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Cantique des cantiques 8
QUI me procurera le bonheur de vous avoir pour frère, suçant le lait de ma mère ; afin que je vous trouve dehors, que je vous donne un baiser, et qu’à l’avenir personne ne me méprise ?
Je vous prendrai, et je vous conduirai dans la maison de ma mère : c’est là que vous m’instruirez, et je vous donnerai un breuvage d’un vin mêlé de parfums, et un suc nouveau de mes pommes de grenade.
Sa main gauche est sous ma tête, et il m’embrassera de sa main droite.
Je vous conjure, ô filles de Jérusalem ! de ne point réveiller celle qui est la bien-aimée de mon âme, et de ne la point tirer de son repos, jusqu’à ce qu’elle le veuille.
Qui est celle-ci qui s’élève du désert, toute remplie de délices, et appuyée sur son bien-aimé ? Je vous ai réveillée sous le pommier : c’est là que votre mère vous a conçue ; c’est là que celle qui vous a donné la vie vous a mise au monde.
Mettez-moi comme un sceau sur votre cœur, comme un sceau sur votre bras : parce que l’amour est fort comme la mort, et que le zèle de l’amour est inflexible comme l’enfer : ses lampes sont comme des lampes de feu et de flammes.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Comme un sceau sur ton bras. Allusion sans doute à une coutume semblable à celle des Assyro-Chaldéens, qui avaient pour sceau une pierre précieuse gravée, en forme de cylindre ; ils la portaient attachée à leur bras.
Les grandes eaux n’ont pu éteindre la charité, et les fleuves n’auront pas la force de l’étouffer. Quand un homme aurait donné toutes les richesses de sa maison pour la charité, il les mépriserait comme s’il n’avait rien donné.
Notre sœur est encore petite, et elle n’a point de mamelles : que ferons-nous à notre sœur au jour ou il faudra lui parler ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Quand il faudra lui parler ; c’est-à-dire la demander en mariage. Comparer à Genèse, 34, verset 4 et suivants.
Si elle est comme un mur, bâtissons dessus des tours d’argent ; si elle est comme une porte, fermons-la avec des ais de bois de cèdre.
Je suis moi-même comme un mur ; et mes mamelles sont comme une tour depuis que j’ai paru en sa présence, comme ayant trouvé en lui ma paix.
Le Pacifique a eu une vigne dans celle où il y a une multitude de peuples ; il l’a donnée à des gens pour la garder : chaque homme doit rendre mille pièces d’argent pour le fruit qu’il en retire.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le pacifique ; c’est-à-dire Salomon, dont le nom hébreu a cette signification. ― Dans celle où il y a des peuples ; selon l’hébreu, dans Bahal Hâmôn, nom propre qui signifie maître, possesseur de multitude ; et suivant les Septante, dans Béélamôn, ville que plusieurs croient être Balamôn, mentionné dans le texte grec de Judith (voir Judith, 8, 3), et nommée Béthulie dans la Vulgate. ― Chacun ; c’est le vrai sens du mot hébreu traduit dans la Vulgate par homme (vir).
Pour ma vigne, elle est devant moi. O Pacifique ! vous retirerez mille pièces d’argent de votre vigne, et ceux qui en gardent et en recueillent les fruits en retireront deux cents.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ma vigne est devant moi ; pour moi, au contraire, je n’ai loué ma vigne à personne ; je la garde et la cultive moi-même. ― Les mille, pièces d’argent. ― Sont pour toi, pacifique ; littéralement de toi pacifique (tui pacifici), t’appartiennent. L’Epouse veut dire que sa propre vigne, soignée et cultivée par elle-même, rapportera bien plus que celle que l’Epoux a confiée à des gardiens étrangers.
Ô vous qui habitez dans les jardins ! nos amis sont attentifs à écouter : faites-moi entendre votre voix.
Fuyez, ô mon bien-aimé ! et soyez semblable à un chevreuil et à un faon de cerf, en vous retirant sur les montagnes des aromates.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les montagnes des aromates, les montagnes sans doute où poussent des plantes aromatiques, comme à Cantique, 4, 6, la colline de l’encens.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sous le pommier, etc. D’après la version latine, on ne peut savoir si c’est l’Epoux ou l’Epouse qui dit ces paroles et les suivantes ; mais le texte hébreu les attribue formellement à l’Epouse.