Confort de lecture
Ces réglages restent sur cet appareil et valent pour toutes les pages de lecture du site.
Habacuc 2
JE me tiendrai en sentinelle au lieu où j’ai été mis ; je demeurerai ferme sur les remparts, et je regarderai attentivement pour voir ce que l’on pourra me dire, et ce que je devrai répondre à celui qui me reprendra.
Alors le Seigneur me parla, et me dit : Écrivez ce que vous voyez, et marquez-le distinctement sur des tablettes, afin qu’on puisse le lire couramment.
Car ce qui vous a été révélé paraîtra enfin, et ne manquera point d’arriver : s’il diffère un peu, attendez-le ; car il arrivera assurément, et il ne tardera pas.
Celui qui est incrédule, n’a point l’âme droite ; mais le juste vivra de sa foi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jean, 3, 36 ; Galates, 3, 11. ― Mais le juste, etc. ; paroles que saint Paul (voir Romains, 1, 17 ; Hébreux, 10, 38) applique à la foi en Jésus-Christ, en l’œuvre de la rédemption.
Comme le vin trompe celui qui en boit avec excès, ainsi le superbe sera trompé, et il ne demeurera point dans son éclat ; parce que ses désirs sont vastes comme l’enfer, qu’il est insatiable comme la mort, et qu’il travaille à réunir sous sa domination toutes les nations, et à s’assujettir tous les peuples.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Et il ne sera pas honoré. La particule et peut être ici purement pléonastique, marquant l’apodose (voir Osée, 11, 1), ou bien explicative, synonyme de c’est-à-dire, sens qu’elle a quelquefois dans la Bible. Cette prophétie peut s’entendre non seulement de Nabuchodonosor, mais encore de la monarchie même des Chaldéens.
Mais ne deviendra-t-il pas lui-même comme la fable de tous ces peuples ? et ne lui insulteront-ils pas par des railleries sanglantes ? Ne dira-t-on pas : Malheur à celui qui ravit sans cesse ce qui ne lui appartient point ! Jusques à quand amassera-t-il contre lui-meme des monceaux de boue ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ne le prendront pas, etc. Voir Jérémie, 24, 7. (?) ― Une boue épaisse, comparaison pour désigner les richesses.
Ne verrez-vous pas s’élever tout d’un coup contre vous des gens qui vous mordront et vous déchireront, dont vous deviendrez vous-même la proie ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le Prophète désigne ici les Mèdes et les Perses, qui, sous la conduite de Cyrus, attaquèrent l’empire des Chaldéens, et le détruisirent sous Baltassar, petit-fils de Nabuchodonosor.
Comme vous avez dépouillé tant de peuples, tous ceux qui en seront restés, vous dépouilleront à leur tour, à cause du sang des hommes que vous avez versé, et des injustices que vous avez exercées contre toutes les terres de la ville sainte, et contre tous ceux qui y habitaient.
Malheur à celui qui amasse du bien par une avarice criminelle pour établir sa maison, et pour mettre son nid le plus haut qu’il pourra, s’imaginant qu’il sera ainsi à couvert de tous les maux !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Malheur, etc. On explique encore ordinairement ceci du roi de Babylone.
Vos grands desseins pour votre maison en seront la honte : vous avez ruiné plusieurs peuples, et votre âme s’est plongée dans le péché.
Mais la pierre criera contre vous du milieu de la muraille, et le bois qui sert à lier le bâtiment, rendra témoignage contre vous.
Malheur à celui qui bâtit une ville du sang des hommes, et qui la fonde dans l’iniquité !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Ezéchiel, 24, 9 ; Nahum, 3, 1. ― Le sang ; littéralement, les sangs. Voir Ezéchiel, 22, 2.
Ne sera-ce pas le Seigneur des armées qui fera ce que je vais dire ? Tous les travaux des peuples seront consumés par le feu, et les efforts des nations seront réduits au néant :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Toutes ces choses que j’annonce, n’est-ce pas le Seigneur qui me les fait annoncer, et qui les exécutera ? ― Des peuples travailleront, etc., c’est-à-dire, que leurs travaux seront consumés par le feu. Comparer à Jérémie, 51, 58.
parce que la terre sera remplie d’ennemis, comme le fond de la mer est tout couvert de ses eaux : afin que tous connaissent la gloire et la justice du Seigneur.
Malheur à celui qui mêle son fiel dans le breuvage qu’il donne à son ami, et qui l’enivre pour voir sa nudité !
Vous serez rempli d’ignominie au lieu de la gloire qui vous environne : on vous dira : Buvez aussi vous-même, et soyez frappé d’assoupissement. Le calice que vous recevrez de la main du Seigneur vous enivrera, et toute votre gloire se terminera à un infâme vomissement.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le calice, etc. ; allusion à l’ancien usage selon lequel, dans les repas, la même coupe passait d’un convive à l’autre.
Car les maux que vous avez faits sur le Liban, retomberont sur vous ; vos peuples seront épouvantés des ravages que feront vos ennemis comme des bêtes farouches, à cause du sang des hommes que vous avez répandu, et des injustices que vous avez commises dans la terre et la ville sainte, et contre tous ceux qui y habitaient.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le Liban ; nom que les prophètes donnaient à Jérusalem. ― Te couvrira ; retombera sur toi. Comparer à Isaïe, 37, 24.
Que sert la statue qu’un sculpteur a faite, ou l’image fausse qui se jette en fonte ? et néanmoins l’ouvrier espère en son propre ouvrage, et dans l’idole muette qu’il a formée.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’analyse grammaticale de ce verset est très difficile, pour ne pas dire impossible à faire, tant dans l’hébreu que dans la Vulgate. Les mots statue jetée en fonte (conflatile) et image fausse (imaginem falsam) étant à l’accusatif, sont nécessairement des compléments directs du verbe a fait ou sculpté (sculpsit). Une traduction rigoureuse étant impossible dans notre langue, nous croyons cependant avoir rendu le fond de la pensée de l’écrivain sacré en combinant les deux textes grec et latin.
Malheur à celui qui dit au bois, Réveillez-vous ; et à la pierre muette, Levez-vous ! Cette pierre pourra-t-elle lui apprendre quelque chose ? Elle est couverte au dehors d’or et d’argent : et elle est au dedans sans âme et sans vie.
Mais le Seigneur habite dans son temple saint : que toute la terre demeure en silence devant lui.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 11 (?), 5. ― Son temple saint ; expression qui sert souvent à exprimer le ciel même ; elle peut avoir ici cette signification.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ne s’arrête pas ; lise de suite couramment.