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Ecclésiastique 31
La veille pour amasser du bien dessèche la chair, et l’application qu’on y met ôte le sommeil.
La pensée inquiète de l’avenir renverse le sens, et la maladie violente rend l’âme sobre.
Le riche travaille pour amasser du bien, et quand il cesse de travailler il jouit du fruit de ses richesses.
Le pauvre travaille parce qu’il n’a pas de quoi vivre, et à la fin il tombe dans une extrême nécessité.
Celui qui aime l’or ne sera point innocent, et celui qui cherche la corruption en sera rempli.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Celui qui aime l’or, etc. Comparer à Proverbes, 28, 20 ; 1 Timothée, 6, 9-10.
L’or en a fait tomber plusieurs, et sa beauté a été leur perte.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Beaucoup, etc. Comparer à Ecclésiastique, 8, 3.
L’or est un sujet de chute à ceux qui lui sacrifient : malheur à ceux qui le recherchent avec ardeur ! il fera périr tous les insensés.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
C’est un bois achoppement jeté malicieusement dans un chemin pour faire tomber les passants. La même idée est exprimée plus bas, voir Ecclésiastique, 37, 10-11, et une semblable dans Lamentations, 5, 13, où la Vulgate a parfaitement rendu le verbe hébreu câschâlou par corruerunt. D’autres l’entendent de l’arbre de la science du bien et du mal, lequel était dans le paradis terrestre, et qui est devenu, par la faute de nos premiers parents, un arbre de chute ; d’autres des idoles, qui souvent étaient faites de bois (voir Isaïe, 44, 15) ; car l’avarice est une vraie idolâtrie (voir Ephésiens, 5, 5 ; Colossiens, 3, 5). D’autres, enfin, prétendent simplement que, comme il y a des pierres qui se trouvent tout naturellement sur le chemin, et qui font tomber lorsqu’on s’y heurte, il y a de même sur la voie des bois qui font tomber de la même manière. Cette dernière interprétation paraît la plus rigoureusement conforme à la simple expression du texte, bois d’achoppement ; mais suivante, ceux qui sacrifient, rend la troisième explication assez probable.
Heureux le riche qui a été trouvé sans tache, qui n’a point couru après l’or, et n’a point mis son espérance dans l’argent et dans les trésors !
Qui est celui-là ? et nous le louerons, parce qu’il a fait des choses merveilleuses durant sa vie.
Il a été éprouvé par l’or, et trouvé parfait, sa gloire sera éternelle : il a pu violer le commandement de Dieu, et il ne l’a point violé ; il a pu faire le mal, et il ne l’a point fait.
C’est pourquoi ses biens ont été affermis dans le Seigneur, et toute l’assemblée des saints publiera les aumônes qu’il a faites.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’assemblée des saints, des Israélites fidèles.
Si vous êtes assis à une grande table, ne vous laissez pas aller d’abord à l’intempérance de votre bouche.
Ne dites pas : Voilà bien des viandes.
Souvenez-vous que c’est une méchante chose que l’œil mauvais.
Qu’y a-t-il parmi les créatures de plus malin que l’œil ? C’est pourquoi il pleurera, quelque bon visage qu’on lui fasse.
Commentaire (versets 14 à 15) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 14 à 15 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
L’œil mauvais ; c’est l’œil d’un homme avare et avide, qui pleure, lorsqu’il voit manger les autres plus qu’il ne voudrait, regardant cela comme une dépense superflue. C’est dans ce même esprit d’avarice que Judas se plaignit si amèrement de ce que Marie, sœur de Lazare, oignait les pieds de Jésus avec un parfum de grand prix. ― Lorsqu’il verra ; selon le grec : Là où il regardera ; et suivant la version Sixtine : Partout où il regardera. Dans l’un et dans l’autre textes, ces mots font partie du verset suivant ; dans l’édition latine de Turin, que nous suivons et qui a été approuvée par le Saint-Siège, ils sont rangés dans le 15e, mais la ponctuation les rattache au 16e ; de manière que le sens paraît être : Sur les mets sur lesquels il fixera ses yeux, ne porte pas la main le premier, de peur que par des manières ou des paroles insinuantes, inspirées par l’envie, il ne te fasse passer pour un indiscret et un gourmand, ce qui te flétrirait aux yeux des convives, et te couvrirait de confusion.
N’y portez point la main le premier, de peur que son envie ne vous déshonore et ne vous fasse rougir.
Ne vous empressez point étant au festin.
Jugez de la disposition de votre prochain par la vôtre.
Usez comme un homme tempérant de ce qui vous est servi, de peur que vous ne vous rendiez odieux en mangeant beaucoup.
Cessez le premier de manger par modestie ; et n’y excédez point, de peur de tomber en faute.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Cesse le premier de manger.
Si vous êtes assis avec beaucoup de personnes, n’étendez pas la main avant eux, et ne demandez pas le premier à boire.
Un peu de vin n’est-il pas plus que suffisant à un homme réglé ? Vous n’aurez point ainsi d’inquiétude pendant le sommeil, et vous ne sentirez point de douleur.
L’insomnie, la douleur et les tranchées sont le partage de l’homme intempérant.
Celui qui mange peu aura un sommeil de santé ; il dormira jusqu’au matin, et son âme se réjouira en lui-même.
Que si on vous a contraint de manger beaucoup, levez-vous, déchargez votre estomac, vous trouverez du soulagement, et vous n’attirerez point une maladie à votre corps.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Conseil médical, qui n’a d’ailleurs rien de commun avec la pratique des Romains dégénérés, interrompant de cette manière leurs festins par intempérance.
Écoutez-moi, mon fils, et ne me méprisez point, et vous reconnaîtrez à la fin la vérité de mes paroles.
Soyez prompt dans toutes vos actions, et vous ne tomberez dans aucune maladie.
Les lèvres de plusieurs béniront celui qui donne libéralement à manger, et on rendra à sa conduite un témoignage avantageux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De sa vérité ou de sa justice, de son équité (veritatis illius), ou mieux, selon le grec et la version Sixtine, selon sa bonté ; ce qui est en effet plus conforme au contexte.
Toute la ville murmurera contre celui qui donne à manger avec trop grande épargne, et le témoignage qu’on rendra à son avarice sera véritable.
N’excitez point à boire ceux qui aiment le vin ; car le vin en a perdu plusieurs.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Judith, 13, 4-11.
Le feu éprouve la dureté du fer ; et le vin bu avec excès fait reconnaître les cœurs des superbes.
Le vin pris avec tempérance est une seconde vie : si vous en prenez modérément, vous serez sobre.
Quelle est la vie d’un homme qui se laisse abattre par le vin ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qui manque de vin ; c’est le sens de qui minuitur vino, expliqué par le texte grec, et par les versets 35 à 37 de la Vulgate elle-même. Comparer aussi, en faveur de ce sens, à Psaumes, 103, 15 ; Proverbes, 31, 6-7 ; 1 Timothée, 5, 23.
Qui nous prive de la vie ? C’est la mort.
Le vin a été créé dès le commencement pour être la joie de l’homme, et non pour l’enivrer.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 103, 15.
Le vin pris modérément est la joie de l’âme et du cœur.
La tempérance dans le boire est la santé de l’âme et du corps.
Le vin bu avec excès produit la colère et l’emportement, et attire de grandes ruines.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Proverbes, 31, 4.
Le vin bu avec excès est l’amertume de l’âme.
L’ivrognerie inspire l’audace, elle fait tomber l’insensé, elle ôte la force, et elle est cause des blessures de plusieurs.
Ne reprenez point votre prochain lorsqu’il est à une table où l’on boit du vin, et ne le méprisez pas lorsqu’il se réjouit.
Ne lui faites point de reproches, et ne le pressez point en lui redemandant quelque chose.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La richesse (honestatis). Voir Ecclésiastique, 13, 2.