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Sagesse 11
C’est elle qui les a conduits heureusement dans toutes leurs œuvres par un saint prophète.
Ils ont marché par des lieux inhabités, et ont dressé leurs tentes dans les déserts.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Par des déserts, dans le Sinaï.
Ils ont résisté à leurs ennemis, et se sont vengés de ceux qui les attaquaient.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 17, 13. ― Contre leurs ennemis ; les Amalécites (voir Exode, chapitre 17), les Chananéens (voir Nombres, chapitre 21), les Madianites (voir Nombres, chapitre 25 et 26), Og, roi de Basan, et Séhon, roi des Amorrhéens (voir Nombres, chapitre 21 ; Deutéronome, chapitres 3 et 29).
Ils ont eu soif, et ils vous ont invoqué ; et vous avez fait jaillir l’eau du haut d’un rocher, vous avez désaltéré leur soif d’une pierre dure.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Et il leur a été donné, etc. Comparer à Exode, chapitre 27 ; Nombres, chapitre 20.
Car comme leurs ennemis avaient été punis en ne trouvant point d’eau, au même temps que les enfants d’Israël se réjouissaient d’en avoir en abondance,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans la Vulgate, le sens de ce verset n’est achevé que dans le suivant. Les exigences de notre langue s’opposant à la traduction littérale, nous avons tâché cependant de nous écarter le moins possible de la lettre du texte sacré. L’auteur rappelle ici que les Egyptiens furent tourmentés par la soif, parce que toutes les eaux de leur pays furent changées en sang par Moïse et Aaron (voir Exode, 7, 19-20), tandis que les Israélites se réjouirent d’en avoir en abondance de potable. ― L’expression dans elles (in eis) est le complément ou le régime du verbe ils se réjouirent (lætati sunt) ; et le pronom elles (eis), en particulier, remplace le mot eaux (aquis) représenté dans le verset même par boisson (potus).
Il fit, au contraire, alors grâce aux siens, en leur donnant de l’eau dans leur extrême besoin.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Eux-mêmes ; les Israélites. ― Furent bien traités ; puisque le Seigneur leur donna de l’eau toutes les fois qu’ils en manquèrent.
Ainsi, au lieu des eaux d’un fleuve qui coulaient toujours, vous donnâtes du sang humain à boire aux méchants.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
D’un fleuve ; du Nil. ― Qui coulait toujours ; cela est dit par opposition aux torrents et aux lacs qui tarissent et ne durent que peu.
Et au lieu que ce sang avait fait mourir les Égyptiens, en leur reprochant leur cruauté dans le meurtre des enfants, vous avez donné à votre peuple de l’eau en abondance, par un prodige qu’il n’attendait pas,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les Egyptiens diminuèrent en nombre, parce qu’il en mourait beaucoup par la soif.
Et vous avez fait voir par cette soif, qui arriva alors, de quelle manière vous élevez ceux qui sont à vous, et vous faite ! périr ceux qui les combattent.
Car après que vos enfants eurent été éprouvés, mais par un châtiment mêlé de miséricorde, ils reconnurent de quelle sorte vous tourmentez les impies ;
Puisque vous avez éprouvé les premiers comme un père qui avertit lorsqu’il châtie, et que vous avez condamné les autres comme un roi qui punit sévèrement.
Ils étaient même également tourmentés, soit dans l’absence, ou dans la présence des Hébreux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Absents, etc. Ils furent tourmentés, non seulement par les plaies dont Dieu les frappa, lorsque les Israélites étaient encore parmi eux, mais aussi par la douleur qu’ils continuèrent à éprouver, même après leur départ, à cause des grandes pertes qu’ils avaient faites.
Car, en se souvenant du passé, ils trouvaient pour eux un double sujet de peines et de larmes.
Et ayant appris que ce qui avait fait leur tourment était devenu un bien pour les autres, ils commencèrent à reconnaître le Seigneur, étant surpris de l’événement des choses
Et ils admirèrent enfin celui-là même qui avait été le sujet de leur raillerie dans cette cruelle exposition, à laquelle il avait été abandonné, voyant la différence qu’il y avait entre leur soif et celle des justes.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Leur soif n’étant pas semblable à celle des justes ; celle des Egyptiens, dans leur propre pays, dura longtemps, et les décima ; celle des Hébreux cessa dans le désert, dès qu’ils demandèrent de l’eau au Seigneur. ― Celui qu’ils tournèrent en dérision est Moïse.
Et parce que vous avez voulu punir les pensées extravagantes de l’iniquité de ces peuples, et les erreurs de quelques-uns qui adoraient des serpents muets, et des bêtes méprisables, vous avez envoyé contre eux une multitude d’animaux muets pour vous venger d’eux,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Sagesse, 12, 24. ― Adoraient des serpents muets et des bêtes inutiles (supervacuas) ; le grec porte de peu de valeur, viles. On sait que les Egyptiens rendaient un culte à toutes sortes d‘animaux qu’ils entretenaient dans leurs temples, bœufs, chats, crocodiles, etc.
Afin qu’ils sussent que chacun est tourmenté par la même chose par laquelle il pèche.
Car il n’était pas difficile à votre main toute puissante, qui a tiré tout le monde d’une matière informe, d’envoyer contre eux une multitude d’ours et de fiers lions,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Lévitique, 26, 22 ; Sagesse, 16, 1 ; Jérémie, 8, 17. ― Informe ; c’est le sens du grec ; la Vulgate porte qui ne se voit pas (invisa).
Ou de bêtes d’une espèce nouvelle et inconnue, pleines de fureur, qui jetassent les flammes par les narines, ou qui répandissent une noire fumée, ou qui lançassent d’horribles étincelles du feu de leurs yeux ;
Qui non seulement auraient pu les exterminer par leurs morsures, mais dont la seule vue les aurait fait mourir de frayeur.
Sans cela même ils pouvaient périr d’un seul souffle, persécutés par leurs propres crimes, et renversés par le souffle de votre puissance ; mais vous réglez toutes choses avec mesure, avec nombre et avec poids.
Car la souveraine puissance est à vous seul, et vous demeure toujours ; et qui pourra résister à la force de votre bras ?
Tout le monde est devant vous comme ce petit grain qui donne à peine la moindre inclinaison à la balance, et comme une goutte de la rosée du matin qui tombe sur la terre.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ce qui fait pencher une balance ; le moindre poids, un grain léger.
Mais vous avez compassion de tous les hommes, parce que vous pouvez tout ; et vous dissimulez leurs péchés, afin qu’ils fassent pénitence,
Car vous aimez tout ce qui est, et vous ne haïssez rien de tout ce que vous avez fait ; puisque si vous l’aviez haï, vous ne l’auriez point créé.
Qu’y a-t-il qui pût subsister si vous ne vouliez pas, ou qui se pût conserver sans votre ordre ?
Mais vous êtes indulgent envers tous, parce que tout est à vous, ô Seigneur, qui aimez les âmes.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 16, 1. ― D’un saint prophète ; c’est-à-dire de Moïse, appelé en effet prophète dans plusieurs passages de l’Ecriture. Voir Nombres, 12, 6-7 ; Deutéronome, 18, 15 ; 34, 10.