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Baruch 2
C’est pourquoi le Seigneur notre Dieu a vérifié sa parole, qu’il nous avait fait dire à nous, à nos juges, qui ont jugé Israël, à nos rois, à nos princes, à tout Israël et à Juda ;
En amenant sur nous de si grands maux, qu’on n’en a jamais vu sous le ciel comme ceux qui sont arrivés à Jérusalem, selon qu’il est écrit dans la loi de Moïse :
Que l’homme a mangé la chair de son propre fils et la chair de sa propre fille.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qu’un homme, etc. Comparer à Lévitique, 26, 29 ; Deutéronome, 28, vv. 53, 55.
Et le Seigneur les a livrés entre les mains de tous les rois qui nous environnent, pour être la fable des hommes et un exemple de malheur et de désolation au milieu de tous les peuples parmi lesquels le Seigneur nous a dispersés ;
Et nous avons été assujettis aux autres, au lieu de leur commander, parce que nous avons péché contre le Seigneur notre Dieu en n’obéissant point à sa voix.
La justice est le partage du Seigneur notre Dieu ; mais le nôtre, ainsi que celui de nos pères, est la confusion qui nous couvre le visage, selon qu’il paraît en ce jour :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Baruch, 1, 15.
Car le Seigneur nous avait prédit tous ces maux qui sont venus sur nous ;
Et nous n’avons point présenté nos prières devant la face du Seigneur notre Dieu, afin que chacun de nous se retirât de sa voie toute corrompue ;
C’est pourquoi l’œil du Seigneur a veillé sur les maux, et il les a fait venir sur nous, parce que le Seigneur est juste dans toutes ses œuvres, dans tout ce qu’il a ordonné sur nous.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A veillé, etc. ; c’est-à-dire s’est appliqué à nous punir. ― Toutes ses œuvres, etc. ; tout ce qu’il nous a commandé.
Et nous n’avons point écouté sa voix pour marcher dans les préceptes du Seigneur, qu’il nous avait donnés afin que nous les eussions devant les yeux.
Mais maintenant, Seigneur Dieu d’Israël, qui avez tiré votre peuple de l’Égypte avec une main forte, en faisant des merveilles et des prodiges par votre grande puissance et avec un bras élevé, et qui vous êtes acquis un grand nom, comme il paraît en ce jour,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Daniel, 9, 15.
Nous avons péché, nous avons fait des actions impies, nous avons commis l’iniquité, Seigneur notre Dieu, contre vos justes ordonnances :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Vos justices ; vos justes ordonnances.
Que votre colère se détourne de nous, parce que nous sommes demeurés en petit nombre au milieu des nations parmi lesquelles vous nous avez dispersés !
Seigneur, exaucez nos prières et nos oraisons ; délivrez-nous pour l’amour de vous-même, et faites-nous trouver grâce devant ceux qui nous ont emmenés hors de notre pays ;
Afin que toute la terre sache que vous êtes le Seigneur notre Dieu, et que ce n’est pas en vain qu’Israël et toute sa race ont porté le nom de votre peuple :
Seigneur, jetez les yeux sur nous de votre demeure sainte, abaissez votre oreille, et exaucez-nous !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Deutéronome, 26, 15 ; Isaïe, 63, 15.
Ouvrez vos yeux et voyez : car ce ne sont point les morts qui sont sous la terre, dont l’esprit a été séparé de leurs entrailles, qui rendront honneur et gloire à la justice du Seigneur ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Isaïe, 37, 17 ; 64, 9 (?) ; Psaumes, 113, 17. ― L’enfer ; c’est-à-dire ce lieu souterrain que les Hébreux regardaient comme le séjour des âmes après la mort.
Mais c’est l’âme qui est triste à cause de la grandeur du mal qu’elle a fait, qui marche courbée et abattue, dont les yeux sont dans la langueur et la défaillance ; c’est l’âme, qui est pressée de la faim, qui vous rendra, Seigneur, gloire et justice.
Car ce n’est point en nous appuyant sur la justice de nos pères que nous nous prosternons devant votre face pour vous offrir nos prières et pour implorer votre miséricorde, ô Seigneur notre Dieu !
Mais c’est parce que vous avez envoyé contre nous votre colère et votre fureur, comme vous l’avez prédit par vos serviteurs les prophètes, en disant :
Voici ce que dit le Seigneur : Baissez le cou et les épaules, et assujettissez-vous au roi de Babylone, et vous demeurerez en repos dans la terre que j’ai donnée à vos pères :
Que si vous n’écoutez point la voix du Seigneur votre Dieu, pour vous assujettir au roi de Babylone, je vous ferai sortir des villes de Juda, et hors de Jérusalem,
Et je ferai cesser parmi vous les cantiques de joie, et les chants de réjouissance, la voix de l’époux et la voix de l’épouse, et il ne restera plus de trace dans toute votre terre qu’elle ait jamais été habitée.
Mais nos pères n’ont point écouté votre voix pour s’assujettir au roi de Babylone : vous avez fait voir la certitude de vos paroles, que vous aviez prédites par vos serviteurs les prophètes, en faisant transporter hors de leur lieu les os de nos rois et les os de nos pères ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Que les os, etc. Comparer à Jérémie, 8, 1-2.
Et ils ont été exposés à l’ardeur du soleil et au froid de la nuit, après qu’ils sont morts dans de cruelles douleurs, par la famine et par l’épée, ou hors de leur pays.
Vous avez aussi réduit ce temple, où votre nom a été invoqué, dans l’état où nous le voyons aujourd’hui, à cause des iniquités d’Israël et de Juda.
Et en tout cela, Seigneur notre Dieu, vous nous avez traités selon toute votre bonté et selon votre grande miséricorde ;
Comme vous l’aviez déclaré par Moïse votre serviteur, lorsque vous lui ordonnâtes d’écrire votre loi pour les enfants d’Israël,
En disant : Si vous n’écoutez point ma voix, toute cette grande multitude sera réduite à un petit nombre au milieu des nations, parmi lesquelles je les disperserai ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Lévitique, 26, 14 ; Deutéronome, 28, 15.
Car je sais que ce peuple ne m’écoutera point, parce que c’est un peuple qui a la tête dure : mais il rentrera enfin en lui-même dans la terre de sa captivité ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
D’un cou roide ; qui supporte difficilement le joug, indomptable.
Et ils sauront que c’est moi qui suis le Seigneur leur Dieu : je leur donnerai un cœur, et ils comprendront ; des oreilles, et ils entendront :
Ils me loueront dans la terre de leur captivité, et ils se souviendront de mon nom ;
Ils quitteront cette dureté qui les rend comme inflexibles, et cette malignité de leurs œuvres, parce qu’ils se souviendront de la voie de leurs pères qui ont péché contre moi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dos roide ; a le même sens que cou roide du verset 30.
Et je les rappellerai dans la terre que j’ai promise avec serment à Abraham, à Isaac, et à Jacob ; ils en seront les maîtres, je les multiplierai, et ils ne diminueront point :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
En ; d’elle, c’est-à-dire de la terre, nommée dans ce même verset. C’est ainsi dans les Septante ; la Vulgate porte le pluriel eux ou elles (eis) ; ce qui est probablement une faute de copiste. Dans la Bible imprimée à la Propagande avec la version arabe, en 1671, on lit le singulier d’elle (ejus).
Je ferai avec eux une autre alliance qui sera éternelle, afin que je sois leur Dieu et qu’ils soient mon peuple ; et je ne ferai plus sortir les enfants d’Israël, qui sont mon peuple, de la terre que je leur aurai donnée.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Deutéronome, 28, 53. ― Qui n’ont pas, etc. ; comme il n’y en jamais eu de semblables.