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Ecclésiastique 42
Ne redites point ce que vous avez entendu dire, et ne révélez point ce qui est secret ; alors vous serez vraiment exempt de confusion, et vous trouverez grâce devant tous les hommes. Ne rougissez point de tout ce que je vais vous dire, et n’ayez point égard à la qualité des personnes pour commettre le péché.
Ne rougissez point de la loi et de l’alliance du Très-Haut, ni dans un jugement où l’on voudrait absoudre un méchant homme,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ni d’un jugement, etc. ; c’est-à-dire ne rougis pas de condamner un jugement où l’on voudrait absoudre un impie.
Ni dans une affaire entre ceux de votre connaissance et des étrangers qui passent, ni dans le partage d’un héritage où vos amis sont intéressés.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
D’une affaire ; littéralement d’une parole (de verbo). Dans le texte hébreu, ainsi que dans les Septante et la Vulgate, le mot parole signifie aussi chose, affaire. ― Des voyageurs ; des étrangers qui passent. Comparer à Deutéronome, 1, 16.
Ne rougissez pas d’user d’un juste poids et d’une juste balance, ni d’être équitable, lorsqu’il s’agit d’acquérir peu ou beaucoup.
Ni de faire justice des fourberies qui arrivent entre les vendeurs et les acheteurs, ni de châtier souvent vos enfants, ni de battre jusqu’au sang un méchant esclave.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De la corruption, etc. ; d’empêcher la corruption, l’injustice qui se commet entre les vendeurs et les acheteurs.
Il est bon de tenir tout sous la clé lorsqu’on a une méchante femme.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sur une femme, etc. ; il est bon de tenir enfermée une femme légère dans ses mœurs.
Où il y a beaucoup de mains, tenez tout fermé ; donnez tout compté et pesé ; et ne manquez point d’écrire ce que vous aurez donné et reçu.
Ne rougissez point de corriger l’insensé et l’imprudent, ni de soutenir les vieillards qui sont condamnés par les jeunes gens ; alors vous ferez voir que vous êtes bien instruit de toutes choses, et vous serez approuvé de tous les hommes.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ni des vieillards ; c’est-à-dire ni de soutenir des vieillards.
La fille est à son père un sujet secret de veiller toujours, et le soin qu’elle cause ôte le sommeil, de peur qu’elle ne passe la fleur de son âge sans être mariée, et que lorsqu’elle sera avec son mari elle n’en soit point aimée :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La fille cachée chez son père, qui n’est pas encore sortie de la maison paternelle, qui n’est pas encore mariée. Chez les Hébreux les jeunes filles demeuraient toujours cachées et éloignées du commerce et de la vue des hommes jusqu’au moment où elles étaient conduites dans la maison de leur mari. ― Sans être mariée ; littéralement dans son adolescence ; c’est-à-dire dans son état de simple adolescente, de simple fille ; ce qui était un déshonneur même pour le père. Comparer à 1 Corinthiens, 7, 36.
Il craint qu’elle ne se corrompe pendant qu’elle est vierge, et qu’elle ne soit trouvée grosse dans la maison de son père ; ou qu’étant mariée elle ne viole la loi du mariage, ou qu’elle demeure stérile et n’ait point d’enfants.
Gardez étroitement une fille libertine, de peur qu’elle ne vous expose aux insultes de vos ennemis, qu’elle ne vous rende l’objet de la médisance de toute une ville et la fable du peuple, et qu’elle ne vous déshonore devant tout le monde.
N’arrêtez vos yeux sur la beauté de personne, et ne demeurez point au milieu des femmes ;
Car comme le ver s’engendre dans les vêtements, ainsi l’iniquité de l’homme vient de la femme.
Un homme qui vous fait du mal vaut mieux qu’une femme qui vous fait du bien, et qui devient un sujet de confusion et de honte.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Vaut mieux, etc. ; il vaut mieux avoir à souffrir l’injustice d’un homme que de recevoir des bienfaits d’une femme, qui pourrait les faire payer bien cher. ― Et qu’une femme, etc. La plupart des traducteurs et des interprètes regardent cette dernière phrase comme un simple explicatif ; de sorte qu’il ne s’agirait que d’une seule et même femme ; la teneur du texte, qui est la même dans le grec et dans la version Sixtine, nous semble s’y opposer.
Je me souviendrai donc des ouvrages du Seigneur, et j’annoncerai ce que j’ai vu. Je découvrirai les ouvrages de Dieu par ses paroles.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans les paroles du Seigneur ; c’est-à-dire dans les divines Ecritures sont racontées ses œuvres ; ou selon d’autres, par la parole du Seigneur sont produites, conservées et gouvernées ses œuvres ; mais nous pensons avec Bossuet que la première interprétation est plus conforme à ce qui suit.
Le soleil voit tout et éclaire tout, et la gloire du Seigneur éclate dans ses œuvres.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le soleil répand partout sa lumière ; la gloire du Seigneur se répand dans tous ses ouvrages. Comparer à Psaumes, 18, 5-6 ; Habacuc, 3, 3.
Le Seigneur n’a—t—il pas fait publier par ses saints toutes ses merveilles, qu’il a affermies comme étant le Seigneur tout-puissant, afin qu’elles subsistent éternellement pour sa gloire ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les saints ; probablement les prophètes et les autres écrivains divinement inspirés.
Il sonde l’abîme et le cœur des hommes, et il pénètre leurs plus secrètes pensées.
Car le Seigneur connaît tout ce qui se peut savoir, et il voit les signes des temps à venir ; il annonce les choses passées et les choses futures ; il découvre les traces de ce qui était le plus caché.
Il n’y a point pour lui de pensées secrètes, et rien ne se dérobe à sa lumière.
Il a fait éclater la beauté des merveilles de sa sagesse ; il est avant tous les siècles, et il sera dans tous les siècles.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qui est avant, etc. ; qui est avant tous les siècles, et qui sera dans tous les siècles.
On ne peut ni ajouter rien à ce qu’il est, ni en rien ôter, et il n’a besoin du conseil de personne.
Combien ses œuvres sont-elles aimables ! et cependant ce que nous en pouvons considérer n’est qu’une étincelle.
Elles subsistent toutes, et demeurent pour jamais, et elles lui obéissent dans tout ce qu’il demande d’elles.
Chaque chose a son contraire, l’une est opposée à l’autre, et rien ne manque aux œuvres de Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sont doubles ; comme composés de deux. Voir pour ce mot et les suivants, Ecclésiastique, 33, 15. ― Il n’a rien fait de défectueux ; au contraire cette diversité et cette opposition dans les choses de la nature, entretient entre elles un ordre et une harmonie admirables, qui prouvent la puissance et la sagesse de Dieu.
Il a affermi ce que chacune a de bon. Et qui se pourra rassasier en voyant sa gloire ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il a affermi, etc. Dieu a donné à chaque être des qualités prédominantes qui le conservent contre ceux qui lui sont opposés. Dans l’un, domine l’humide pour résister au sec ; dans l’autre, le feu pour résister à l’eau, et ainsi de tous les contraires.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ne répète pas, etc. C’est la continuation du discours sur les choses dont on doit avoir honte. ― Pour pécher ; jusqu’à commettre le péché. ― Acception de personne ; c’est-à-dire l’injuste préférence que l’on donne à une personne au préjudice d’une autre est un péché grave, sévèrement condamné dans l’Ancien dans le nouveau Testament. Comparer à Lévitique, 19, 15 ; Deutéronome, 1, 17 ; 16, 19 ; Proverbes, 24, 23 ; Jacques, 2, 1.