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Ecclésiastique 1

TOUTE sagesse vient de Dieu le souverain Seigneur ; elle a toujours été avec lui, et elle y est avant tous les siècles.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Toute sagesse. Comparer à 3 Rois, 3, 9 ; 4, 29 ; Proverbes, 3, 19 ; 8, verset 22 et suivants ; Sagesse, 7, 25 ; 8, 3 ; 9, 3.

Qui a compté le sable de la mer, les gouttes de pluie, et les jours de la durée du monde ? Qui a mesuré la hauteur du ciel, l’étendue de la terre, et la profondeur de l’abîme ?

Qui a pénétré la sagesse de Dieu, laquelle précède toutes choses ?

La sagesse a été créée avant tout, et la lumière de l’intelligence est dès le commencement.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’intelligence de la prudence ; par cette expression qui se trouve également dans le grec, et qui équivaut à l’intelligence prudente, si on suppose un de ces hébraïsmes dont ce livre est rempli ; par cette expression, disons-nous, l’auteur a voulu désigner la sagesse, qu’il représente sous des formules variées. ― Dès les siècles (ab ævo). Comparer à Proverbes, 8, 22.

Le Verbe de Dieu au plus haut des cieux est la source de la sagesse, et ses voies sont les commandements éternels.

À qui la racine de la sagesse a-t-elle été révélée, et qui a pénétré ses artifices divins ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Son habileté ; littéralement ses artifices, ses ruses (astutias). Dans le grec, ainsi que dans le latin, ce mot est employé en bonne part ici, comme dans plusieurs autres passages.

À qui la conduite de la sagesse a-t-elle été révélée et montrée à nu ? et qui a compris la multiplicité de ses démarches ?

Il n’y a que le Très-Haut, le Créateur qui peut tout, le Roi puissant et infiniment redoutable, qui est assis sur son trône, le Dieu souverain dominateur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Son trône ; c’est-à-dire le trône de Dieu, comme porte le grec, et non celui de la sagesse, ce que donne à entendre le pronom illius, que le traducteur latin met souvent pour suus.

C’est lui qui l’a créée dans le Saint-Esprit, qui l’a vue, qui l’a nombrée, et qui l’a mesurée.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’a nombrée et mesurée. Comparer à Sagesse, 11, 21.

Il l’a répandue sur tous ses ouvrages et sur toute chair, selon le partage qu’il en a fait, et il l’a donnée à ceux qui l’aiment.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il l’a donnée, etc. Il n’y a en effet que ceux qui aiment Dieu, que ses serviteurs, qui reçoivent de lui le don de la sagesse.

La crainte du Seigneur est la véritable gloire et un sujet de se glorifier ; c’est une source de joie et une couronne d’allégresse.

La crainte du Seigneur réjouira le cœur ; elle donnera la joie, l’allégresse, et la longue vie.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Longueur des jours, hébraïsme, pour longs jours ; c’est-à-dire longue vie.

Celui qui craint le Seigneur se trouvera heureux à la fin de sa vie, et il sera béni au jour de sa mort.

L’amour de Dieu est la sagesse vraiment digne d’être honorée.

Ceux à qui elle se découvre l’aiment aussitôt qu’ils l’ont vue, et qu’ils ont connu la magnificence de ses ouvrages.

La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse ; elle est créée avec les hommes fidèles dès le sein de leur mère ; elle accompagne les femmes choisies, et elle se fait remarquer dans les justes et dans les fidèles.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Psaumes, 110, 10 ; Proverbes, 1, 7 ; 9, 10.

La crainte du Seigneur est la sanctification de la science.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La religion de la science ; pour la science religieuse. Sans la crainte de Dieu, la science n’a rien que de profane, de froid et de stérile.

Cette sanctification garde le cœur et le rend juste, elle le remplit de satisfaction et de joie.

Celui qui craint le Seigneur sera heureux, et il sera béni au jour de sa mort.

La crainte de Dieu est la plénitude de la sagesse, et elle rassasie ceux qu’elle possède de l’abondance de ses fruits.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La plénitude de la sagesse ; c’est-à-dire la sagesse parfaite, consommée, et ses fruits parfaits. L’expression a fructibus tient lieu du génitif fructuum.

Elle comble toute leur maison des biens qu’elle produit, et leurs celliers de ses trésors.

La crainte du Seigneur est la couronne de la sagesse, elle donne la plénitude de la paix et les fruits du salut.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Complétant, etc. ; donnant pleinement, avec une grande abondance.

Elle connaît la sagesse et le nombre de ses merveilles ; et l’un et l’autre est un don de Dieu.

La sagesse répand comme une pluie abondante la science et la lumière de la prudence, et elle élève en gloire ceux qui lui demeurent attachés.

La crainte du Seigneur est la racine de la sagesse, et ses branches sont d’une longue durée.

L’intelligence et la science religieuse se trouvent dans les trésors de la sagesse ; mais la sagesse est en exécration aux pécheurs.

La crainte du Seigneur chasse le péché ;

Car celui qui est sans crainte ne pourra devenir juste, parce que l’émotion de colère qu’il a dans le cœur est sa ruine.

L’homme patient attendra jusqu’à un certain temps, et après cela la joie lui sera rendue.

L’homme de bon sens retiendra en lui-même ses paroles jusqu’à un certain temps, et les lèvres de plusieurs publieront sa prudence.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’homme de bon sens ; littéralement le bon de sens ; genre de construction qui n’est pas rare en hébreu.

Les règles de la conduite sont enfermées dans les trésors de la sagesse.

Mais le culte de Dieu est en exécration au pécheur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Mais c’est un objet d’exécration, etc. Comparer au verset 26.

Mon fils, si vous désirez la sagesse avec ardeur, conservez la justice, et Dieu vous la donnera.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Te la donnera ; c’est-à-dire la sagesse.

Car la crainte du Seigneur est la sagesse et la science véritable ; et ce qui lui est agréable,

C’est la foi et la douceur, et il comblera les trésors de celui en qui elles se trouvent.

Ne soyez point rebelle aux impressions de la crainte de Dieu, et ne vous approchez point de lui avec un cœur double.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Cœur double ; c’est-à-dire duplicité de cœur.

Ne soyez point hypocrite devant les hommes, et que vos lèvres ne vous soient point un sujet de chute et de scandale.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Un sujet de scandale ; par des discours indiscrets et inconsidérés.

Soyez attentif à vos paroles, de peur que vous ne tombiez, et ne déshonoriez votre âme,

Et que Dieu, découvrant ce qui était caché en vous, ne vous brise au milieu de l’assemblée,

Parce que vous vous êtes approché du Seigneur avec une disposition maligne, et que votre cœur est plein de déguisement et de tromperie.