Confort de lecture
Ces réglages restent sur cet appareil et valent pour toutes les pages de lecture du site.
Ecclésiastique 20
Ne vaut-il pas beaucoup mieux reprendre un homme, et lui donner lieu par-là d’avouer sa faute, que de garder sa colère contre lui ?
Celui qui viole la justice par un jugement injuste
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Ecclésiastique, 30, 21.
Est comme l’eunuque qui veut faire violence à une jeune vierge.
Que c’est un grand bien, lorsqu’on est repris, de témoigner son repentir, puisque vous éviterez ainsi le péché volontaire !
Il y en a qui se taisent qui sont reconnus pour sages ; et il y en a qui se rendent odieux par leur intempérance dans les paroles.
Il y en a qui se taisent parce qu’ils n’ont pas assez de sens pour parler ; et il y en a d’autres qui se taisent parce qu’ils discernent quand il est temps de parler.
L’homme sage se tiendra jusqu’à un certain temps dans le silence ; mais l’homme léger et imprudent n’observera point les temps.
Celui qui se répand en paroles blessera son âme : et celui qui s’attribue un pouvoir injuste se fera haïr.
L’homme sans conscience réussit dans le mal, et ce qu’il invente tourne à sa ruine.
Il y a un don qui est inutile, et il y a un don qui est doublement récompensé.
Tel trouve sa perte dans sa gloire même, et tel s’élève par son humiliation.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il y a à cause, etc. ; c’est-à-dire qu’il y a une sorte de gloire qui abaisse et avilit, comme il y a une certaine humiliation qui élève et honore.
Tel rachète beaucoup de choses à vil prix, qui sera obligé d’en payer sept fois autant.
Le sage se rend aimable dans ses paroles ; mais ce qu’il y a d’agréable dans les insensés s’écoulera comme l’eau.
Le don de l’insensé ne vous sera point utile, car il a sept yeux dont il vous regarde.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il y a sept yeux ; avec lesquels il te regarde pour tirer de toi sept fois autant qu’il t’a donné.
Il donnera peu, et il le reprochera souvent ; et quand il ouvre la bouche, c’est comme une flamme qui se répand.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Quand il ouvre la bouche pour raconter, vanter ses bienfaits.
Tel prête aujourd’hui, qui redemande demain ; et cet homme-là se rend odieux.
L’insensé n’aura pas un ami, et le bien qu’il fait ne sera point agréé ;
Parce que ceux qui mangent son pain le trompent par leurs discours. Et combien de fois et de combien d’hommes sera-t-il moqué !
Car il ne se conduit point par le bon sens, soit en distribuant ce qu’il devait réserver, soit en donnant même ce qu’il ne devait pas garder.
Celui qui se sert de sa langue pour tromper est dans sa chute comme un homme qui tombe sur le pavé : ainsi la ruine des méchants viendra tout d’un coup.
L’homme qui ne se rend point aimable est comme un méchant conte qui est toujours en la bouche des gens qui n’ont point d’éducation.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Disgracieux ; désagréable ; c’est le sens du mot acharis, qui vient du grec.
La parole sage sera mal reçue de la bouche de l’insensé, parce qu’il la dit à contre-temps.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Une parabole ; c’est-à-dire une maxime grave, juste, sage. ― Sera réprouvée. Comparer à Proverbes, 26, 7.
Tel s’abstient de pécher n’en ayant pas le moyen, qui en ressent les désirs lorsqu’il est dans le repos.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qui s’abstient, etc. Tant qu’un homme est dans l’indigence et qu’il a besoin de travailler, il échappe à bien des tentations, auxquelles il est vivement excité, lorsqu’il est dans le repos que lui procurent les richesses.
Tel perd son âme par un excès de honte, il la perdra en cédant à une personne imprudente ; et il se perdra lui-même pour avoir eu trop d’égard à une personne.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Son âme ; hébraïsme, pour se, soi-même.
Tel promet à son ami par une honte indiscrète, qui le rend ainsi gratuitement son ennemi.
Le mensonge est dans un homme une tache honteuse ; ce vice se trouve sans cesse dans la bouche des gens déréglés.
Un voleur vaut mieux qu’un homme qui ment sans cesse ; la perdition sera le partage de l’un et de l’autre.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un voleur, etc. Le voleur, est, en effet, moins dangereux et moins nuisible que le menteur. Car celui-là vole l’argent, mais celui-ci fait perdre la réputation, qui est plus précieuse que les richesses. D’ailleurs l’habitude du mensonge fait que le menteur n’épargne personne, et qu’on ne peut jamais se fier à lui.
La vie des menteurs est une vie sans honneur, et leur confusion les accompagne toujours.
Le sage attire l’estime par ses paroles, et l’homme discret plaira aux grands.
Celui qui cultive sa terre amassera des monceaux de blé ; celui qui fait les œuvres de justice sera élevé lui-même, et celui qui plaît aux grands fuira l’injustice.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Fuira l’iniquité ; échappera à l’injustice de ses ennemis par la protection des grands auxquels il plaît.
Les présents et les dons aveuglent les yeux des juges ; et ils sont dans leur bouche comme un mors qui les rend muets, et les empêche de châtier.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 23, 8 ; Deutéronome, 16, 19. ― Et sont comme, etc. Pour suppléer au laconisme de cette phrase de la Vulgate, et la rendre intelligible dans notre langue, j’ai cru devoir recourir au texte grec et à la Version Sixtine. (qui ? Glaire ?)
Si la sagesse demeure cachée, et que le trésor ne soit pas visible, quel fruit tirera-t-on de l’un et de l’autre ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Ecclésiastique, 41, 17.
Celui qui cache son insuffisance vaut mieux que celui qui cache sa sagesse.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il vaut mieux ; littéralement il est bon, plus que ; hébraïsme qui a été aussi conservé dans les Septante. Voir, sur le comparatif hébreu, le 1° à la fin des Observations préliminaires des Psaumes. ― Reprendre ; avec bonté, douceur.