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Ecclésiastique 39
Le sage aura soin de rechercher la sagesse de tous les anciens, et il fera son étude des prophètes.
Il conservera dans son cœur les instructions des hommes célèbres, et il entrera en même temps dans les mystères des paraboles.
Il tâchera de pénétrer dans le secret des proverbes et des sentences obscures, et se nourrira de ce qu’il y a de plus caché dans les paraboles.
Il exercera son ministère au milieu des grands, et il paraîtra devant ceux qui gouvernent.
Il passera dans les terres des nations étrangères, pour éprouver parmi les hommes le bien et le mal.
Il appliquera son cœur et veillera dès le point du jour pour s’attacher au Seigneur, qui l’a créé, et il offrira ses prières au Très-Haut.
Il ouvrira sa bouche pour la prière, et il demandera pardon pour ses péchés.
Car s’il plaît au souverain Seigneur, il le remplira de l’esprit d’intelligence :
Alors il répandra comme une pluie les paroles de sa sagesse, et il bénira le Seigneur dans la prière ;
Le Seigneur conduira ses conseils et ses instructions, et lui il méditera les secrets de Dieu.
Il publiera lui-même les instructions qu’il a apprises ; et il mettra sa gloire dans la loi de l’alliance du Seigneur.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La discipline de sa doctrine ; les instructions qu’il a apprises.
Sa sagesse sera louée de plusieurs, et elle ne tombera jamais dans l’oubli.
Sa mémoire ne s’effacera point, et son nom sera honoré de siècle en siècle.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ne disparaîtra pas ; littéralement ne se retirera pas, ne s’éloignera pas de l’esprit.
Les nations publieront sa sagesse, et l’assemblée célébrera ses louanges.
Tant qu’il vivra il s’acquerra plus de réputation que mille autres ; et quand il viendra à se reposer, il en sera plus heureux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
S’il se repose ; c’est-à-dire s’il meurt jeune ; car l’expression si requieverit, de la Vulgate, est en opposition avec la précédente si permanserit. ― Il sera heureux ; dans l’espérance d’une vie meilleure que celle-ci.
Je continuerai encore à publier ce que je médite, car je suis rempli d’une sainte fureur.
Une voix me dit : Écoutez-moi, ô germes divins, et portez des fruits comme des rosiers plantés sur le bord des eaux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Elle. Ce pronom se rapporte à fureur, du verset précédent. ― Germes divins ; fils de Dieu ; ce sont les Israélites.
Répandez une agréable odeur comme le Liban.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Comme le Liban, etc. Les voyageurs louent encore aujourd’hui l’odeur agréable et fortifiante qu’on respire sur le Liban. ― D’après le grec, le Liban signifie ici l’encens.
Portez des fleurs comme le lis ; jetez une odeur douce ; poussez des branches de grâce ; chantez des cantiques, et bénissez le Seigneur dans ses ouvrages.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Feuillage gracieux ; agréable ; littéralement et par hébraïsme, pour la grâce, l’agrément. ― En chantant ; expression évidemment sous-entendue ; car le mot cantique (canticum) ne saurait être grammaticalement le régime de louez de concert (collaudate) qui précède. Voir sur ce genre de construction le 2° à la fin des Observations préliminaires des Psaumes.
Relevez son nom par de magnifiques éloges, louez-le par les paroles de vos lèvres, par le chant de vos cantiques, et par le son de vos harpes ; et vous direz ceci dans les bénédictions que vous lui donnerez :
Les ouvrages du Seigneur sont tous souverainement bons.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les œuvres, etc. Comparer à Genèse, 1, 31 ; Marc, 7, 37.
A sa parole l’eau s’est arrêtée comme un monceau ; et comme un réservoir à un seul mot de sa bouche ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 8, 3. ― A sa parole, etc. Comparer à Genèse, 7, 18 ; Exode, 14, 21 ; Josué, 3, 16.
Car tout devient favorable aussitôt qu’il le commande, et le salut qu’il donne est inviolable.
Les œuvres de tous les hommes lui sont présentes, et rien n’est caché à ses yeux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Toute chair ; hébraïsme, pour tous les hommes.
Son regard s’étend de siècle en siècle, et rien n’est grand ni merveilleux devant lui.
On ne doit point dire : Qu’est-ce que ceci ? qu’est-ce que cela ? car tout se découvrira en son temps.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Seront examinées ; littéralement cherchées, interrogées, questionnées, (quærentur) ; et c’est alors qu’on verra pourquoi est ceci, pourquoi est cela. Ce sens revient à celui du texte grec et de la version Sixtine, qui portent : Toutes choses ont été crées pour leurs usages.
La bénédiction qu’il donne est comme un fleuve qui se déborde.
Et comme le déluge a inondé toute la terre, ainsi sa colère sera le partage des nations qui ne se sont pas mises en peine de le rechercher.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 7, 21.
Comme il a changé les eaux en un lieu sec, et a desséché la terre, et comme ses voies furent alors trouvées droites par les siens, ainsi les pécheurs trouvent dans sa colère des sujets de chute et de scandale.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il a converti, etc. ; lorsque les Israélites traversèrent la mer Rouge à pied sec (voir Exode, 14, 21-22). ― Ses voies, etc. Dieu dirigea ses voies de manière à favoriser les voies des Hébreux, en leur faisant trouver un passage libre au fond de la mer, et en y noyant les Egyptiens qui les poursuivaient. ― Elles ; c’est-à-dire les voies de Dieu, dont on vient de parler.
Comme les biens dès le commencement ont été créés pour les bons, ainsi les biens et les maux ont été créés pour les méchants.
Ce qui est principalement nécessaire pour la conservation de la vie des hommes, c’est l’eau, le feu, le fer, le sel, le lait, le pain de fleur de farine, le miel, le raisin, l’huile, et les vêtements.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Ecclésiastique, 29, 28.
Comme toutes ces choses sont un bien pour les saints, aussi se changent-elles en maux pour les méchants et pour les pécheurs.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sont des biens ; littéralement et par hébraïsme, sont en ou pour les biens.
Il y a des esprits qui ont été créés pour la vengeance, et par leur fureur ils augmentent les supplices des méchants.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Leurs tourments ; les tourments qu’ils font souffrir aux impies et aux pécheurs. Comparer au verset précédent.
Ils se répandront dans toute leur violence au temps que la mesure de la justice de Dieu sera remplie, et ils satisferont la fureur de celui qui les a créés.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De la consommation ; de la dernière vengeance, de l’extermination des méchants. Comparer à Psaumes, 58, 14 ; Jérémie, 30, 11, etc.
Le feu, la grêle, la famine, et la mort, toutes ces choses ont été créées pour exercer la vengeance ;
Ainsi que les dents des bêtes, les scorpions et les serpents, et l’épée destinée à punir et à exterminer les impies.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les scorpions. Voir plus haut, Ecclésiastique, 26, 10.
Toutes ces choses exécutent les ordres du Seigneur avec joie ; elles se tiendront prêtes sur la terre pour servir au besoin ; et quand leur temps sera venu, elles obéiront exactement à sa parole.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ses et sa ; pronoms, qui remplacent l’expression du Seigneur.
C’est pourquoi je me suis affermi dès le commencement dans ces pensées, je les ai considérées et méditées en moi-même, et je les ai laissées par écrit.
Tous les ouvrages du Seigneur sont bons, et il met chaque chose en usage quand l’heure est venue.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 1, 31 ; Marc, 7, 37.
On ne peut point dire : Ceci est plus mal que cela ; car toutes choses seront trouvées bonnes en leur temps.
C’est pourquoi, dès maintenant, louez tous ensemble de tout votre cœur, et bénissez par les paroles de votre bouche le nom du Seigneur.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les mystères ; littéralement les subtilités (versutias). La science la plus en vogue parmi les sages, chez les Hébreux, était de savoir parler en sentences, de proposer des énigmes et de les résoudre ; mais les artisans et les personnes peu instruites ne s’en occupaient pas. Voir Ecclésiastique, 20, 22 ; 38, 38 ; Proverbes, 26, 7.