ? A notre avis, si ces deux Evangélistes n’en sont pas formellement exclus, c’est pourtant sur d’autres écrits moins considérables, et surtout moins autorisés, d’auteurs inconnus, que se porte la pensée de saint Luc, qui d’ailleurs ne blâme pas autrement ces premiers essais. Il pourrait donc s’agir des écrits que plusieurs fidèles avaient composés dès le commencement du christianisme, écrits peu exacts et peu fidèles, malgré la bonne intention de leurs auteurs, mais aussi des œuvres mensongères que des imposteurs fabriquèrent pour corrompre le dépôt des vraies Ecritures, afin de mieux établir leurs fausses doctrines.