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Osée 3
LE Seigneur me dit : Allez, et aimez encore une femme adultère, qui est aimée d’un autre que de son mari, comme le Seigneur aime les enfants d’Israël, pendant qu’ils portent leurs regards vers les dieux étrangers, et qu’ils aiment le marc du vin, au lieu du vin même.
Je donnai donc à cette femme quinze pièces d’argent, et une mesure et demie d’orge.
Alors je lui dis : Vous m’attendrez pendant un long temps ; vous ne vous prostituerez point, et vous ne vous attacherez à aucun homme ; et je vous attendrai aussi moi-même.
C’est l’état où les enfants d’Israël seront pendant un long temps ; sans roi, sans prince, sans sacrifice, sans autel, sans éphod et sans théraphim.
Et après cela les enfants d’Israël reviendront, et ils chercheront le Seigneur, leur Dieu, et David, leur roi ; et dans les derniers jours ils recevront avec une frayeur respectueuse le Seigneur, et les graces qu’il doit leur faire
Commentaire (versets 1 à 5) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 1 à 5 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Second symbole, chapitre 3. Osée reçoit l’ordre d’épouser une femme adultère et de la faire attendre, pour indiquer que les Israélites seront sans rois et sans sacrifices, jusqu’à ce qu’ils se convertissent. Le dernier verset du chapitre 3 contient l’annonce que cette conversion aura lieu à l’époque de la venue du Messie. Voir Ezéchiel, 34, 23. ― Ce retour, cette conversion au Seigneur et à la maison de David, n’eut lieu que fort imparfaitement après la captivité : aussi ne sont-elles qu’une simple figure d’un retour d’une plus longue captivité et d’une conversion plus parfaite, lorsque les Juifs retourneront à Jésus-Christ, vrai fils et successeur de David (voir Romains, 9, 26). ― En approchant est sous-entendu. Voir Osée, 1, 2. ― Ses biens ; ses grâces, ses faveurs, selon le sentiment le plus reçu ; cependant le terme hébreu toub, rendu dans la Vulgate par bonne chose, bien, bonum, signifiant incontestablement dans plus d’un passage, beauté, éclat, majesté, nous pensons avec d’habiles interprètes qu’il a ce même sens ici, où il semble d’ailleurs déterminé par le verbe ils craindront (pavebunt).