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Isaïe 16
SEIGNEUR ! envoyez l’Agneau dominateur de la terre, de la pierre du désert à la montagne de la fille de Sion.
Et alors les filles de Moab seront au passage de l’Arnon comme un oiseau qui s’enfuit, et comme les petits qui s’envolent de leur nid.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’Arnon ; fleuve qui bordait le pays de Moab à l’occident. ― Les filles de Moab ; les habitants de Moab.
Prenez conseil, faites des assemblées ; préparez en plein midi une ombre aussi noire qu’est la nuit même : cachez ceux qui s’enfuient, et ne trahissez point ceux qui sont errants et vagabonds.
Mes fugitifs habiteront dans votre terre : Moab, servez-leur de retraite où ils se mettent a couvert de celui qui les persécute : car la poussière a trouvé sa fin, ce misérable n’est plus ; et celui qui foulait la terre aux pieds, est réduit en cendre.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La poussière, etc. ; le roi de Babylone.
Il viendra un Roi dans la maison de David ; son trône s’établira dans la miséricorde, et il s’y assiéra dans la vérité ; il sera un juge équitable, il s’informera avec soin de toutes choses, et il rendra à tous une prompte et exacte justice.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un roi jugeant, etc., Ezéchias ; mais, selon plusieurs Pères, le Messie auquel en effet tout ce qui est dit ici convient beaucoup plus parfaitement qu’à ce prince. ― Le tabernacle de David ; c’est-à-dire la maison de David. C’est de la maison de David qu’est sorti le Messie.
Nous avons appris quel est l’orgueil de Moab ; il est étrangement superbe : sa fierté, son insolence et sa fureur sont plus grandes que n’est son pouvoir.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jérémie, 48, 29.
Alors Moab criera et hurlera contre Moab : ils seront tous dans les plaintes et les hurlements : annoncez à ceux qui se glorifient sur leurs murailles de brique, de quelles plaies ils doivent être frappés.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Moab, etc. Les Moabites d’une ville feront entendre leurs cris jusqu’aux Moabites d’une autre ville ; ou bien, les Moabites vivants se désoleront au sujet de ceux qui seront morts ; la particule hébraïque rendue dans la Vulgate par ad, signifiant aussi au sujet de, touchant, sur (de). ― Qui se réjouissent ; se croyant en sûreté sur leurs fortifications. ― Leurs plaies ; les plaies dont ils seront frappés. ― Leurs murailles de briques cuites, en hébreu : Kir-Haréseth, qu’on croit être la forteresse de la capitale de Moab.
Car les environs d’Hésébon sont déjà déserts, les princes des nations ont ruiné la vigne de Sabama : ses branches se sont étendues jusqu’à Jazer : elles ont couru dans le désert, et ce qui est resté de ses rejetons a passé au delà de la mer.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Hésébon et Sabama ; deux villes de Moab célèbres par leurs vignes. ― Jazer ; ville située vers la source du torrent du même nom, au nord de Moab. ― La mer ; probablement le lac de Jazer, auquel Jérémie (voir Jérémie, 48, 32) donne ce nom. ― Sur Jazer, voir aussi Nombres, 21, 32.
C’est pourquoi je mêlerai mes pleurs avec ceux de Jazer pour pleurer la vigne de Sabama : je vous arroserai de mes larmes, ô Hésébon et Eléalé ! parce que l’ennemi s’est jeté avec de grands cris sur vos vignes et sur vos moissons, et les a foulées aux pieds.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Je pleurerai, etc. ; je mêlerai mes pleurs à ceux de Jazer, pour pleurer, etc. ― Eléalé ; ville voisine d’Hésébon.
On ne verra plus de réjouissance ni d’allégresse dans les campagnes les plus fertiles, et on n’entendra plus dans les vignes ces cris de joie. Ceux qui avaient accoutumé de fouler le vin n’en fouleront plus ; et je rendrai muettes les voix de ceux qui pressaient le vin dans les cuves.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Carmel ; montagne de la Palestine, célèbre par sa fertilité, et dont le nom a été employé pour signifier en général un lieu d’une fertilité extraordinaire.
C’est pourquoi le fond de mon cœur fera retentir sur Moab comme les sons d’une harpe, et mes entrailles pousseront des soupirs sur la ruine de ses murailles de brique.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sur le mur ; c’est-à-dire sur la ruine du mur. Comparer au verset 7.
Et il arrivera que Moab étant las d’avoir été tant de fois inutilement à ses hauts lieux, entrera dans son sanctuaire pour prier, et il ne pourra encore rien obtenir.
C’est là la prédiction que le Seigneur avait faite de Moab il y a déjà longtemps :
mais maintenant voici ce que dit le Seigneur : Comme les mercenaires ont leur temps marqué, ainsi dans trois ans précisément la gloire de Moab sera détruite avec tout son peuple qui est fort nombreux ; il y restera peu d’hommes, et ce qui en restera ne sera pas nombreux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans trois ans. Ces trois ans se prennent de l’année de la mort d’Achaz (voir Isaïe, 14, 28) et du commencement du règne d’Ezéchias, et finissant à la troisième année de ce prince. ― Comptés, etc. ; c’est-à-dire bien exactement, bien rigoureusement. Voir la même expression à Isaïe, 21, 16.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’agneau dominateur de la terre ; c’est-à-dire, selon saint Jérôme, suivi de plusieurs interprètes modernes, Jésus-Christ, véritable agneau qui ôté les péchés du monde, envoyé de Moab, puisqu’il est né de la race de Ruth, Moabite et aïeule de David. ― La Pierre du désert ; ville capitale de l’Arabie Pétrée, alors au pouvoir des Moabites. ― La fille de Sion ; Jérusalem. Voir Isaïe, 1, 8. ― L’agneau dominateur ; renferme une allusion à ce qui est raconté à 4 Rois, 3, 4.