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Isaïe 32

IL viendra un temps où le Roi régnera dans la justice, et les princes commanderont justement.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Un roi, etc. Ceci s’entend du règne d’Ezéchias, mais mieux encore du règne de Jésus-Christ dont Ezéchias était la figure. ― Des princes ; ces princes représentent les apôtres.

Ce Roi sera comme un refuge pour mettre à couvert du vent, et une retraite contre la tempête. Il sera ce que sont les ruisseaux dans une terre altérée, et ce qu’est l’ombre d’une roche avancée dans une terre brûlée du soleil.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Chacun. Voir Isaïe, 31, 7.

Les yeux de ceux qui verront ne seront point troublés, et les oreilles de ceux qui entendront écouteront avec attention.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ceux qui verront ; c’est-à-dire les voyants (videntium), ou prophètes.

Le cœur des insensés sera éclairé de l’intelligence, et la langue de ceux qui bégayaient, s’exprimera promptement et nettement.

L’imprudent n’aura plus le nom de prince, ni le trompeur le titre de grand.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il ne portera plus, etc. Isaïe oppose le règne d’Ezéchias ou de Josias, princes magnifiques, bienfaisants, au règne d’Achaz, qui avait opprimé ses peuples et les avait épuisés par ses exactions.

Car l’imprudent dira des extravagances, et son cœur s’abandonnera à l’iniquité, pour achever le mal qu’il dissimulait, pour parler à Dieu avec une langue double, pour réduire à l’extrémité l’âme du pauvre, et pour ôter l’eau à celui qui meurt de soif.

Les armes du trompeur sont malignes : car il s’étudie à trouver des inventions pour perdre les humbles par un discours plein de mensonge, lorsque le pauvre parle selon la justice.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les armes traduit ici vases, de l’original et de la Vulgate, et signifie les machinations, les sourdes manœuvres du trompeur frauduleux.

Mais le prince aura des pensées dignes d’un prince, et il conservera son autorité sur les chefs du peuple.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il se tiendra, etc. ; il exercera son autorité d’une main ferme sur les ministres qu’il choisira pour diriger son peuple.

Femmes comblées de richesses, levez-vous, et entendez ma voix ; filles qui vous croyez si assurées, prêtez l’oreille à mes paroles.

Après des jours et une année votre assurance se changera en un grand trouble : car on ne fera plus de vendange dans les vignes, et on ne moissonnera plus rien.

Tremblez, femmes riches, pâlissez, audacieuses ; dépouillez-vous de vos ornements, couvrez-vous de confusion, et revêtez-vous de sacs.

Pleurez vos enfants ; pleurez votre terre qui était si abondante, et vos vignes qui ont été si fertiles.

Les ronces et les épines couvriront les champs de mon peuple ; combien donc plus couvriront-elles toutes ces maisons de plaisir d’une ville plongée dans les délices !

Car ses palais seront abandonnés, cette ville si peuplée deviendra une solitude, ses maisons changées en cavernes seront couvertes pour jamais d’épaisses ténèbres. Les ânes sauvages s’y joueront, les troupeaux viendront y paître,

jusqu’à ce que l’Esprit soit répandu sur nous du haut du ciel, et que le désert se change en un champ cultivé et plein de fruits, et le champ cultivé en un bois sauvage.

L’équité habitera dans le désert, et la justice se reposera dans le champ fertile.

La paix sera l’ouvrage de la justice, et le soin de cultiver la justice procurera un repos et une sécurité qui dureront éternellement.

Mon peuple se reposera dans la beauté de la paix, dans des tabernacles de confiance et dans un repos plein d’abondance.

Mais la grêle tombera sur la forêt, et la ville sera profondément humiliée.

Vous êtes heureux, vous qui semez sur toutes les terres arrosées d’eaux, et qui y envoyez paître le bœuf et l’âne.

Commentaire (versets 9 à 20) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 9 à 20 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Le prophète s’adresse spécialement aux femmes riches qui semblent se tenir à l’écart et se livrer à leurs plaisirs, en se montrant indifférentes à ce qui se passe. Sur toutes les aux ; sur tous les terrains bien arrosés. ― Y envoyant, etc. ; en y envoyant le bœuf et l’âne paître ou fouler le grain.