Confort de lecture
Ces réglages restent sur cet appareil et valent pour toutes les pages de lecture du site.
Nahum 2
VOICI celui qui doit renverser vos murailles à vos yeux, et vous assiéger de toutes parts : mettez des sentinelles sur les chemins, prenez les armes : rassemblez toutes vos forces.
Car le Seigneur va punir l’insolence avec laquelle les ennemis de Jacob et d’Israël les ont traités lorsqu’ils les ont pillés, qu’ils les ont dispersés, et qu’ils ont gâté les rejetons d’une vigne si fertile.
Voici celui qui doit vous détruire : le bouclier de ses braves jette des flammes de feu ; ses gens d’armes sont couverts de pourpre ; ses chariots étincellent lorsqu’ils marchent au combat ; ceux qui les conduisent sont furieux comme des gens ivres.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Se sont assoupis ; par la confiance qu’ils avaient dans la force de leurs armes. ― « Qu’y a-t-il, dans l’antiquité profane, de comparable à Nahum voyant de loin en esprit tomber la superbe Ninive sous les efforts d’une armée innombrable ? On croit voir cette armée, on croit entendre le bruit des armes et des chariots ; tout est dépeint d’une manière vive qui saisit l’imagination : il laisse Homère loin derrière lui. » (FENELON.)
Les chemins sont pleins de trouble et de tumulte, et les chariots dans les places se heurtent l’un contre l’autre : les yeux des soldats paraissent des lampes, et leurs visages semblent lancer des foudres et des éclairs.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sur les routes, etc. ; ils sont venus en si grand nombre qu’ils n’ont pu garder aucun ordre dans leur marche, et que lorsqu’ils sont entrés dans quelque ville, leurs chariots n’ont pu passer librement dans les rues.
L’ennemi fera marcher ses plus vaillants hommes ; ils iront à l’attaque avec une course précipitée : ils se hâteront de monter sur la muraille, et ils prépareront des machines où ils seront à couvert.
Enfin les portes de Ninive sont ouvertes par l’inondation des fleuves ; son temple est détruit jusqu’aux fondements.
Tous ses gens de guerre sont pris ; ses femmes sont emmenées captives, gémissant comme des colombes, et dévorant leurs plaintes au fond de leur cœur.
Ninive est toute couverte d’eau comme un grand étang : ses citoyens prennent la fuite : elle crie, Au combat ! au combat ! mais personne ne retourne.
Pillez l’argent, pillez l’or ; ses richesses sont infinies ; ses vases et ses meubles précieux sont inépuisables.
Ninive est détruite ; elle est renversée ; elle est déchirée : on n’y voit que des hommes dont les cœurs sèchent d’effroi, dont les genoux tremblent, dont les corps tombent en défaillance, dont les visages paraissent tout noirs et défigurés.
Où est maintenant cette caverne de lions ? où sont ces pâturages de lionceaux ? cette caverne où le lion se retirait avec ses petits, sans que personne vînt les y troubler ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Propre au pâturage ; le mot pascua est ici le féminin de l’adjectif pascuus, comme le prouve le relatif suivant, laquelle (quam), qui représente lui-même le substantif Ninive.
où le lion apportait les bêtes toutes sanglantes qu’il avait égorgées pour en nourrir ses lionnes et ses lionceaux ; remplissant son antre de sa proie, et ses cavernes de ses rapines.
Je viens à vous, dit le Seigneur des armées : je mettrai le feu à vos chariots, et je les réduirai en poudre : l’épée dévorera vos jeunes lions : je vous arracherai tout ce que vous aviez pris aux autres ; et on n’entendra plus la voix insolente des ambassadeurs que vous envoyiez.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
J’exterminerai, etc. ; je ferai que tu ne pourras plus ravir de proie sur la terre, ou bien, j’enlèverai de ton pays tout ce que tu as pris aux autres. ― L’on n’entendra plus, etc. ; allusion au discours impie et menaçant de Rabsacès, messager de Sennachérib. Voir 4 Rois, 18, verset 17 et suivants ; 2 Paralipomènes, 32, verset 9 et suivants ; Isaïe, 36, verset 2 et suivants.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La gloire, la grandeur ; c’est le sens du latin superbiam, expliqué par l’hébreu.