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Luc 15

LES publicains et les gens de mauvaise vie se tenant auprès de Jésus pour l’écouter,

les pharisiens et les scribes en murmuraient, et disaient : Voyez comme cet homme reçoit les gens de mauvaise vie, et mange avec eux.

Alors Jésus leur proposa cette parabole :

Qui est l’homme d’entre vous, qui ayant cent brebis, et en ayant perdu une, ne laisse les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert, pour s’en aller après celle qui s’est perdue, jusqu’à ce qu’il la trouve ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Matthieu, 18, 12.

et lorsqu’il l’a trouvée, il la met sur ses épaules avec joie ;

et étant retourné en sa maison, il appelle ses amis et ses voisins, et leur dit : Réjouissez-vous avec moi, parce que j’ai trouvé ma brebis qui était perdue.

Je vous dis, qu’il y aura de même plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui fait pénitence, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de pénitence.

Ou, qui est la femme qui ayant dix drachmes, et en ayant perdue une, n’allume la lampe, et balayant la maison, ne la cherche avec grand soin, jusqu’à ce qu’elle la trouve ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dix drachmes ; la drachme valait environ quarante centimes.

et après l’avoir trouvée, elle appelle ses amies et ses voisines, et leur dit : Réjouissez-vous avec moi, parce que j’ai trouvé la drachme que j’avais perdue.

De même, vous dis-je, c’est une joie parmi les anges de Dieu, lorsqu’un seul pécheur fait pénitence.

Il leur dit encore : Un homme avait deux fils,

dont le plus jeune dit à son père : Mon père, donnez-moi ce qui doit me revenir de votre bien. Et le père leur fit le partage de son bien.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Donnez-moi la portion de votre bien qui doit me revenir. D’après la loi, le cadet avait la moitié de moins que l’aîné.

Peu de jours après, le plus jeune de ces deux enfants ayant amassé tout ce qu’il avait, s’en alla dans un pays étranger fort éloigné, où il dissipa tout son bien en excès et en débauches.

Après qu’il eut tout dépensé, il survint une grande famine en ce pays-là, et il commença à tomber en nécessité.

Il s’en alla donc, et s’attacha au service d’un des habitants du pays, qui l’envoya en sa maison des champs, pour y garder les pourceaux.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il alla donc et il s’attacha ; hébraïsme, pour : Il alla s’attacher, il résolut de s’attacher.

Et là il eût été bien aise de remplir son ventre des écosses que les pourceaux mangeaient ; mais personne ne lui en donnait.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il désirait se rassasier des cosses que mangeaient les pourceaux. Il s’agit du fruit du caroubier, commun en Orient, et qu’on donne comme nourriture au bétail.

Enfin, étant rentré en lui-même, il dit : Combien y a-t-il chez mon père de serviteurs à gages, qui ont plus de pain qu’il ne leur en faut ; et moi, je meurs ici de faim !

Il faut que je parte et que j’aille trouver mon père, et que je lui dise : Mon père, j’ai péché contre le ciel et contre vous ;

et je ne suis plus digne d’être appelé votre fils : traitez-moi comme l’un des serviteurs qui sont à vos gages.

Il partit donc, et vint trouver son père. Lorsqu’il était encore bien loin, son père l’aperçut, et en fut touché de compassion ; et courant à lui, il se jeta à son cou, et le baisa.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il tomba sur son cou. « Il ne s’y jette pas, il y tombe. » (BOSSUET, Retraite sur la pénitence, 10e jour.)

Son fils lui dit : Mon père, j’ai péché contre le ciel et contre vous ; et je ne suis plus digne d’être appelé votre fils.

Alors le père dit à ses serviteurs : Apportez promptement la plus belle robe, et l’en revêtez ; et mettez-lui un anneau au doigt, et des souliers à ses pieds ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sa robe première ; celle qu’il avait avant de me quitter ; selon d’autres, la plus belle, la plus précieuse. ― Le texte original porte stolê, mot qui désigne un large vêtement porté par les hommes les plus importants, rois, prêtres, etc., et descendant jusqu’aux pieds. ― Un anneau. L’anneau, qui servait de sceau, était une marque de distinction. ― Une chaussure. Les esclaves allaient pieds nus ; la chaussure indiquait donc un homme libre.

amenez aussi le veau gras, et le tuez ; mangeons et faisons bonne chère :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le veau gras. Encore aujourd’hui pour fêter un personnage, on tue le veau gras. En temps ordinaire, les Orientaux ne mangent presque jamais de viande.

parce que mon fils que voici était mort, et il est ressuscité ; il était perdu, et il est retrouvé. Ils commencèrent donc à faire festin.

Cependant son fils aîné, qui était dans les champs, revint ; et lorsqu’il fut proche de la maison, il entendit les concerts et le bruit de ceux qui dansaient.

Il appela donc un des serviteurs, et lui demanda ce que c’était.

Le serviteur lui répondit : C’est que votre frère est revenu ; et votre père a tué le veau gras, parce qu’il le revoit en santé.

Ce qui l’ayant mis en colère, il ne voulait point entrer ; mais son père étant sorti, commençait à l’en prier.

Sur quoi prenant la parole, il dit à son père : Voilà déjà tant d’années que je vous sers, et je ne vous ai jamais désobéi en rien de ce que vous m’avez commandé ; et cependant vous ne m’avez jamais donné un chevreau pour me réjouir avec mes amis ;

mais aussitôt que votre autre fils, qui a mangé son bien avec des femmes perdues, est revenu, vous avez tué pour lui le veau gras.

Alors le père lui dit : Mon fils, vous êtes toujours avec moi, et tout ce que j’ai est à vous ;

mais il fallait faire festin et nous réjouir, parce que votre frère que voici, était mort, et il est ressuscité ; il était perdu, et il est retrouvé.