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Jérémie 23

MALHEUR aux pasteurs qui font périr et qui déchirent les brebis de mes pâturages, dit le Seigneur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Ezéchiel, 34, 2. ― Malheur, etc. C’est une suite du discours précédent.

C’est pourquoi, voici ce que dit le Seigneur, le Dieu d’Israël, aux pasteurs qui conduisent mon peuple : Vous avez dispersé les brebis de mon troupeau ; vous les avez chassées, et vous ne les avez point visitées. Et moi, je vous visiterai dans ma colère, pour punir le dérèglement de votre cœur et de vos œuvres, dit le Seigneur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’avez chassé, l’avez visité. La Vulgate, conformément au texte hébreu, porte les (eos), au pluriel, parce que le mot troupeau, que représente le pronom, est un nom collectif, qui, quoique singulier, signifie plusieurs animaux.

Je rassemblerai toutes les brebis qui resteront de mon troupeau, de toutes les terres dans lesquelles je les aurai chassées ; je les ferai revenir à leurs champs, et elles croîtront et se multiplieront.

Je leur donnerai des pasteurs qui auront soin de les paître : elles ne seront plus dans la crainte et dans l’épouvante, et le nombre s’en conservera, sans qu’il en manque une seule, dit le Seigneur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Jérémie, 3, 15. ― Des pasteurs ; à la lettre Zorobabel, Jésus, fils de Josédech, et les autres qui gouvernèrent Juda, après la captivité ; mais dans un sens plus relevé, les apôtres de Jésus-Christ, destinés à conduire et à paître les fidèles délivrés de la servitude du démon. ― Ne manquera pas au nombre. Jésus-Christ semble faire allusion à ce passage dans l’Evangile (voir Jean, 6, 39 ; 17, 12 ; 18, 9).

Le temps vient, dit le Seigneur, où je susciterai à David un Germe juste, un Roi régnera qui sera sage, qui agira selon l’équité, et qui rendra la justice sur la terre.

En ce temps-là Juda sera sauvé, Israël habitera dans ses maisons sans rien craindre ; et voici le nom qu’ils donneront à ce Roi : Le Seigneur qui est notre Juste.

Commentaire (versets 5 à 6) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 5 à 6 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Outre que tous les Pères et les interprètes chrétiens voient dans ces deux versets le Messie, Jésus-Christ, la force et la grandeur des expressions ne permettent pas de les expliquer littéralement d’aucun autre. Voir Deutéronome, 33, 28. ― Le Seigneur ; dans l’hébreu, Jéhova ; nom incommunicable à tout autre qu’à Dieu. Il est attribué ici au Messie, à Jésus-Christ, parce que Jésus-Christ est vraiment Dieu, fils de Dieu, égal et consubstantiel à son Père, et en même temps le principe de notre justice.

C’est pourquoi le temps vient, dit le Seigneur, où l’on ne dira plus, Vive le Seigneur qui a tiré les enfants d’Israël de l’Egypte !

mais, Vive le Seigneur qui a tiré et qui a ramené les enfants de la maison d’Israël de la terre d’Aquilon, et de tous les pays où je les avais chassés, afin qu’ils habitassent de nouveau dans leur terre !

Commentaire (versets 7 à 8) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 7 à 8 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Le Seigneur vit ; formule de serment. Voir Jérémie, 4, 2. Voir Jérémie, 16, 14.

Paroles adressées aux prétendus prophètes : Mon cœur s’est brisé dans moi-même, tous mes os ont été ébranlés : je suis devenu comme un homme ivre, comme un homme rempli de vin, en contemplant la face du Seigneur, et considérant ses paroles saintes.

Car la terre est remplie d’adultères ; la terre pleure à cause des blasphèmes qu’on y entend ; les champs du désert sont devenus tout secs. Ils ont couru pour faire le mal, et toute leur puissance n’a servi qu’à l’injustice.

Car le prophète et le prêtre se sont corrompus, et j’ai trouvé dans ma maison les maux qu’ils ont faits, dit le Seigneur.

C’est pourquoi leur voie sera comme un chemin glissant dans les ténèbres. Car on les poussera avec effort, et ils tomberont tous ensemble ; parce que je les accablerai de maux au temps où je les visiterai dans ma colère, dit le Seigneur.

J’ai vu l’extravagance dans les prophètes de Samarie : ils prophétisaient au nom de Baal, et ils séduisaient mon peuple d’Israël.

J’ai vu les prophètes de Jérusalem semblables à des adultères, j’ai vu parmi eux la voie du mensonge. Ils ont fortifié les mains des méchants pour empêcher que les hommes ne se convertissent du dérèglement de leur vie. Ils sont tous devenus devant mes yeux comme Sodome, et les habitants de Jérusalem comme Gomorrhe.

C’est pourquoi, voici ce que le Seigneur des armées dit aux prophètes : Je les nourrirai d’absinthe, et je les abreuverai de fiel ; parce que la corruption s’est répandue des prophètes de Jérusalem sur toute la terre.

Voici ce que dit le Seigneur des armées : N’écoutez point les paroles des prophètes qui vous prophétisent et qui vous trompent. Ils publient les visions de leur cœur, et non ce qu’ils ont appris de la bouche du Seigneur.

Ils disent à ceux qui me blasphèment, Le Seigneur l’a dit, vous aurez la paix ; et à tous ceux qui marchent dans la corruption de leur cœur, Il ne vous arrivera point de mal.

Mais qui d’entre eux a assisté au conseil de Dieu ? qui l’a vu ? et qui a entendu ce qu’il a dit ?

Le tourbillon de la colère du Seigneur va éclater sur la tête des impies ; et la tempête après avoir rompu la nuée, tombera sur eux.

La fureur du Seigneur ne se relâchera point, jusqu’à ce qu’elle exécute et qu’elle accomplisse toutes les pensées de son cœur. Vous comprendrez enfin quel aura été son dessein sur vous.

Je n’envoyais point ces prophètes, et ils couraient d’eux-mêmes. Je ne leur parlais point, et ils prophétisaient de leur tête.

S’ils se fussent soumis à ma volonté, et qu’ils eussent fait connaître mes paroles à mon peuple, je les aurais retirés de leur mauvaise voie et du dérèglement de leurs pensées.

Ne suis-je Dieu que de près ? dit le Seigneur ; ne le suis-je pas aussi de loin ?

Celui qui se cache, se dérobe-t-il à moi, et ne le vois-je point ? dit le Seigneur. N’est-ce pas moi qui remplis le ciel et la terre ? dit le Seigneur.

J’ai entendu ce qu’ont dit ces prophètes qui prophétisent le mensonge en mon nom, en disant : J’ai songé, j’ai songé.

Jusques à quand cette imagination sera-t-elle dans le cœur des prophètes qui prophétisent le mensonge, et dont les prophéties ne sont que les séductions de leur cœur ;

qui veulent faire que mon peuple oublie mon nom à cause de leurs songes qu’ils débitent à quiconque les consulte, comme leurs pères ont oublié mon nom à cause de Baal ?

Que le prophète qui a seulement un songe à dire, raconte son songe ; que celui qui a entendu ma parole, annonce ma parole dans la vérité. Quelle comparaison y a-t-il entre la paille et le blé ? dit le Seigneur.

Mes paroles ne sont-elles pas comme du feu, dit le Seigneur, et comme un marteau qui brise la pierre ?

C’est pourquoi je viens aux prophètes, dit le Seigneur, qui dérobent mes paroles chacun à leurs frères.

Je viens aux prophètes, dit le Seigneur, qui prennent d’eux-mêmes la liberté d’user de leurs langues, et qui disent : Voici ce que dit le Seigneur.

Je viens aux prophètes, dit le Seigneur, qui ont des visions de mensonge, qui les racontent à mon peuple, et qui le séduisent par leurs mensonges et par leurs miracles, quoique je ne les aie point envoyés, et que je ne leur aie donné aucun ordre, et qui n’ont aussi servi de rien à ce peuple, dit le Seigneur.

Si donc ce peuple, ou un prophète, ou un prêtre, vous interroge et vous dit, Quel est le fardeau du Seigneur ? vous lui direz : C’est vous-mêmes qui êtes le fardeau, et je vous jetterai bien loin de moi, dit le Seigneur.

Si donc un prophète, ou un prêtre, ou quelqu’un du peuple, dit encore, Le fardeau du Seigneur ; je visiterai dans ma colère cet homme et sa maison.

Chacun de vous dira désormais à son prochain et à son frère : Qu’a répondu le Seigneur ? qu’est-ce que le Seigneur a dit ?

Et l’on ne parlera plus du fardeau du Seigneur : car la parole de chacun sera son propre fardeau ; parce que vous avez perverti les paroles du Dieu vivant, du Seigneur des armées qui est notre Dieu.

Vous direz au prophète : Que vous a répondu le Seigneur ? qu’est-ce que le Seigneur a dit ?

Si vous dites encore, Le fardeau du Seigneur ; je vous déclare, dit le Seigneur, que parce que vous avez dit, Le fardeau du Seigneur ; quoique je vous eusse envoyé dire, Ne dites point, Le fardeau du Seigneur ;

je vous prendrai moi-même, et je vous emporterai comme un fardeau : je vous abandonnerai, et je vous rejetterai loin de ma face, vous et la ville que j’ai donnée à vos pères et à vous.

Je vous couvrirai d’un opprobre qui ne finira point, et d’une éternelle ignominie dont la mémoire ne s’effacera jamais.

Commentaire (versets 9 à 40) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 9 à 40 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

3° Oracles contre les faux prophètes, chapitre 23, versets 9 à 40. ― Les mauvais prophètes, par leurs pernicieux exemples, sont la cause principale de la corruption de Juda, versets 9 à 15 ; ils ont trompé le peuple par leurs prédictions mensongères et l’ont ainsi endurci dans ses péchés, mais la colère du Seigneur éclatera sur leurs têtes, versets 16 à 22 ; Dieu voit comment, par leurs rêveries, ils éloignent le peuple de son culte, en donnant leurs imaginations pour une parole divine, versets 23 à 30 ; il viendra à eux, il leur apprendra à ne plus mépriser le fardeau (massa), ou prophétie de menaces, des vrais prophètes, et il les couvrira d’une honte éternelle, versets 31 à 40. Voir Jérémie, 20, 11. ― Si l’on veut suivre l’ordre des temps, il paraît qu’il faut passer de ce verset au chapitre 26.