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Nombres 20
AU premier mois de la quarantième année, toute la multitude des enfants d’Israël vint au désert de Sin ; et le peuple demeura à Cadès. Marie mourut là, et fut ensevelie au même lieu.
Et comme le peuple manquait d’eau, ils s’assemblèrent contre Moïse et Aaron ;
et ayant excité une sédition, ils leur dirent : Plût à Dieu que nous fussions péris avec nos frères devant le Seigneur !
Pourquoi avez-vous fait venir le peuple du Seigneur dans cette solitude, afin que nous mourions, nous et nos bêtes ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 17, 3.
Pourquoi nous avez-vous fait sortir de l’Egypte, et nous avez-vous amenés en ce lieu malheureux, où l’on ne peut semer ; où ni les figuiers, ni les vignes, ni les grenadiers ne peuvent venir, et où l’on ne trouve pas même d’eau pour boire ?
Moïse et Aaron ayant quitté le peuple, entrèrent dans le tabernacle de l’alliance, et s’étant jetés le visage contre terre, ils crièrent au Seigneur, et lui dirent ; Seigneur Dieu ! écoutez le cri de ce peuple, et ouvrez-leur votre trésor, donnez-leur une fontaine d’eau vive, afin qu’étant désaltérés ils cessent de murmurer. Alors la gloire du Seigneur parut au-dessus d’eux.
Et le Seigneur parla à Moïse, et lui dit :
Prenez votre verge, et assemblez le peuple, vous et votre frère Aaron ; parlez à la pierre devant eux, et elle vous donnera des eaux. Et lorsque vous aurez fait sortir l’eau de la pierre, tout le peuple boira, et toutes ses bêtes.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ta verge ; littéralement la verge. En hébreu, l’article déterminatif s’emploie souvent pour le pronom possessif ; au reste, ce pronom est exprimé dans le texte original, au verset 11, et le grec des Septante le porte ici même.
Moïse prit donc sa verge qui était devant le Seigneur, selon qu’il le lui avait ordonné,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 17, 5-6 ; Sagesse, 11, 4.
et ayant assemblé le peuple devant la pierre, il leur dit : Ecoutez, rebelles et incrédules ; Pourrons-nous vous faire sortir de l’eau de cette pierre ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 77, vv. 15, 20 ; 1 Corinthiens, 10, 4.
Moïse leva ensuite la main, et ayant frappé deux fois la pierre avec sa verge, il en sortit une grande abondance d’eau, en sorte que le peuple eut à boire, et toutes les bêtes aussi.
En même temps le Seigneur dit à Moïse et à Aaron : Parce que vous ne m’avez pas cru, et que vous ne m’avez pas sanctifié devant les enfants d’Israël, vous ne ferez point entrer ces peuples dans la terre que je leur donnerai.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Deutéronome, 1, 37. ― Sanctifier, ici, comme en bien d’autres endroits de l’Ecriture, signifie, reconnaître pour saint, traiter en saint.
C’est là l’eau de contradiction, où les enfants d’Israël murmurèrent contre le Seigneur, et où il fit paraître sa puissance et sa sainteté au milieu d’eux.
Cependant Moïse envoya de Cadès des ambassadeurs au roi d’Edom, pour lui dire : Voici ce que votre frère Israël vous mande : Vous savez tous les travaux que nous avons soufferts,
de quelle sorte nos pères étant descendus en Égypte, nous y avons habité longtemps, et que les Egyptiens nous ont affligés, nous et nos pères ;
et comment enfin ayant crié au Seigneur, il nous a exaucés, et a envoyé son ange, qui nous a fait sortir de l’Égypte. Nous sommes maintenant près de la ville de Cadès, qui est à l’extrémité de votre royaume.
Nous vous conjurons de nous permettre de passer par votre pays. Nous n’irons point au travers des champs, ni dans les vignes, et nous ne boirons point des eaux de vos puits ; mais nous marcherons par le chemin public, sans nous détourner ni à droite ni à gauche, jusqu’à ce que nous soyons passés hors de vos terres.
Edom leur répondit ; Vous ne passerez point sur mes terres, autrement j’irai en armes au-devant de vous.
Les enfants d’Israël lui répondirent ; Nous marcherons par le chemin ordinaire ; et si nous buvons de vos eaux, nous et nos troupeaux, nous payerons ce qui sera juste ; il n’y aura point de difficulté pour le prix ; souffrez seulement que nous passions sans nous arrêter.
Mais il répondit ; Vous ne passerez point. Et aussitôt il marcha au-devant d’eux avec une multitude infinie qui faisait une puissante armée ;
et quelques prières qu’on lui fît, il ne voulut point les écouter, ni accorder le passage par son pays ; c’est pourquoi Israël se détourna de ses terres.
Et ayant décampé de Cadès, ils vinrent à la montagne de Hor, qui est sur les confins du pays d’Edom.
Le Seigneur parla en ce lieu à Moïse,
et lui dit : Qu’Aaron aille se joindre à son peuple ; car il n’entrera point dans la terre que j’ai donnée aux enfants d’Israël, parce qu’il a été incrédule aux paroles de ma bouche, au lieu nommé les Eaux de contradiction.
Prenez donc Aaron et son fils avec lui, et menez-les sur la montagne de Hor.
Et ayant dépouillé le père de sa robe, vous en revêtirez Eléazar, son fils ; et Aaron sera réuni à ses pères, et mourra en ce lieu.
Commentaire (versets 22 à 26) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 22 à 26 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
A la montagne de Hor. Une tradition assez bien établie place le mont Hor dans les environs de Pétra. On y voit encore aujourd’hui un monument qui porte le nom de tombeau d’Aaron.
Moïse fit ce que le Seigneur lui avait commandé ; ils montèrent sur la montagne de Hor devant tout le peuple.
Et après qu’il eut dépouillé Aaron de ses vêtements, il en revêtit Eléazar, son fils.
Aaron étant mort sur le haut de la montagne, Moïse descendit avec Eléazar.
Et tout le peuple voyant qu’Aaron était mort, le pleura dans toutes ses familles pendant trente jours.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les chapitres 20 à 36 des Nombres racontent les événements accomplis et les lois promulguées pendant les dix premiers mois de la quarantième année de la sortie d’Egypte. ― A Cadès. A Cadèsbarné, M. Trumbull, qui a publié un livre sur Cadèsbarné, décrit ainsi cette oasis : « Au nord-est de cet endroit pittoresque, on voit une petite colline rocheuse que Rowlands a regardée comme le rocher frappé par Moïse pour en faire sortir de l’eau. De cette éminence sort un ruisseau abondant. Un puits circulaire, maçonné depuis le fond avec des pierres calcaires rongées par le temps, était le premier récipient de l’eau. Une auge en marbre était près de ce puits. Elle était plus travaillée que les auges de Bersabée, mais elle accusait également un art primitif. Le nom de l’oasis est encore Cadès. »