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Michée 2
MALHEUR à vous qui formez des desseins injustes, et qui prenez dans votre lit des résolutions criminelles, que vous exécutez dès le point du jour ! car c’est contre Dieu même que vous élevez la main.
Ils ont désiré des terres, et les ont prises avec violence : ils ont ravi des maisons par force : ils ont opprimé l’un pour lui ravir sa maison, et l’autre pour s’emparer de tous ses biens.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ils opprimaient (calumniabantur). Voir, sur ce mot, Jérémie, 50, 33.
C’est pourquoi, voici ce que dit le Seigneur : J’ai résolu de faire fondre sur ce peuple des maux dont vous ne dégagerez point votre tête, et vous ne marcherez plus d’un pas superbe, parce que le temps sera très-mauvais.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un malheur, qui sera comme un joug dont vous ne pourrez vous affranchir.
En ce temps-là vous deviendrez la fable des hommes, et l’on prendra plaisir à chanter des chansons sur vous, et à vous faire dire : Nous sommes ruinés, nous sommes pillés de toutes parts : le pays qui était a nous, est passé à d’autres : nos ennemis se sont retirés ; mais de quelle sorte ? Ce n’a été qu’afin de revenir, et de partager nos terres entre eux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un sujet de parabole. Voir Jérémie, 24, 9. ― De ceux qui diront comme si vous le disiez vous-mêmes. ― A été changée contre la terre de captivité. ― Comment se retirera-t-il de moi, Cette réflexion d’un Israélite, laquelle fait partie de la chanson, s’adresse aux faux prophètes et aux flatteurs qui disaient que les Assyriens abandonneraient le pays d’Israël, sans y causer un grand dommage.
C’est pourquoi il n’y aura plus personne d’entre vous qui ait sa part et son héritage dans l’assemblée du Seigneur.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le cordeau de partage, la corde qui sert à mesurer pour faire le partage des héritages.
Ne dites point sans cesse : Ces paroles de menace ne tomberont point sur ceux qui sont à Dieu ; ils ne seront point couverts de confusion.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ne dites point sans cesse ; littéralement, et par hébraïsme, disant ne dites point.
L’Esprit du .Seigneur, dit la maison de Jacob, est-il devenu moins étendu en miséricorde qu’il n’était ? et peut-il avoir ces pensées de nous perdre qu’on lui attribue ? Il est vrai, je n’ai que des pensées de bonté, dit le Seigneur ; mais c’est pour ceux qui marchent dans la droiture du cœur.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Telles, etc. ; c’est-à-dire, peut-il avoir ces pensées de nous perdre qu’on lui attribue ?
Mon peuple au contraire s’est révolté contre moi : vous avez ôté aux hommes non-seulement le manteau, mais la tunique ; et vous avez traité en ennemis ceux qui ne pensaient à aucun mal.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De dessus, etc. Cela pourrait s’entendre de la cruauté exercée par les Israélites sur leurs frères habitants de Juda, sous le règne de Phacée, roi d’Israël, et d’Achaz, roi de Juda (voir 2 Paralipomènes, 28, verset 6 et suivants).
Vous avez chassé les femmes de mon peuple des maisons où elles vivaient en repos ; et vous avez étouffé pour jamais ma louange dans la bouche de leurs petits enfants.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Vous avez chassé, etc. Sous le règne d’Achaz, les Israélites ont enlevé de Juda deux cent milles personnes, tant femmes que filles et petits enfants (voir 2 Paralipomènes, 28, 8). ― Vous avez enlevé, etc. Les enfants ainsi emmenés captifs et dépouillés de tous les biens qui excitaient leur reconnaissance, ne poussaient que des cris de douleur et de plainte, au lieu de célébrer les louanges du Seigneur, comme ils le faisaient dans la tranquillité de leurs maisons.
Allez-vous-en, sortez de votre terre, vous n’y trouverez point de repos ; parce que l’impureté dont vous l’avez souillée, l’a remplie d’une effroyable puanteur.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sera corrompue, etc., étant abandonnée à des idolâtres.
Plût à Dieu que je n’eusse point l’Esprit du Seigneur, et que je disse plutôt des mensonges ! Mais ma parole tombera sur vous comme un vin qui vous enivrera : et ce sera sur vous-même, ô Israël ! que cette parole sera accomplie.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le vin ou le calice que Dieu fait boire à ses ennemis, signifie très souvent sa colère et sa vengeance. ― Ce peuple ; le peuple même d’Israël.
Ô Jacob ! je vous rassemblerai un jour tout entier : je réunirai les restes d’Israël : je mettrai mon peuple tout ensemble comme un troupeau dans la bergerie, comme des brebis au milieu de leur parc ; et la foule des hommes y sera si grande, qu’elle y causera même de la confusion et du trouble.
Car celui qui doit leur ouvrir le chemin, marchera devant eux : ils passeront en troupes à la porte, et y entreront : leur Roi passera devant leurs yeux, et le Seigneur sera à leur tête.
Commentaire (versets 12 à 13) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 12 à 13 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Saint Jérôme et plusieurs interprètes entendent ces deux versets de la réunion future des restes d’Israël avec les gentils dans l’Eglise de Jésus-Christ, qui est lui-même leur roi et leur Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’inutile (inutile) ; le terme hébreu signifie aussi iniquité, injustice ; sens qui convient mieux ici.