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Joël 1

PAROLE du Seigneur adressée à Joël, fils dePhatuel.

Écoutez ceci, vieillards ; et vous, habitants de la terre, prêtez tous l’oreille : s’est-il jamais rien fait de tel de votre temps, ou du temps de vos pères ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Vieillards, etc. Joël s’adresse aux habitants de Juda.

Entretenez-en vos enfants ; que vos enfants le disent à ceux qui naîtront d’eux, et ceux-là aux races suivantes.

Les restes de la chenille ont été mangés par la sauterelle ; les restes de la sauterelle, par le ver : les restes du ver, par la nielle.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La chenille, etc. Selon le plus grand nombre des interprètes, tant juifs que chaldéens, ces insectes ne sont qu’une figure, qu’un symbole des ennemis du peuple juif. Le Prophète, en effet, emploie parfois des expressions qui ne conviennent nullement à des insectes quelconques. ― L’invasion des sauterelles, qui occupe une si large place dans la prophétie de Joël, est interprétée de deux façons très différentes. ― 1° La paraphrase chaldaïque, saint Ephrem, saint Jérôme et un grand nombre de commentateurs, n’ont vu dans ces insectes qu’un symbole des peuples païens, Assyriens, Mèdes, Perses, Romains. ― 2° Beaucoup de modernes entendent cette invasion dans le sens littéral, s’appuyant surtout sur ce que le Prophète ne parle que des dégâts causés dans les champs et du mal fait aux animaux, non aux personnes, tandis que, s’il s’agissait d’une guerre, les personnes auraient eu beaucoup à souffrir, et Joël n’aurait pu se dispenser de parler de leurs tribulations. De plus, toutes ses paroles semblent se rapporter à un fait passé et non futur. ― 3° Quoiqu’il soit difficile de ne pas voir dans les deux premiers chapitres un événement historique, on peut néanmoins concilier ensemble, jusqu’à un certain point, les deux opinions en admettant, comme cela paraît très vraisemblable, que Joël, dans sa seconde partie, considère l’invasion dont il a parlé dans la première comme le type du jugement de Dieu qui approche.

Réveillez-vous, hommes enivrés, pleurez et criez, vous tous qui mettez vos délices à boire du vin ; parce qu’il vous sera ôté de la bouche.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Doux ; littéralement, avec douceur (in dulcedine). Comme nous l’avons remarqué plus d’une fois, les adjectifs en hébreu son souvent remplacés par un substantif précédé d’une proposition. Ajoutons que le terme hébreu que la Vulgate a traduit ici par douceur signifie le vin doux ou nouveau, en latin mustum, mot qu’elle a employée ailleurs elle-même (voir Cantique des Cantiques, 8, 2 ; Isaïe, 49, 26).

Car un peuple fort et innombrable est venu fondre sur ma terre : ses dents sont comme les dents d’un lion ; elles sont comme les dents les plus dures d’un fier lionceau.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Une nation ; les sauterelles, qui ravagent et détruisent tout.

Il a réduit ma vigne en un désert ; il a dépouillé mon figuier de son écorce ; et après l’avoir dépouillé et mis à nu, il l’a laissé, en sorte que ses branches sont restées blanches et mortes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les sauterelles rongent aussi et dévorent l’écorce des arbres.

Pleurez comme une jeune femme qui se revêt d’un sac pour pleurer celui qu’elle avait épousé étant fille.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Un sac ; c’est-à-dire, un vêtement rude et grossier qu’on portait dans le deuil.

Les oblations du blé et du vin sont bannies de la maison du Seigneur : les prêtres, les ministres du Seigneur pleurent.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les prêtres, etc. ; parce qu’ils ne peuvent plus offrir de sacrifices, à cause du manque de toutes les récoltes.

Tout le pays est ravagé ; la terre est dans les larmes, parce que le blé est gâté, la vigne est perdue, et les oliviers ne font que languir.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le vin a été confondu ; honteux de n’avoir pas répondu à ce qu’on en attendait. C’est une prosopopée semblable à le sol a pleuré, du même verset. Comparer aux versets 12 et 17 ; Isaïe, 24, 7 ; 33, 9. Les Septante portent partout ont séché quant à l’hébreu, il est à la rigueur susceptible des deux sens, mais le premier paraît mieux fondé.

Les laboureurs sont confus, les vignerons poussent de grands cris, parce qu’il n’y a ni blé, ni orge, et qu’on ne recueille rien de la moisson ;

que la vigne est perdue, et le figuier gâté, que le grenadier, le palmier, le pommier, et tous les arbres des champs sont devenus tout secs ; et qu’il ne reste plus rien de ce qui faisait la joie des enfants des hommes."

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

En sorte que. C’est la véritable signification qu’a ici le quia de la Vulgate expliqué par l’hébreu, et la seule que comporte le contexte.

Prêtres, couvrez-vous d’habits de deuil ; jetez de grands cris, ministres des autels ; allez passer la nuit dans le sac, ministres de mon Dieu, parce que les oblations du blé et du vin ont été retranchées de la maison de votre Dieu.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ceignez-vous ; revêtez-vous d’habits de deuil.

Publiez un jeûne saint, convoquez l’assemblée, faites venir les anciens et tous les habitants du pays en la maison du Seigneur, votre Dieu, et criez au Seigneur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Joël, 2, 15.

Hélas ! quel jour ! car le jour du Seigneur est proche, et le Tout-Puissant le fera fondre sur nous comme une tempête.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ah ! ah ! ah ! au jour (a, a, a, diei) ; c’est-à-dire, ô jour malheureux !

N’avons-nous pas vu périr devant nos yeux tout ce qui devait être le soutien de notre vie, et l’allégresse et la joie bannies de la maison de notre Dieu ?

Les animaux sont pourris dans leurs ordures, les greniers ont été détruits, et les magasins ruinés, parce que le froment est perdu.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le blé a été confondu. Voir le verset 10. ― L’invasion des sauterelles ayant tout dévasté, les animaux périssent faute de nourriture.

Pourquoi les bêtes se plaignent-elles ? pourquoi les bœufs font-ils retentir leurs mugissements ? sinon parce qu’ils ne trouvent plus rien à paître ; et les troupeaux mêmes des brebis périssent comme eux.

Seigneur ! je pousserai mes cris vers vous ; parce que le feu a dévoré ce qu’il y avait de plus beau dans les prairies, et que la flamme a brûlé tous les arbres de la campagne.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Un feu ; la stérilité, qui rend les champs comme brûlés et qui est la suite des ravages des sauterelles.

Les bêtes mêmes des champs lèvent la tête vers vous, comme la terre altérée qui demande de la pluie ; parce que les sources des eaux ont été séchées, et que le feu a dévoré ce qu’il y avait de plus agréable dans les prairies.