Confort de lecture
Ces réglages restent sur cet appareil et valent pour toutes les pages de lecture du site.
Marc 5
AYANT passé la mer, ils vinrent au pays des Géraséniens.
Et Jésus ne fut pas plutôt descendu de la barque, qu’un homme possédé de l’esprit impur vint à lui, sortant des sépulcres,
où il faisait sa demeure ordinaire ; et personne ne pouvait plus le lier, même avec des chaînes :
car souvent ayant les fers aux pieds, et étant lié de chaînes, il avait rompu ses chaînes et brisé ses fers, et nul homme ne le pouvait dompter.
Il demeurait jour et nuit dans les sépulcres et sur les montagnes, criant et se meurtrissant lui-même avec des pierres.
Ayant donc vu Jésus de loin, il courut à lui, et l’adora ;
et jetant un grand cri, il lui dit : Qu’y a-t-il entre vous et moi, Jésus, Fils du Dieu très-haut ? Je vous conjure par le nom de Dieu, de ne me point tourmenter.
Car Jésus lui disait : Esprit impur, sors de cet homme.
Et il lui demanda : Comment t’appelles-tu ? À quoi il répondit : Je m’appelle Légion, parce que nous sommes plusieurs.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Légion. Voir Matthieu, 26, 53. Le mot légion peut être pris ici indéfiniment dans le sens d’un très grand nombre. ― La légion romaine, du temps d’Auguste, se composait de 6 800 hommes.
Et il le priait avec instance, de ne le point chasser hors de ce pays-là.
Or il y avait là un grand troupeau de pourceaux qui paissaient le long des montagnes ;
et tous ces démons le suppliaient, en lui disant : Envoyez-nous dans ces pourceaux, afin que nous y entrions.
Jésus le leur permit aussitôt ; et ces esprits impurs, sortant du possédé, entrèrent dans les pourceaux ; et tout le troupeau, qui était environ de deux mille, courut avec impétuosité se précipiter dans la mer, où ils furent tous noyés.
Ceux qui menaient paître les pourceaux s’enfuirent, et en allèrent porter la nouvelle dans la ville et dans les champs : ce qui fit que plusieurs sortirent pour voir ce qui était arrivé.
Et étant venus à Jésus, ils virent celui qui avait été tourmenté par le démon, assis, habillé, et en son bon sens : ce qui les remplit de crainte.
Et ceux qui avaient vu ce qui s’était passé, leur ayant rapporté tout ce qui était arrivé au possédé et aux pourceaux,
ils commencèrent à le prier de sortir de leur pays.
Comme il rentrait dans la barque, celui qui avait été tourmenté par le démon, le supplia qu’il lui permît d’aller avec lui :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il craignait de redevenir encore un possédé, mais le Seigneur le rassura (saint Théophile).
mais Jésus le lui refusa, et lui dit : Allez-vous-en chez vous trouver vos proches, et leur annoncez les grandes grâces que vous avez reçues du Seigneur, et la miséricorde qu’il vous a faite.
Cet homme s’en étant allé, commença à publier dans la Décapole les grandes grâces que Jésus lui avait faites ; et tout le monde en était dans l’admiration.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans la Décapole. Voir Matthieu, 4, 25. Les villes de la Décapole étaient une confédération de dix cités, ensuite leur nombre s’accrut. Elles étaient habitées par des païens et avaient peu d’Hébreux.
Jésus étant encore repassé dans la barque à l’autre bord, lorsqu’il était auprès de la mer une grande multitude de peuple s’assembla autour de lui.
Et un chef de synagogue, nommé Jaïre, vint le trouver ; et le voyant, il se jeta à ses pieds ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 9, 18 ; Luc, 8, 41. ― Un chef de synagogue, archisynagogus, en hébreu rôsch hakséneth. Ses fonctions consistaient à administrer les affaires temporelles et spirituelles de la synagogue. Il présidait aux offices, désignait les lecteurs de la Sainte Ecriture, donnait la parole à ceux qui devaient l’expliquer ou l’expliquait lui-même, et exerçait sur tout ce qui se faisait dans la synagogue sa haute surveillance.
et il le suppliait avec grande instance, en lui disant : J’ai une fille qui est à l’extrémité : venez lui imposer les mains pour la guérir et lui sauver la vie.
Jésus s’en alla avec lui ; et il était suivi d’une grande foule de peuple, qui le pressait.
Alors une femme malade d’une perte de sang depuis douze ans,
qui avait beaucoup souffert entre les mains de plusieurs médecins, et qui ayant dépensé tout son bien, n’en avait reçu aucun soulagement, mais s’en était toujours trouvée plus mal,
ayant entendu parler de Jésus, vint dans la foule par derrière, et toucha son vêtement :
car elle disait : Si je puis seulement toucher son vêtement, je serai guérie.
Au même instant la source du sang qu’elle perdait fut séchée, et elle sentit dans son corps qu’elle était guérie de cette maladie.
Aussitôt Jésus connaissant en soi-même la vertu qui était sortie de lui, se retourna au milieu de la foule, et dit : Qui est-ce qui a touché mes vêtements ?
Ses disciples lui dirent : Vous voyez que la foule vous presse de tous côtés, et vous demandez qui vous a touché ?
Et il regardait tout autour de lui pour voir celle qui l’avait touché.
Mais cette femme, qui savait ce qui s’était passé en elle, étant saisie de crainte et de frayeur, vint se jeter à ses pieds, et lui déclara toute la vérité.
Et Jésus lui dit : Ma fille, votre foi vous a sauvée ; allez en paix, et soyez guérie de votre maladie.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Luc, 7, 50 ; 8, 48.
Lorsqu’il parlait encore, il vint des gens du chef de synagogue, qui lui dirent : Votre fille est morte ; pourquoi voulez-vous donner au Maître la peine d’aller plus loin ?
Mais Jésus ayant entendu cette parole, dit au chef de synagogue : Ne craignez point ; croyez seulement.
Et il ne permit à personne de le suivre, sinon à Pierre, à Jacques, et à Jean, frère de Jacques.
Étant arrivés dans la maison de ce chef de synagogue, il y vit une troupe confuse de personnes qui pleuraient, et qui jetaient de grands cris ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 9, 23.
et en entrant il leur dit : Pourquoi faites-vous tant de bruit ? et pourquoi pleurez-vous ? Cette fille n’est pas morte ; elle n’est qu’endormie.
Et ils se moquaient de lui. Alors ayant fait sortir tout le monde, il prit le père et la mère de l’enfant, et ceux qui étaient venus avec lui, et il entra au lieu où la fille était couchée.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Parce que s’ils ne veulent pas croire mais se moquer, ils sont indignes de voir le miracle (saint Bède).
Il la prit par la main, et lui dit : Talitha, cumi ; c’est-à-dire, Ma fille, levez-vous, je vous le commande.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Talitha cumi. Ce sont deux mots araméens, dont le premier signifie jeune fille et dont le second est l’impératif de la seconde personne féminine : lève-toi.
Au même instant la fille se leva, et se mit à marcher ; car elle avait douze ans : et ils furent merveilleusement étonnés.
Mais il leur commanda très-expressément de prendre garde que personne ne le sût ; et il leur dit, qu’on lui donnât à manger.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 8, 28 ; Luc, 8, 26. ― Le pays des Géraséniens. Voir Matthieu, note 8.28.