Confort de lecture
Ces réglages restent sur cet appareil et valent pour toutes les pages de lecture du site.
Isaïe 63
QUI est celui-ci qui vient d’Edom, qui vient de Bosra, avec sa robe teinte de rouge ; qui éclate dans la beauté de ses vêtements, et qui marche avec une force toute-puissante ? C’est moi dont la parole est la parole de justice, qui viens pour défendre et pour sauver.
Pourquoi donc votre robe est-elle toute rouge ? et pourquoi vos vêtements sont-ils comme les habits de ceux qui foulent le vin dans le pressoir ?
J’ai été seul à fouler le vin sans qu’aucun homme d’entre tous les peuples fût avec moi. Je les ai foulés dans ma fureur ; je les ai foulés aux pieds dans ma colère, et leur sang a rejailli sur ma robe, et tous mes vêtements en sont tachés.
Car j’ai dans mon cœur le jour de la vengeance ; le temps de racheter les miens est venu.
J’ai regardé autour de moi, et il n’y avait personne pour m’aider ; j’ai cherché, et je n’ai point trouvé de secours. Ainsi mon bras seul m’a suffi pour sauver, et ma colère même m’a soutenu.
J’ai foulé aux pieds les peuples dans ma fureur ; je les ai enivrés de leur sang dans ma colère, et j’ai renversé leur force par terre.
Je me souviendrai des miséricordes du Seigneur ; je chanterai ses louanges pour toutes les grâces qu’il nous a faites, pour tous les biens dont il a comblé la maison d’Israël, qu’il a répandus sur elle selon sa bonté et selon la multitude de ses miséricordes.
Il a dit d’eux : Ce peuple est véritablement mon peuple, ce sont des enfants qui ne renoncent point leur père, et il est devenu leur Sauveur.
Dans toutes les afflictions qui leur sont arrivées il ne s’est point lassé, ni rebuté d’eux ; mais l’Ange qui assistait devant sa face les a sauvés. Dans l’affection et dans la tendresse qu’il avait pour eux, il les a rachetés lui-même, il les a portés et les a toujours élevés en gloire.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il n’a pas été tourmenté (non est tribulatus) ; par la crainte de ne pouvoir les délivrer. ― L’ange de sa face ; c’est-à-dire un ange du premier ordre, un ange qui est toujours devant le trône de Dieu ; ou bien le Seigneur lui-même, ou l’ange qui est sa face, le Fils de Dieu, le Christ (voir Exode, 33, versets 14 et suivants).
Cependant ils ont irrité sa colère, et ils ont affligé l’esprit de son Saint ; il est devenu alors leur ennemi, et il les a lui-même détruits.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Son saint ; Moïse, qui peut être ici la figure de Jésus-Christ.
Mais il s’est souvenu des siècles anciens, de Moïse et de son peuple. Où est celui qui les a tirés de la mer avec les pasteurs de son troupeau ? Où est celui qui a mis au milieu d’eux l’esprit de son Saint ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 14, 29. ― Où est, etc. ; ici commence une phrase dont le sens est suspendu jusqu’au verset 14, qui constitue l’apodose, ou la réponse à une question précédente. ― Les pasteurs de son troupeau ; Moïse et Aaron. ― Au milieu de lui ; au milieu du peuple.
qui a pris Moïse par la main droite, et l’a soutenu par le bras de sa majesté : qui a divisé les flots devant eux pour s’acquérir un nom éternel ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qui a conduit à droite Moïse (qui eduxit ad dexteram Moysen). C’est le sens du texte original, aussi bien que celui de la Vulgate. Nous mettons au défi les hébraïsants de prouver le contraire. On sait que chez les Hébreux comme chez les Grecs, la droite indiquait le bonheur, la prospérité.
qui les a conduits au travers des abîmes comme un cheval qu’on mène dans une campagne sans qu’il fasse un faux pas ?
L’esprit du Seigneur l’y a conduit comme un animal qui marche dans une campagne. C’est ainsi, Seigneur ! que vous vous êtes rendu le guide de votre peuple, pour signaler à jamais la gloire de votre nom.
Seigneur ! regardez-nous du ciel, jetez les yeux sur nous de votre demeure sainte, et du trône de votre gloire. Où est maintenant votre zèle et votre force ? Où est la tendresse de vos entrailles et de vos miséricordes ? Elle ne se répand plus sur moi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Deutéronome, 26, 15 ; Baruch, 2, 16.
Car c’est vous qui êtes notre Père : Abraham ne nous connaît point ; Israël ne sait qui nous sommes : mais vous, Seigneur ! vous êtes notre Père ; vous êtes notre Rédempteur ; c’est là votre nom dès l’éternité.
Seigneur ! pourquoi nous avez-vous fait sortir de vos voies ? pourquoi avez-vous endurci notre cœur en nous laissant perdre votre crainte ? Retournez-vous vers nous à cause de vos serviteurs, à cause des tribus que vous avez rendues votre héritage.
Nos ennemis ont compté pour rien de se rendre maîtres de votre peuple saint ; ils ont encore foulé aux pieds votre sanctuaire.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Votre sanctification. Voir Isaïe, 60, 13.
Nous sommes devenus comme nous étions au commencement, avant que vous fussiez notre Roi, et que nous portassions votre nom.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Votre nom, etc. Voir Ecclésiastique, 36, 14.
Commentaire (versets 1 à 6) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 1 à 6 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
6e Discours : Jugement contre l’Idumée et les ennemis de l’Eglise, chapitre 63, versets 1 à 6. Ce discours est le plus court des 27 dont se compose la seconde partie d’Isaïe. Il est dirigé contre l’Idumée. Par son ton dramatique, il ressemble au Psaume 18 (?), et par son caractère emblématique, à Isaïe, chapitres 21 à 22, verset 4. ― Le Prophète voit en esprit le Seigneur venant en grande pompe de l’Idumée ; ses vêtements sont teints du sang de ses ennemis ; il les a brisés dans sa colère, comme celui qui foule le raisin dans le pressoir, afin de venger son peuple de ses persécuteurs acharnés et de lui assurer à jamais le repos. ― « Dans le sens spirituel et figuré, dit Calmet, on explique la première partie du chapitre 63, … de Jésus-Christ dans son Ascension. Les anges, surpris de sa gloire, se demandent avec étonnement : Qui est ce héros qui vient tout chargé de sang et tout brillant de majesté ? » ― Comme les Iduméens représentent toujours dans l’Ancien Testament les ennemis de l’Eglise, ce discours annonce plutôt le triomphe de Jésus-Christ sur tous les persécuteurs de son épouse.