Aller au contenu
Quaestio
Confort de lecture
Taille
Espacement
Présentation
Police

Ces réglages restent sur cet appareil et valent pour toutes les pages de lecture du site.

← Nahum 2 Nahum 3 sur 3 chapitres Habacuc 1 →

Nahum 3

MALHEUR à toi, ville de sang ! qui es toute pleine de fourberie, et qui te repais sans cesse de tes rapines et de tes brigandages.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Ezéchiel, 24, 9 ; Habacuc, 2, 12. ― De sang ; littéralement, et par hébraïsme, de sangs. Voir Ezéchiel, 22, 2. 7 Les sauterelles des sauterelles, les petits des sauterelles, les jeunes sauterelles.

J’entends déjà les fouets qui retentissent de loin ; les roues qui se précipitent avec un grand bruit, les chevaux qui hennissent fièrement, les chariots qui courent comme la tempête, et la cavalerie qui s’avance à toute bride.

Je vois les épées qui brillent, les lances qui étincellent, une multitude d’hommes percés de coups, une défaite sanglante et cruelle, un carnage qui n’a point de fin, et des monceaux de corps qui tombent les uns sur les autres.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sans fin ; sans nombre. ― Ils tomberont, etc. ; c’est-à-dire, les soldats tomberont et ne pourront pas avancer, tant sera grand le nombre des corps morts des Ninivites.

Tous ces maux arriveront à Ninive : parce qu’elle s’est tant de fois prostituée ; qu’elle est devenue une courtisane qui a tâché de plaire et de se rendre agréable ; qui s’est servie des enchantements ; qui a vendu les peuples par ses fornications, et les nations par ses sortilèges.

Je viens à vous, dit le Seigneur des armées ; je vous dépouillerai de tous vos vêtements qui couvrent ce qui doit être caché ; j’exposerai votre nudité aux nations, et votre ignominie à tous les royaumes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Isaïe, 47, 3.

Je ferai retomber vos abominations sur vous, je vous couvrirai d’infamie, et je vous rendrai un exemple de mes vengeances.

Tous ceux qui vous verront, se retireront en arrière, et diront : Ninive est détruite. Qui sera touché de votre malheur ? Où trouverai-je un homme qui vous console ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Qui secouera, etc. ; qui aura compassion de toi ? Comme nous l’avons déjà remarqué (voir Job, 16, 5), mouvoir, ou secouer la tête sur quelqu’un signifie tantôt se moquer, tantôt avoir compassion de lui. Or c’est dans le dernier sens que cette expression doit se prendre ici.

Êtes-vous plus considérable que la ville d’Alexandrie si pleine de peuples, située au milieu des fleuves, et toute environnée d’eau ; dont la mer est le trésor, et dont les eaux font les murailles et les remparts ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Alexandrie des peuples ; pleine de peuple, populeuse. ― Le texte original porte No-Amon, c’est-à-dire Thèbes, au lieu d’Alexandrie. Saint Jérôme, ignorant quelle ville désignait No-Amon, crut qu’il s’agissait, non pas d’Alexandrie, qui n’existait pas du temps de Nahum, mais d’une ville qui aurait fleuri antérieurement à la même place. Thèbes, capitale de la Haute-Egypte, au milieu des eaux du Nil, fut saccagée du temps de Nahum par les Assyriens. Le roi de Ninive, Assurbanipal, ayant battu les troupes du roi d’Egypte, Urdaman, successeur de Tharaca, dans les environs de Memphis, Urdaman se retira à Thèbes. L’armée assyrienne l’y poursuivit et mit au pillage cette riche cité, le pharaon s’étant enfui à l’approche des ennemis, vers l’an 665.

L’Éthiopie était sa force, et elle trouvait dans l’Égypte des ressources infinies : il lui venait des secours de l’Afrique et de la Libye.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il n’y a pas de fin à énumérer les autres nations qui pouvaient être ses auxiliaires. ― L’Ethiopie était sa force. Tharaca, père d’Urdaman, avait été d’abord roi d’Ethiopie et avait uni ce pays à l’Egypte. ― L’Afrique, en hébreu Put, en égyptien Punt, contrée d’Arabie, selon les uns ; la côte de Somal, selon les autres. ― La Libye, à l’ouest de l’Egypte.

Et cependant elle a été elle-même emmenée captive dans une terre étrangère : ses petits enfants ont été écrasés au milieu de ses rues ; les plus illustres de son peuple ont été partagés au sort, et tous ses plus grands seigneurs ont été chargés de fers.

Vous serez donc aussi enivrée du vin de la colère de Dieu ; vous tomberez dans le mépris ; et vous serez réduite à demander du secours contre l’ennemi.

Toutes vos fortifications seront comme les premières figues, qui aussitôt qu’on a secoué les branches du figuier tombent dans la bouche de celui qui veut les manger.

Tous vos citoyens vont devenir au milieu de vous comme des femmes ; vos portes et celles de tout le pays seront ouvertes à vos ennemis, et le feu en dévorera les barres et les verrous.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Tout ouvertes ; littéralement et par hébraïsme, par l’ouverture elles seront ouvertes.

Puisez de l’eau pour vous préparer au siège ; rétablissez vos remparts ; entrez dans l’argile, foulez-la aux pieds, et mettez-la en œuvre pour faire des briques.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Fais de la brique ; les murs et les maisons de Ninive étaient en briques.

Après cela néanmoins le feu vous consumera ; l’épée vous exterminera, et vous dévorera comme si vous n’étiez que des hannetons : assemblez-vous comme un nuage de ces insectes, et venez en foule comme les sauterelles ; et ce sera en vain.

Vous avez plus amassé de trésors par votre trafic qu’il n’y a d’étoiles dans le ciel ; mais tout cela sera comme une multitude de hannetons qui couvre la terre, et s’envole ensuite.

Vos gardes sont comme des sauterelles, et vos petits enfants sont comme les petites sauterelles, qui s’arrêtent sur les haies quand le temps est froid ; mais lorsque le soleil est levé, elles s’envolent, et on ne reconnaît plus la place où elles étaient.

Ô roi d’Assur ! vos pasteurs et vos gardes se sont endormis, vos princes ont été ensevelis dans le sommeil, votre peuple est allé se cacher dans les montagnes, et il n’y a personne pour le rassembler.

Votre ruine est exposée aux yeux de tous ; votre plaie est mortelle : tous ceux qui ont appris ce qui vous est arrivé, ont applaudi à vos maux : car qui n’a pas ressenti les effets continuels de votre malice ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ninive succomba vers l’an 606 sous les coups des Mèdes et des Babyloniens réunis, et elle ne s’est jamais relevée de sa ruine.