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Zacharie 14
LES jours du Seigneur vont venir, et l’on partagera vos dépouilles au milieu de vous.
J’assemblerai tous les peuples pour combattre Jérusalem : la ville sera prise, les maisons seront ruinées, les femmes seront violées : la moitié de la ville sera emmenée captive, et le reste du peuple ne sera point chassé de la ville.
Le Seigneur paraîtra ensuite, et il combattra contre ces nations, comme il a fait quand il a combattu pour son peuple.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Du combat, pour son peuple. Comparer à Exode, chapitre 14.
En ce jour-là il posera ses pieds sur la montagne des Oliviers, qui est vis-à-vis de Jérusalem vers l’orient : la montagne des Oliviers se divisant en deux par le milieu du côté de l’orient, et du côté de l’occident, laissera une fort grande ouverture ; et une partie de la montagne se jettera vers le septentrion, et l’autre vers le midi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ses pieds, etc. Ceux qui appliquent le sens littéral de ce passage à la persécution d’Antiochus prétendent que le sens est que Dieu prendra la défense de son peuple, et donnera pour marque de sa présence un grand tremblement de terre ; mais ceux qui l’expliquent de la guerre des Romains contre les Juifs disent que Zacharie désigne ici les creux et les profondeurs que firent les troupes romains en creusant dans les montagnes, afin d’en tirer une grande quantité de terre et des pierres, pour faire leurs terrasses, leurs murailles et leurs ouvrages, dans la vallée du Cédron et au midi de Jérusalem. Comparer au verset suivant. [Mais le sens obvie et premier de cette prophétie vise le grand combat que toutes les Nations livreront contre Israël à la fin des temps, lors du Règne de l’Antéchrist ; combat eschatologique accompagné de phénomènes cosmiques. Viendra ensuite le Règne glorieux du Messie.]
Vous fuirez à la vallée enfermée entre mes montagnes, parce qu'elle sera proche : vous fuirez comme vous avez fait au tremblement de terre qui arriva sous le règne d’Ozias, roi de Juda : et alors le Seigneur, mon Dieu, viendra, et tous ses saints avec lui.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans les jours d’Ozias, etc. Comparer à Amos, 1, 1. ― Et tous les saints avec lui. Voir Deutéronome, 33, 2. ― La vallée de ces montagnes. La vallée du Cédron.
En ce temps-là on ne verra point de lumière : mais il n’y aura que froid et gelée.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La lumière signifie la joie, le bonheur, et la gelée (le froid), la tristesse, l’affliction.
Il y aura un jour connu du Seigneur, qui ne sera ni jour ni nuit, et sur le soir de ce jour la lumière paraîtra.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Jour signifie également joie, bonheur, et nuit, affliction, malheur. Dans la guerre des Juifs contre les Romains, il y eut un temps où il n’était ni jour ni nuit, c’est-à-dire où le succès du combat demeura douteux entre les uns et les autres ; mais au moment du soir il y eut de la lumière, c’est-à-dire, vers la fin du combat, les Romains eurent l’avantage.
En ce temps-là il sortira de Jérusalem des eaux vives, dont la moitié se répandra vers la mer d’Orient, et l’autre vers la mer d’Occident ; et elles couleront l’hiver et l’été.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Des eaux vives, etc. Cette prédiction ne saurait s’entendre à la lettre, de la Jérusalem terrestre, qu’on la considère depuis la persécution d’Antiochus, ou depuis sa dernière prise par les Romains. Ces eaux vives sont la figure du baptême et des autres sacrements de l’Eglise, de la doctrine de l’Evangile et de la grâce du Saint-Esprit. ― La mer orientale, la mer Morte qui représente les Juifs. ― La mer occidentale, la mer Méditerranée, qui figure les gentils. ― L’été et l’hiver, chez les Hébreux, comprennent l’année entière.
Le Seigneur sera le Roi de toute la terre : en ce jour-là le Seigneur sera seul reconnu Dieu, et son nom seul sera révéré.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le Seigneur, etc. Ce passage se rapporte évidemment à Jésus-Christ et à la religion chrétienne. Comparer à Matthieu, 28, 18 ; Jean, 13, 13-14 ; Philippiens, 2, vv. 9, 11.
Tout le pays sera habité jusque dans les lieux les plus déserts, depuis la colline jusqu’à Remmon, qui est au midi de Jérusalem. Jérusalem sera élevée en gloire, et elle occupera le lieu où elle était d’abord, depuis la porte de Benjamin jusqu’à l’endroit où était l’ancienne porte, et jusqu’à la porte des angles ; et depuis la tour d’Hananéel jusqu’aux pressoirs du roi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Elle habitera, etc. Voir Zacharie, 12, 6. ― Remmon, au midi de Jérusalem, pour distinguer ce Remmon d’un autre qui était au nord de la Palestine, voir Josué, 19, 13. ― Pour les portes et les tours mentionnées ici, voir la note 17 à la fin du volume (appendices).
Jérusalem sera habitée, et elle ne sera plus frappée d’anathème ; mais elle se reposera dans une entière sûreté.
Voici la plaie dont le Seigneur frappera toutes les nations qui auront combattu contre Jérusalem : chacun d’eux mourra tout vivant, et verra son corps tomber par pièces ; leurs yeux pourriront dans leur place naturelle, et leur langue séchera dans leur palais.
En ce temps-là le Seigneur excitera un grand tumulte parmi eux : l’un prendra la main de l’autre, et le frère mettra sa main sur la main de son frère.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un grand tumulte, etc. ; c’est-à-dire, le Seigneur excitera un grand tumulte. ― Sa main, etc., pour y trouver un secours, un appui, selon les uns, ou pour le livrer au persécuteur, et l’empêcher de se défendre, ce qui paraît plus conforme au contexte.
Juda combattra aussi lui-même contre Jérusalem : et il se fera un grand amas de richesses de tous les peuples d’alentour ; d’or, d’argent, et de toute sorte de vêtements.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Très ; beaucoup. C’est le vrai sens du satis de la Vulgate expliqué par l’hébreu.
Les chevaux et les mulets, les chameaux et les ânes, et toutes les bêtes qui se trouveront alors dans leur camp, seront frappées de la même plaie.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ainsi sera la destruction, comme cette destruction. Pour le sens de ces mots il faut se reporter au verset 12. ― Par cheval, mulet, etc., quelques interprètes entendent les simples soldats, les peuples grossiers et stupides ; mais chez les anciens l’anathème s’étendait aux animaux aussi bien qu’aux personnes (voir Josué, 6, 21).
Tous ceux qui seront restés de tous les peuples qui auront combattu contre Jérusalem, viendront chaque année pour adorer le souverain Roi, le Seigneur des armées, et pour célébrer la fête des tabernacles.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La fête des tabernacles, une des trois fêtes solennelles que tous les Juifs étaient obligés d’aller célébrer à Jérusalem, en mémoire des quarante années qu’ils avaient passées sous des tentes dans le désert.
Alors si dans les maisons du pays il se trouve quelqu’un qui ne vienne point à Jérusalem adorer le souverain Roi, le Seigneur des armées, la pluie du ciel ne tombera point sur lui.
S’il se trouve des familles d’Égypte qui n’y montent point et n’y viennent point, la pluie ne tombera point aussi sur elles : mais elles seront enveloppées dans la même ruine dont le Seigneur frappera tous les peuples qui ne seront point montés pour célébrer la fête des tabernacles.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ce ne sera pas la pluie sur eux. Un des traits caractéristiques du climat d’Egypte, c’est qu’il n’y pleut presque jamais ; l’inondation du Nil remplace la pluie. Voir Deutéronome, 11, 10-11.
C’est ainsi que sera puni le péché de l’Égypte, et le péché de tous les peuples qui ne seront point montés pour célébrer la fête des tabernacles.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La peine du péché. Dans l’Ecriture le mot péché se prend assez souvent pour punition, châtiment du péché.
En ce jour-là tous les ornements des chevaux seront consacrés au Seigneur ; et les vaisseaux qu’on met sur le feu dans la maison du Seigneur, seront aussi sacrés que les coupes de l’autel.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ce qui est sur la bride, etc. ; c’est-à-dire, les ornements en riches métaux qui décoraient les brides des chevaux. Anciennement les brides elles-mêmes étaient d’or. C’est du moins ce que nous apprennent Quinte-Curce et Virgile.
Toutes les chaudières qui seront dans Jérusalem et dans Juda seront consacrées au Seigneur des armées : et tous ceux qui offriront des sacrifices s’en serviront pour y cuire la chair des victimes ; et en ce jour-là il n’y aura plus de marchand dans la maison du Seigneur des armées.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voici que viendront, etc. ; prophétie que les uns rapportent à la persécution d’Antiochus Epiphane, et les autres au temps de la guerre des Romains contre les Juifs.