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Isaïe 57
LE juste périt, et personne n’y fait réflexion en lui-même : les hommes de piété sont retirés de ce monde, parce qu’il n’y a personne qui ait de l’intelligence : car le juste a été enlevé pour être délivre des maux de ce siècle.
Que la paix vienne enfin. Que celui qui a marché dans un cœur droit, se repose dans son lit.
Venez ici, vous autres, enfants d’une devineresse, race d’un homme adultère et d’une femme prostituée.
De qui vous êtes-vous joués ? contre qui avez-vous ouvert la bouche, et lancé vos langues perçantes ? N’êtes-vous pas des enfants perfides et des rejetons bâtards,
vous qui cherchez votre consolation dans vos dieux sous tous les arbres chargés de feuillage, qui sacrifiez vos petits enfants dans les torrents sous les roches avancées ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans les torrents. C’était surtout dans la vallée de Ben-Hinnom, au sud de Jérusalem, qu’avaient lieu ces sacrifices abominables dans lesquels les parents offraient leurs enfants en sacrifice au dieu Moloch.
Epouse infidèle, vous avez mis votre confiance dans les pierres du torrent ; c’est là votre partage. Vous avez répandu des liqueurs pour les honorer ; vous leur avez offert des sacrifices. Après cela mon indignation ne s’allumera-t-elle pas ?
Vous avez mis votre lit sur une montagne haute et élevée, et vous y avez monté pour y immoler des hosties.
Vous avez placé derrière votre porte, derrière ses poteaux, vos monuments sacriléges ; et même jusqu’auprès de moi, vous n’avez pas rougi de vous découvrir ; vous avez reçu les adultères, vous avez agrandi votre lit ; vous avez fait une alliance avec eux, et vous avez aimé leur couche honteuse sans vous en cacher.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ton souvenir ; c’est-à-dire, tes divinités domestiques, selon saint Jérôme et plusieurs interprètes. ― Tu as découvert ta couche ; ou, suivant d’autres, tu t’es découverte. ― Des adultères ; littéralement un adultère (adulterum) ; mais le pronom pluriel eux (eis), qui suit, prouve que le singulier adultère, est considéré comme un nom collectif. ― A main ouverte (manu aperta) ; sans aucune retenue, sans la moindre réserve.
Vous vous êtes parfumée pour plaire au roi ; vous avez recherché toutes sortes de senteurs. Vous avez envoyé vos ambassadeurs bien loin, et vous vous êtes abaissée jusqu’à l’enfer.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Tu t’es parée, etc. ; tu t’es parfumée en l’honneur de Moloch, idole dont le nom en hébreu signifie roi.
Vous vous êtes fatiguée dans la multiplicité de vos voies ; et vous n’avez point dit : Demeurons en repos. Vous avez trouvé de quoi vivre par le travail de vos mains : c’est pourquoi vous ne vous êtes point mise en peine de me prier.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La vie de ta main ; c’est-à-dire de quoi vivre par le travail de tes mains.
Qui avez-vous appréhendé ? de qui avez-vous eu peur, pour me manquer de parole, pour m’effacer de votre mémoire, sans rentrer dans votre cœur ? Vous m’avez oublié, parce que je suis demeuré dans le silence, comme si je ne vous voyais pas.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Que tu m’as oublié ; littéralement et tu, etc. Ici, comme en bien d’autres passages, la particule et ne sert qu’à marquer l’apodose.
Je publierai devant tout le monde quelle est votre justice ; et vos œuvres ne vous serviront de rien.
Lorsque vous crierez dans vos maux, que tous ceux que vous avez assemblés vous délivrent : le vent les dissipera tous, ils seront emportés au moindre souffle. Mais ceux qui mettent leur confiance en moi, auront la terre pour héritage, et ils posséderont ma montagne sainte.
Je dirai alors : Faites place, laissez le chemin libre, détournez-vous du sentier, ôtez de la voie de mon peuple tout ce qui peut le faire tomber.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Isaïe, 62, 10.
Voici ce que dit le Très-Haut, le Dieu sublime qui habite dans l’éternité, dont le nom est saint : J’habite dans le lieu très-haut, dans le lieu saint, et avec l’esprit humble et le cœur brisé, pour donner la vie à ceux qui ont l’esprit humble, pour la donner à ceux qui ont le cœur contrit et brisé.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dit ; le complément de ce verbe ne se trouve qu’au verset 17 ; tout ce qui le suit est une longue parenthèse. ― Un lieu très élevé ; le ciel. ― Lieu saint ; le sanctuaire ou le tabernacle, ou le temple. ― Un cœur contrit, un esprit humble ; singulier pour le pluriel.
Car je ne disputerai pas éternellement, et ma colère ne durera pas toujours ; parce que les esprits sont sortis de moi, et c’est moi qui ai créé les âmes.
Mon indignation s’est émue contre mon peuple à cause de son iniquité et de son avarice, et je l’ai frappé : je me suis caché de lui dans ma colère ; il s’en est allé comme un vagabond en suivant les égarements de son cœur.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A cause, etc. ; ici commence le complément du verbe dit du verset 15. ― Son, le, te, il ; ces pronoms, ainsi que ses, les, lui, etc., du verset 18, se rapportent à peuple d’Israël ou à mon peuple, sous-entendu.
J’ai considéré ses voies, et je l’ai guéri ; je l’ai ramené, je l’ai consolé, lui et tous ceux qui le pleuraient.
J’ai produit la paix qui est le fruit de mes paroles ; je l’ai donnée à celui qui est éloigné et à celui qui est proche, dit le Seigneur, et j’ai guéri l’un et l’autre.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un fruit de lèvres ; une parole. ― Paix ; ce mot, comme on l’a déjà vu, signifiait chez les Hébreux prospérité parfaite. ― Pour celui, etc. ; c’est-à-dire pour les Gentils et pour les Juifs, selon ce que dit saint Paul (voir Ephésiens, 2, 17) de la paix annoncée par Jésus-Christ. ― Les ; littéralement, le (eum) ; hébraïsme, pour chacun d’eux.
Mais les méchants sont comme une mer toujours agitée, qui ne peut se calmer, et dont les flots vont se rompre sur le rivage avec une écume sale et bourbeuse.
Il n’y a point de paix pour les méchants, dit le Seigneur Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Isaïe, 48, 22.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le juste ; est mis ici pour les justes en général, selon plusieurs : mais c’est plutôt de Jésus-Christ qu’il faut l’entendre. ― L’intelligence ; ce mot dans le style de la Bible, signifie très souvent prudence, sagesse, vertu, comme l’expression de la face, à la face (facie) se prend fréquemment dans le sens à cause de.