Confort de lecture
Ces réglages restent sur cet appareil et valent pour toutes les pages de lecture du site.
Sagesse 8
La sagesse atteint avec force depuis une extrémité jusqu’à l’autre : elle dispose tout avec douceur.
Je l’ai aimée, je l’ai recherchée dès ma jeunesse, et j’ai tâché de l’avoir pour épouse, et je suis devenu l’amateur de sa beauté.
Elle fait voir la gloire de son origine en ce qu’elle est étroitement unie à Dieu, et qu’elle est aimée de celui qui est le Seigneur de toutes choses.
C’est elle qui enseigne la science de Dieu, et qui est la directrice de ses ouvrages.
Si on souhaite les richesses de cette vie, qu’y a-t-il de plus riche que la sagesse qui fait toutes choses ?
Si l’esprit de l’homme fait quelques ouvrages, qui a plus de part qu’elle dans cet art avec lequel toutes choses ont été faites ?
Si quelqu’un aime la justice, les grandes vertus sont encore son ouvrage : c’est elle qui enseigne la tempérance, la prudence, la justice, et la force, qui sont les choses du monde les plus utiles à l’homme dans cette vie.
Si quelqu’un désire la profondeur de la science, c’est elle qui sait le passé, et qui juge de l’avenir : elle pénètre ce qu’il y a de plus subtil dans les discours, et de plus difficile à démêler dans les paraboles : elle connait les signes et les prodiges avant qu’ils paraissent, et ce qui doit arriver dans la succession des temps et des siècles.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La solution des arguments ; ou selon le grec : La solution des énigmes.
J’ai donc résolu de la prendre avec moi pour la compagne de ma vie, sachant qu’elle me fera part de ses biens, et que dans mes peines et dans mes ennuis elle sera ma consolation.
Elle me rendra illustre parmi les peuples ; et tout jeune que je suis, je serai honoré des vieillards :
On reconnaitra la pénétration de mon esprit dans les jugements ; les plus puissants seront surpris lorsqu’ils me verront, et les princes témoigneront leur admiration sur leurs visages :
Quand je me tairai, ils attendront que je parle ; quand je parlerai, ils me regarderont attentivement ; et quand je m’étendrai dans mes discours, ils mettront la main sur leur bouche.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ils attendront patiemment ; que je parle. ― Ils me regarderont ; comme ravis d’admiration par la sagesse de mes discours. ― Ils mettront la main, etc. Comparer à Job, 29, 9-10.
C’est elle aussi qui me donnera l’immortalité, et c’est par elle que je rendrai la mémoire de mon nom éternelle dans la postérité.
Par elle je gouvernerai les peuples, et les nations me seront soumises.
Les rois les plus redoutables craindront lorsqu’ils entendront parler de moi. Je ferai voir que je suis bon à mon peuple, et vaillant dans la guerre.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Lorsqu’ils m’entendront ; ou Lorsqu’ils entendront parler de moi.
Entrant dans ma maison, je trouverai mon repos avec elle ; car sa conversation n’a rien de désagréable, ni sa compagnie rien d’ennuyeux ; mais on n’y trouve que de la satisfaction et de la joie.
Ayant donc pensé à ces choses, et les ayant méditées dans mon cœur ; considérant que je trouverais l’immortalité dans l’union avec la sagesse,
Un saint plaisir dans son amitié, des richesses inépuisables dans les ouvrages de ses mains, l’intelligence dans ses conférences et ses entretiens, et une grande gloire dans la communication de ses discours, j’allais la chercher de tous côtés, afin de la prendre pour ma compagne.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Des richesses (honestas). Voir sur ce mot, Sagesse, 7, 11.
J’étais un enfant bien né, et j’avais reçu une âme bonne.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un enfant ingénieux (ingeniosus). ― J’ai reçu en partage ; littéralement par le sort ; c’est-à-dire par un pur effet de la bonté de Dieu.
Et devenant bon de plus en plus, je suis venu dans un corps qui n’était point souillé.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ce verset mal entendu a fait croire à plusieurs que l’auteur favorisait la préexistence des âmes, système condamné par le Ve concile général tenu à Constantinople. Quand le Sage dit qu’il est venu dans un corps sans souillure, il n’entend nullement parler du moment de la création, lorsque son âme a été jointe à son corps ; il veut dire seulement qu’ayant reçu de Dieu une âme pleine de dispositions favorables pour le bien (voir verset 19), il les a cultivés avec soin, en sorte que son corps a été exempt des souillures qui sont un obstacle à l’étude de la sagesse, qu’il reconnaît lui-même (voir verset 21) être un don particulier de Dieu.
Comme je savais que je ne pouvais avoir la continence, si Dieu ne me la donnait ; et c’était déjà un effet de la sagesse. de savoir de qui je devais recevoir ce don ; je m’adressai au Seigneur, je lui fis ma prière, et je lui dis de tout mon cœur :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Etre continent (esse continens) ; posséder la continence ; sens que favorise le verset précédent ; cependant d’autres traduisent par posséder, retenir, conserver la sagesse, fondés principalement sur ce que : 1° le grec signifie obtenir ce qu’on désire, posséder, aussi bien qu’être continent, chaste ; 2° la Vulgate elle-même emploie, dans l’Ecclésiastique (voir Ecclésiastique, 6, 28 et 15, 1), le mot continens dans le sens de possesseur de la sagesse (sapientiæ) et possesseur de la justice (justitiæ) ; 3° que dans la prière qui suit immédiatement, c’est la sagesse qui en fait l’objet.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Mais si c’est, etc. Si c’est l’intelligence (humaine), qui fait tant d’excellents ouvrages, pour faire tout ce qui existe, n’a-t-il pas fallu une intelligence bien supérieure ? Comparer à Sagesse, 7, 12-21; Proverbes, 8, 22.